La Guadeloupe à la traine ! c’est l’avis de cet article des echos, commentant les résultats de l’iedom pour 2005.
Outre-mer
L’économie réunionnaise s’en tire mieux que celle des autres départements
L’économie de la Réunion a manifesté, l’année dernière, un dynamisme nettement plus marqué que celle des autres départements d’outre-mer. Les indicateurs sont au vert pour pratiquement tous les secteurs.
Parmi les économies ultra-marines que l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (Iedom) observe régulièrement, celle de la Réunion semble avoir, l’année dernière, creusé un peu plus l’écart avec le reste du peloton (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon). « L’année 2005 devrait être un bon cru à la Réunion, où les indicateurs sont au vert pour quasi tous les secteurs », remarque la dernière note de conjoncture annuelle de la banque centrale déléguée alors que, en Martinique, « certains secteurs demeurent à la traîne », que la Guyane a surtout bénéficié « d’un regain d’activité du centre spatial » et que « la situation de la Guadeloupe reste préoccupante ».
Moteur traditionnel de l’activité outre-mer, la consommation s’est ainsi renforcée dans tous les départements, mais de manière chaotique en Guadeloupe en raison de plusieurs conflits sociaux, tardivement en Martinique et en Guyane, mais dès le début de l’année et en croissance régulière pour la Réunion. Les seules ventes de véhicules neufs y ont augmenté de 20 %. L’investissement, « favorisé par des taux d’intérêt toujours très bas en 2005, a été particulièrement dynamique à la Réunion et, dans une moindre mesure, à la Martinique et en Guyane », insiste encore l’Iedom. C’est que, dans l’île de l’océan Indien, aucun des agents économiques n’a fait défaut : ni les particuliers, ni les entreprises, ni le secteur public. Ainsi l’encours des crédits bancaires à l’habitat a connu une progression de 11 %. Quant à l’encours des crédits à l’équipement pour les entreprises, il a augmenté aux alentours de 20 %. De nombreux secteurs d’activité ont bénéficié de cette croissance. C’est particulièrement le cas du BTP, où la Réunion fut sans doute le seul des départements à ne pas connaître d’inertie des commandes publiques. Dans le domaine des industries agroalimentaires aussi, le courant d’affaires à la Réunion est jugé « satisfaisant » par l’Iedom, qui insiste sur le fait – plutôt rare dans les économies ultra-marines – que la production locale aurait gagné du terrain face aux importations.
Morosité dans le tourisme
Seul le secteur primaire est en perte de vitesse : celui de la banane en Guadeloupe et en Martinique mais aussi la filière fruits et légumes réunionnaise. La déception la plus forte provient toutefois du tourisme, avec, aux Antilles, un effondrement de la croisière et, pour la Réunion, une activité 2005 « morose, traduisant notamment des problèmes de positionnement de la destination sur le marché mondial ».
L’avance de la Réunion se manifeste également dans l’activité bancaire, avec un rythme des dépôts qui, s’il a progressé partout, s’est « accéléré dans l’océan Indien », note l’Iedom. Idem pour l’encours des crédits, qui y a progressé à « rythme très rapide ». Toutefois, les tensions inflationnistes observées dans tous les départements d’outre-mer ont été particulièrement fortes à la Réunion, avec une évolution des prix à la consommation de +2,7 %.
François Baroin, ministre de l’Outre-mer, s’est félicité la semaine dernière que les efforts menés par le gouvernement avaient abouti en 2005 à « une diminution de 3,6 % du chômage dans les départements d’outre-mer ». L’Iedom est plus nuancé : si le marché de l’emploi s’est amélioré en Martinique, c’est surtout à la Réunion que l’embellie fut la plus nette, avec, sur un an, une diminution du taux de chômage de 1,6 point, à 31,9 %. « Le nombre des chômeurs est ainsi repassé sous la barre des 100.000 personnes », fait remarquer l’Iedom, qui note à l’inverse une dégradation de la situation tout au long de l’année en Guadeloupe et en Guyane.
PHILIPPE MOREAU