Olympe de Gouges par Jacqueline Razgonnikoff et Sylvie Chalaye

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Jacqueline Razgonnikoff et Sylvie Chalaye signent ensemble un ouvrage consacré à Olympe de Gouges et à ses aventures de dramaturge, dans lequel figure le manuscrit de L’Esclavage des nègres, une pièce jouée à la Comédie-Française pendant la Révolution. Ci-après un descriptif du volume.

Image005 Première pièce du théâtre français à dénoncer le système économique innommable qui depuis déjà plusieurs siècles faisait la prospérité des colons aux Caraïbes, L’Esclavage des nègres ou l’Heureux Naufrage est aussi le premier drame à mettre en scène des esclaves noirs qui soient de vrais personnages. Cette œuvre courageuse, on la doit à Olympe de Gouges, une femme au parcours politique et littéraire sans précédent. Ecrite au début des années 1780, la pièce ne fut pourtant jouée à la Comédie-Française qu’à la fin de l’année 1789. L’aventure de ce drame dont nous reproduisons ici, d’après le manuscrit de souffleur conservé à la Comédie-Française, la version jouée le 28 décembre 1789 et encore inédite, ainsi que les tergiversations qui ont retardé le moment de le porter à la scène, en disent long sur l’histoire du théâtre français et ses démêlés avec la censure.

En 1788, Olympe de Gouges avait fait paraître une première version avant de revoir le texte pour la création à la Comédie-Française et d’en publier une dernière version en 1792. Ces différentes versions sont le reflet de l’évolution de la pensée politique au cours des années révolutionnaires. C’est pourquoi la présente édition propose aussi de découvrir les états du texte et les variantes des trois étapes de la pièce : 1788, 1789, 1792.

Auteur d’ouvrages sur l’imaginaire colonial dans les arts de représentation, Sylvie Chalaye est professeur à l’Université Rennes 2, où elle dirige le laboratoire de recherche « La présence et l’image ». Elle enseigne l’histoire et l’esthétique du théâtre, et anime un séminaire sur les représentations de l’Afrique dans les arts du spectacle à l’Institut d’Etudes Théâtrales de Paris III.

Bibliothécaire à

la Comédie-Française

de 1976 à 2006, historienne de théâtre et spécialiste de l’époque révolutionnaire, Jacqueline Razgonnikoff est l’auteur de nombreux articles sur l’histoire et les archives de

la Comédie-Française

et est commissaire de l’exposition consacrée au Théâtre de la  République au Musée de

la Révolution

française à Vizille (avril-juillet  2007)."

Extraits

Extrait de l’acte II, Scène 1 (Azor, Betsi)

Betsi      L’on m’a assuré que dans les premiers temps nous n’étions pas esclaves.

Azor       Tout nous porte à le croire. Il y a encore des pays où les nègres sont libres dans leurs climats.

Betsi      Que notre sort est cruel !

Azor       Ah ! nous sommes bien à plaindre.

Betsi      Et personne ne prend notre défense. On nous défend même de prier pour nos semblables.

Azor       Hélas ! le père et la mère de la malheureuse Mirza seront témoins du supplice de leur fille.

Betsi      Quelle férocité !

Azor       Voilà notre destin.

Deux extraits des Réflexions sur les hommes nègres (1788)

Un commerce d’hommes !… grand Dieu ! et la Nature ne frémit pas ! S’ils sont des animaux, ne le sommes-nous pas comme eux ? et en quoi les Blancs diffèrent-ils de cette espèce ? C’est dans la couleur… Pourquoi la Blonde fade ne veut-elle pas avoir la préférence sur la Brune qui tient du mulâtre ? Cette tentation est aussi frappante que du Nègre au Mulâtre. La couleur de l’homme est nuancée, comme dans tous les animaux que la Nature a produits, ainsi que les plantes et les minéraux. Pourquoi le jour ne le dispute-t-il pas à la nuit, le soleil à la lune, et les étoiles au firmament ? Tout est varié, et c’est là la beauté de la Nature. Pourquoi donc détruire son Ouvrage ?

[…]

Je n’ai qu’un conseil à donner aux Comédiens Français, et c’est la seule grâce que je leur demanderai de ma vie : c’est d’adopter la couleur et le costume nègre. Jamais occasion ne fut plus favorable, et j’espère que la représentation de ce drame produira l’effet qu’on en doit attendre en faveur de ces victimes de l’ambition.

            Le costume ajoute de moitié à l’intérêt de cette pièce. Elle émouvra la plume et le cœur de nos meilleurs écrivains. Mon but sera rempli, mon ambition satisfaite, et la Comédie s’élèvera au lieu de s’avilir, par la couleur.

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