Sons et Lumières pour le Chevalier du Siècle des Lumières
La journée a été belle et ensoleillée… la nuit tombe soudain… un petit vent frisquet balaye le port de pêche de Saint-François… on accepterait bien un châle sur les épaules….
La foule s’amasse, car la très belle affiche annonçant l’hommage pyro-musical au Chevalier de Saint-Georges a été largement diffusée… et tout ce beau monde, de tous les âges, est venu pour assister à quelque chose de beau.
Les stands mis en place par l’Office de Tourisme regorgent encore de fruits magnifiques venus des champs voisins, le tout nouveau centre commercial de Saint-François a fait le plein… et soudainement trois marrons d’air sonnent de belle façon les trois coups de l’ouverture du spectacle.
Une voix chatoyante commence le récit des aventures extraordinaires de ce fils d’esclave né au Baillif, à l’autre bout de l’île. Nous sont contés, les amours de Georges et de Nanon, un duel en pleine nuit, un procès, une condamnation… des bruitages réalistes viennent ponctuer les épisodes qui s’enchaînent…
Et soudain les notes célèbres de la belle Symphonie Concertante de Saint-Georges s’élèvent dans la nuit noire… elles tentent alors de s’harmoniser avec des salves successives formant de majestueux tableaux lumineux et sonores… La musique disparaît un instant dans le vacarme des bombes araignées et des comètes qui éclatent partout dans le ciel… puis on la retrouve dans un moment de calme sous une pluie d’étoiles multicolores.
Mais le récit s’enchaîne avec d’autres épisodes… les connaisseurs apprécient le caractère véridique des faits et notent la précision des dates, des lieux et des personnages… Joseph traversant l’océan atlantique, son éducation chez Maître Texier de la Boëssière, la vie tumultueuse à Paris et à Londres, les Concerts…
Chaque étape de cette aventure est ponctuée par des extraits musicaux délicatement choisis dans le répertoire du Maître… Concertos, Symphonie, Quatuors se suivent dans des tempos allant du mélancolique Adagio au vibrant Maestoso… de nouvelles façades lumineuses et sonores envahissent la voûte céleste et couvrent un instant la musique… mais c’est pour la mieux faire renaître, un moment plus tard, dans la douce plénitude de l’admiration de belles marguerites, pivoines et autres pot-au-feu multicolores.
Et voici maintenant d’autres personnages, Alexandre Dumas, Marie-Antoinette, Faldoni… d’autres évènements qui se succèdent : la révolution, la défense de la patrie, la guillotine et ce bien mystérieux voyage à Saint-Domingue, enfin le retour à Paris pour quelques derniers exploits musicaux dans les jardins du Palais Royal, sous le doux regard de Louise FUSIL.
La musique est encore là, elle est toujours là… et le bouquet final, cuivre, vert, orange et jaune déclanche de vifs applaudissements. On est fâché alors que ce fût aussi court !
Dans un petit coin de la place le présentateur constate les 32 minutes et 30 secondes de la durée du spectacle, puis annonce la suite des manifestations… Les organisateurs reçoivent, en toute modestie, des compliments mérités, la galerie marchande voisine reprend ses activités et le public regagne ses pénates.
Il reste alors le souvenir d’un très beau moment pyrotechnique et musical offert par l’Office du Tourisme de Saint-François (Merci !) en hommage au Chevalier de Saint-Georges.
Des compliments doivent être adressés pour le choix des thèmes musicaux, la rigueur ainsi que la précision du récit, très imagé, de la vie de notre grand compositeur.
Des félicitations enfin à l’artificier qui outre sa compétence technique et sa dextérité, a démontré dans un minutage impeccable une grande sensibilité. Il aura permis à la fois de suivre le récit, d’écouter la musique et d’admirer un flamboyant feu d’artifice digne de Saint-Georges.
Un spectateur parmi d’autres
Jean-Claude HALLEY