Kaleb L’Enchanteur !
Carole la magnifique, Malaika la suprême, Thomas l’Homme Orchestre, et 60 Choristes qui se disent Amis de l’Opéra mais sont effectivement des Fous de Musique.
Tout était réuni donc samedi 12 novembre 2005 dans la belle Ville de LE MOULE pour un grand moment de plaisir : une salle agréable et à taille plus qu’humaine, un public chaleureux et connaisseur, des décors simples et subtils, une chorégraphie imaginative, des costume bien dans le ton et surtout une palette extraordinaire de Grands Compositeurs.
Et cela commence très bien par une agréable présentatrice, professionnelle jusqu’au bout des ongles, mais en plus amicale et chaleureuse dans ses propos et dans ses gestes… Puis ce fut l’enchaînement des 3 tableaux à couper le souffle…
Le Maestro nous tourne le dos pour mieux insuffler la vie à son groupe de choristes ; eux sont face au public, et dans les yeux et dans les sourires de ces femmes et de ces hommes on devine cette admirable confiance, ce désir de musique, que transcende un éclairage judicieux qui accompagne et porte.
Et la musique emporte tout, on ne peut que déguster ces airs si connus mais que l’on redécouvre soudain avec cette touche particulière donnée par le Groupe de Kaleb.
Il aime Verdi, Kaleb… c’est évident… pour que l’on retrouve ici autant d’air du grand maître italien… Nous avons décompté au moins 6 airs allant de
- Nabucco : (Gliare di festivi et ce tout premier des grands Chœurs patriotique celui des hébreux)
- La Traviatta (Noi siamo zingarelle, Di Madride)
- le Trouvère (Choeur des bohémiens)
- et enfin MacBeth (Chœur des réfugiés écossais, dans lequel les Gitans travaillant à la forge frappent l’enclume au rythme de la musique : ici deux simples tubes de métal aux sonorités opposées font très bien l’affaire)
Mais le public réagit aussi à la Barcarolle des Contes d’Hoffmann d’Offenbach, ou à l’air « Quel jour serein du Guillaume Tell de Rossini…
Arrive alors le terrible prêtre ZARASTRO de la célèbre flutte enchantée ; Un Zarastro parfaitement crédible auquel répond en écho le chœur dans le thème « Die strahlen der sonne » imaginé par Mozart.
Pas le temps de souffler voici le chœur sans voix les anglais disent le « Humming chorus » de la divine Madame Butterfly de Giacomo Puccini…
Entre les tableaux viennent comme des points de respiration deux très belles solistes dans leur répertoire habituel Malaika tout d’abord avec trois chants, puis Carole Venutolo qui s’offre un véritable triomphe dans un extrait de Carmen « L’amour est un oiseau rebelle »… Carole est divine dans cette Habanera… La mise en scène a placé là quelques gestes humoristiques qui ne gène nullement le chant et les chœurs… Bien au contraire… même si les puristes trouveraient que cela ne correspond pas tout à fait au fatalisme de la scène crée par le génial Georges BIZET et dans laquelle Carmen joue déjà avec la mort… il n’est donc point temps de plaisanter.
Et voici « Fortuna » extrait de Carmina Burana de Carl Orff… les mouvements de foule sont une trouvaille géniale et porte les voix et l’œuvre à son zénith.
Entre temps on a apprécié « D’immension guibilo » extrait de Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti, la valse extrait du Faust de GOUNOD, et c’est tout juste si à ce moment Kaleb n’a pas abandonné sa baguette pour inviter une des choriste à danser… et je n’oublie surtout pas le « Chœur des domestiques » du Don Pasquale de Gaetano Donizetti… Ils sont tous là avec leurs ustensiles et commentent les événements qu’il viennent de vivre.
Le spectacle se termine alors par une spectaculaire « standing ovation » parfaitement méritée. La sortie des artistes a été très attendue pour renouveler félicitations et compliments à de merveilleux chanteurs sous la baguette d’un véritable enchanteur Kaleb Sejor.
Ce spectacle passe bientôt au Centre des Arts de Pointe-à-Pitre courrez-y… vous ne le regretterez pas.
Jean-Claude HALLEY