2006 Année du Mozart Noir
Il y a de cela un an, j’avais eu le privilège d’assister au concert Saint-Georges qui clôturait en beauté une semaine de festivités à la Havane. Et je disais que ce fut beau et que ce fut génial… Grâce à la perspicacité de nos élus cet évènement a été filmé et les Guadeloupéens découvriront « le Mozart Noir à Cuba » dans un documentaire de 52 minutes réalisé par Steve JAMES. Ce sera tout d’abord à l’occasion d’une présentation officielle le 15 décembre prochain puis lors d’une diffusion grand public sur les différents canaux de télévision. Nul doute que le génial cinéaste qu’est Steve aura merveilleusement monté les kilomètres de rush glanés tout au long de cette semaine de très grand spectacle dans ce pays adepte de la musique de l’escrime et de la danse… on comprend dès lors que Saint-Georges y ait été accueilli avec autant de sympathie et de chaleur communicative.
Cette année 2006, officiellement année Mozart aura été par la force des choses une très belle année Saint-Georges… puisque certains musiciens veulent qu’il soit le MOZART NOIR… des concerts un peu partout sur la planète rappellent régulièrement que cette musique du Chevalier est elle aussi universelle. Mais outre ces concerts voici quelques nouvelles du petit monde de Saint-Georges.
Une thèse de doctorat sur Saint-Georges
Bernard Zinck est Violoniste Concertiste, Professeur à l’Université du Wisconsin à Milwaukee, très précisément au Peck School of the Arts. Sa thèse porte entre autre sur la technique violonistique du Chevalier de Saint-Georges. Il se base sur l’étude de 6 concertos pour ? violons, et plus particulièrement sur les techniques propres à Saint-Georges : l’utilisation de la main gauche, les subtilités de son archet, les ornementations, les nuances et le sens de sa phrase musicale, les effets spéciaux, les erreurs de partitions… etc).Dans ce travail Bernard Zinck fait découvrir les sources d’inspiration du musicien, ses influences et surtout les innovations qu’il apporte à la musique Française. Toujours sur la technique de violon du Chevalier, il montre comment elle s’éloigne d’un Leclair pour se rapprocher d’une virtuosité à
la Paganini par exemple… Comment sa parfaite maîtrise et souplesse de l’archet lui donne une longueur d’avance sur ses contemporains et explique le fait que certains compositeurs puisèrent dans son arsenal technique bien des années après.
Ecole Joseph Bologne Chevalier de Saint-Georges
L’opiniâtreté de Jean FILLIEUX aura payé, puisque le 16 décembre prochain le nom du Chevalier de Saint-Georges sera donné à la très belle école primaire de Saint Robert, perché là haut tout près de Clairefontaine, lieu de naissance de Joseph Ritoudaine, fils de Nanon, elle-même née au Grand Cul de Sac de
la Guadeloupe et de Georges Bologne, natif de la paroisse de Baillif.
Saint-Yorre.
Le projet concocté avec amour par la Principale du Collège Victor Hugo de Saint-Yorre est immense et généreux. Faire jouer par des élèves de classe de 4ème une pièce de théâtre relatant la vie du Chevalier. Ecoutons parler Madame Catherine PIZON :Joseph Bologne est un personnage emblématique par excellence ; né d’une mère esclave et d’un père planteur, il a su, par ses multiples talents, mais aussi et surtout par ses qualités humaines extraordinaires, vaincre les préjugés raciaux et les souffrances inhérentes aux évènements dramatiques de notre histoire. Les élèves de 4ème du collège Victor Hugo étudieront cette année sa vie et son œuvre, travail dont l’aboutissement sera la réalisation d’une grande manifestation théâtrale le 10 mai 2007.Géraldine Cordin, professeur de Lettres a su adapter les travaux de deux auteurs et chercheurs, et écrire une pièce de théâtre se rapprochant le plus près possible de la réalité historique.
Cette pièce sera exclusivement jouée par les élèves. Ce projet est pluridisciplinaire ; afin que tous les élèves, selon leurs goûts et aptitudes, trouvent leur place dans cette action, les professeurs de lettres, anglais, musique, arts plastiques, histoire-éducation civique, technologie et éducation physique animeront des ateliers. Objectifs pédagogiques :
L’étude de la vie de ce personnage permettra aux professeurs, dans le cadre des programmes officiels
· d’approcher dans leur enseignement une culture humaniste · d’enrichir les parcours citoyens· de sensibiliser d’une manière originale les élèves aux grands drames humains de notre histoire · de les initier à l’univers culturel et historique du 18ème siècle· de leur faire comprendre la nature et le fonctionnement des échanges commerciaux triangulaires· de développer l’intérêt et la sensibilité pour la musique et les arts
La mise en scène et la réalisation du spectacle permettra
· de développer le travail de groupe de développer le plaisir d’apprendre et de partager ses connaissances· d’impliquer les élèves dans une dynamique d’apprentissage· de susciter des comportements plus autonomes face à l’apprentissage· de leur apprendre à se dépasser, à se maîtriser· de les valoriser· de leur faire découvrir le plaisir du spectacle· de découvrir la persévérance en participant à un projet dans sa durée Objectifs éducatifs :
· apprendre à penser « autrement »· apprendre à vivre et à travailler ensemble· communiquer avec des enfants du même âge d’une culture et d’un passé différents· mettre en évidence les valeurs essentielles et communes à tous, liées à l’individu, en tant qu’être humain· prendre conscience des notions de différence, de tolérance · sensibiliser à la signification et à la portée des violences verbales à connotation raciste Objectifs artistiques et culturels : · initier à la musique classique· développer le goût pour le chant choral· développer la curiosité pour l’Histoire· initier à de nouvelles pratiques sportives _ escrime artistiqueLa date choisie pour ce spectacle est le 10 mai 2007, date de la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Mais nos amis de Saint-Yorre ont décidé que cette fête ne pouvait se dérouler sans la présence des élèves du Baillif : c’est donc pour cette raison qu’ils sont proposé au Collège du Baillif de se joindre à eux pour raconter la vie de Saint-Georges. Admirable Saint-Georges qui devient prétexte à ces échanges qui ne peuvent être que porteur de richesse et de bonheur… Il sera de toute manière très intéressant de découvrir la manière dont s’y prendront ces jeunes enfants pour interpréter cette scène pour le moins originale de la « Table de Marbre ».
Gabriel BANAT.
Tout le monde attendait la publication de l’ouvrage de Monsieur Gabriel BANAT et personne n’a été déçu. Ce monument à
la Gloire de Saint-Georges recèle de très nombreuses découvertes sur le Chevalier et son étonnant parcours. Les nouveautés dans cet ouvrage de l’Ancien premier violon de l’Orchestre Philharmonique de New-York concerne des épisodes de la vie de Saint-Georges demeurés jusque là dans l’ombre… Et nous suivons alors avec curiosité un parcours exceptionnel d’un fils d’esclave, lui-même esclave dans la double tourmente révolutionnaire et esclavagiste. Le chevalier est bien au centre de cette gigantesque problématique du siècle des lumières confrontés au basculement de toutes les valeurs anciennes pour en découvrir d’autres. Voici Saint-Georges et sa Maman Nanon devant la table de Marbre et Poncelet (Poncet ?) de
la Grave. Ils sont venus sur ordre du Roi de France déclarer qu’ils sont esclaves, venus en France pour la bonne cause, leur apprentissage, et qu’ils doivent « repasser » vers
la Guadeloupe… occasion de découvrir les théories racistes du sieur De
la Grave… Mais Joseph n’est plus un esclave, par la force de son talent il devient gendarme de
la Garde du Roi de France… C’est alors la révolution, les hommes de couleur souhaitent mettre leur force et leur courage au service de la nouvelle république naissante… et c’et tout naturellement que les députés de Saint-Domingue proposent Saint-Georges pour diriger cette première brigade noire. On retrouve aussi Saint-Georges au côté de Dumas dans cette bonne Ville de Lille… Emil SMIDAK avait donc tellement raison de rechercher derrière le meilleur escrimeur du monde et le plus grand chef d’orchestre de l’époque un homme… Joseph Ritoudaine n’est donc plus un mystère… c’est un extraordinaire exemple de sensibilité de force et de courage au milieu de ce monde qui bascule. Mais Monsieur BANAT est avant tout un grand musicologue qui parle avec science et passion de l’œuvre de Saint-Georges et en décrit avec précision la richesse de ses apports dans la musique universelle et spécialement celle du 18ème siècle… A l’occasion il apporte la preuve de la double rencontre entre Saint-Georges et Mozart.
Et il nous fait découvrir l’immensité de la discographie du Chevalier. Ces œuvres sont jouées par les plus grands orchestres et les plus prestigieux interprètes : Evoquons tout d’abord quelques noms qui résonnent tellement dans le cœur des gens de mon âge et plus Jean-Jacques Kantorow, l’Orchestre de chambre Bernard Thomas, le Juilliard Quartet, Brigitte Haudebouorg, l’Orchestre de Chambre Jean-François Paillard, Natalie Hinderas, Faye Robinson, le London Symphony Orchestra, Paul Freeman…Et plus proche de ce XXIème siècle une véritable cohorte se relaie pour honorer notre compatriote : Christophe Guiot et Laurent Philippe, Les Archets de Paris, Hans Liviabella, l’Orchestra della Svizzera Italiana, Alain Lombard, Miroslav Vilimec, le Pilsen Radio Orchestra, Frantisek Preisler, Takako Nishizaki, le Kôln Kammerorchester, Helmut MtillerBriibl conductor, Stéphanie-Marie Degand, Le Parlement de musique, Martin Gester, Qian Zhou, le Toronto Camerata, Kevin Mallon, le Coleridge Quartet, le Joachim Quartet, le Quatuor Les Adieux, le Apollon Quartet, Alice Zylberach, Odile Rhino, soprano, Les Archets de Paris, le Tafelmusik Orchestra de Madame Jeanne Lamon, Huguette Fernadez and Ginette Caries, Malcom Laithem and Martin Jones, Nicholas Jackson, Micheline Blanchard et Germaine Raymond, l’Ensemble Instrumental Jean-Marie Leclair, Jean-François Paillard, Miriam Fried et Jamie Laredo, le London Symphony Orchestra, Paul Freeman, l’Orchestre de chambre de Versailles, Bemard Wahl, Le Parlement de musique, Martin Gester, Linda Melsted, Tamâs Major, Hana Kotkovâ, Takako Nishizaki, le Kammerorchester, Helmut Müller Brühl, Rachel Barton, Encore Chamber Orchestra, Daniel Hegge, Anthony Flint. Il faudra bien qu’un jour
la Guadeloupe sorte de sa réserve et rende hommage à Monsieur Gabriel BANAT pour le travail exceptionnel accompli dans la recherche de la vérité sur le Chevalier de Saint-Georges.
Médaille du Chevalier au Conseil Régionale de la Guadeloupe
Elle est très belle cette médaille fondue pour le Conseil Régional de
la Guadeloupe par le Monnaie Parisienne. Quel dommage que nos élus n’aient pas fait confiance aux récentes recherches abouties sur la date de naissance du Chevalier. Quel dommage aussi d’avoir abandonné le « S » de Georges qui donne du coup une consonance anglaise non justifiée. Mais ce n’est qu’un petit détail qui sera corrigé lors de la prochaine édition. Apprécions tout simplement la finesse du ciselé avec à l’endroit un beau portait du Chevalier et à l’avers une succession de symboles retraçant le parcours du chevalier : musique, escrime, franc-maçonnerie, Guadeloupe…
Buste du Chevalier à la Mairie de Baillif.
La municipalité du Baillif est très fière d’honorer régulièrement un de ses Grands Hommes… Elle en a déjà fait beaucoup… mais il reste encore tant à faire. Le très beau Buste de Saint-Georges trouvera sa place bientôt dans un lieu historique de cette belle commune de
la Basse-Terre.
Les Sopranes de Guadeloupe inscrivent Saint-Georges à leur répertoire.
Que ce soit Carole VENUTOLO la suprême ou Malaïka la Magnifique ou encore Maryse l’émotion faite femme, et surtout la tour à tour douce, spirituelle, virevoltante, touchante, séduisante, volage, pétillante, mutine, exquise, plaintive Magali dont la critique internationale ne tarit pas d’éloges sur sa voix bien conduite tranchante et nette, ensoleillée, son timbre de velours, son charme, sa grâce, son espièglerie, son flaire dramatique (dramatic flair), sa présence scénique, son sens du chant lyrique, en bref une Reine… toutes ont spontanément inscrit Saint-Georges à leur répertoire et font découvrir ainsi la beauté des Romances et des airs d’Opéra de notre grand musicien.
Saint-Georges en Fang, Mbédé et Punu !
Libreville capitale du Gabon fait un petit clin d’oeil à la Guadeloupe et souhaite traduire le livre pour enfant consacré à Saint-Georges en langue africaine (fang mbédé et punu). Les négociations sont en cours et aboutiront sans doute. N’est-ce pas émouvant que Saint-Georges reviennent ainsi sur la terre de ses ancêtres.
MBMB ou le Chevalier de Saint-Georges à Londres
MEM BITIN MEM BAGAIL, est une association qui regroupe les Antillais travaillant à Londres.
La Présidente, Madame ROLLE, a souhaité en savoir plus sur Saint-Georges et c’est ainsi que se déroula dans cette ville chère au Chevalier de Saint-Georges une Conférence avec signature. Succès sans doute, mais aussi occasion de plonger dans les trésors de
la British Librairy pour découvrir de visu les trésors du passage du Chevalier à Londres et la preuve de ses contacts avec les toutes premières associations antiesclavagistes.
Alain Guédé et le Chevalier
Peut-on parler du Chevalier de Saint-Georges sans évoquer l’important travail accompli par le journaliste du Canard Enchaîné… L’Opéra « Le nègre des lumières » a été présenté à Avignon et n’a pas encore eut la suite qu’il mérite… saluons les activités incessantes de l’Association « Le Concert de Monsieur de Saint-George» (nous pardonnons volontiers à Alain Guédé cette mode du George sans « s » qu’il a lancée) et cette succession de concerts partout en France continentale ou outre-mer : Sur les bords de l’Yvette, Chilly-Mazarin, Villebon-sur-Yvette et Palaiseau, au Fort Fleur d’Epée (Gosier), à l’Artchipel (Basse-Terre), en Moldavie, Le Séchoir (Réunion)…
Le Fondation AVENIRA
La preuve du succès de Saint-Georges se traduit dans la vente de ses CDs. AVENIRA a donc dû réaliser une nouvelle éditions de la musique instrumentale du Chevalier. Occasion de mettre à jour les livrets d’accompagnement et de tenir compte des nouvelles découvertes confirmant la date de naissance définitivement 1745 et l’identité du père Georges Bologne de Saint-Georges.
La participation du Chevalier à FETKANN
Par le biais de Daniel Marciano et son ouvrage brillant Le Chevalier de Saint-Georges, le fils de Noémie chez Thespis. C’est Maryse BIQUE originaire de Vieux Habitant qui témoigne de son émotion à la lecture de cet ouvrage : La première de couverture nous donne à voir le duel le plus célèbre de la deuxième moitié du XVIIIème siècle européen peint par Charles-Jean Robineau : Deux français croisent le fer devant le prince de Galles (1762-1830) futur régent du Royaume-Uni (1811-1820), puis roi George IV (1820-1830). Les duellistes : l’un est chevalier français devenu femme pour des raisons politiques, l’autre est Joseph Bologne dit Chevalier de Saint-Georges, homme de couleur dont on discute encore âprement la généalogie. Le peintre n’a pas jugé nécessaire de noircir le visage de Saint-Georges. Pourquoi ? Pourquoi la chevalière est un chevalier ? Pourquoi le prince est-il debout au milieu de tous ? Le triangle constitué par ces trois personnages pose toutes les questions, philosophiques, sociales, géopolitiques, présentes dans l’histoire de l’Humanité depuis la première mondialisation (1492-1815) jusqu’à la question du pouvoir et de son exercice.La quatrième de couverture nous informe que le récit est un conte de fées. La préface, analyse à la fois littéraire et historique des productions dont Le Chevalier de Saint-Georges est le héros central, nous force à nous interroger : la vie du Chevalier de Saint-Georges est-elle vraie ou vraisemblable ?Et pourtant, dès la première phrase du premier chapitre, l’enchantement fait son œuvre : il était une fois, une très belle femme dont le roi était amoureux. De leurs amours naquit un prince… Esclavage et Racisme disparaissent lentement alors que le monde change.Au passage, nous prenons une très belle leçon d’escrime. A l’occasion du récit de l’attaque historique de Saint-Georges, Daniel Marciano, escrimeur de niveau international et coordonnateur de stages où les acteurs étudient les règles des duels sur scène, prépare une séquence destinée à être portée à l’écran. Il narre la force physique de Saint-Georges mais aussi son courage, son intelligence partagée avec les plus grands de la littérature classique française ou le héros mythique de
la Rome ancienne, citoyen modèle : Horace.
Le Chevalier en Sons et en Lumières.
La journée avait été belle et ensoleillée… la nuit tombait soudain… un petit vent frisquet balaye le port de pêche de Saint-François… on accepterait bien un châle sur les épaules…. La foule s’amasse, car la très belle affiche annonçant l’hommage pyro-musical au Chevalier de Saint-Georges a été largement diffusée… et tout ce beau monde, de tous les âges, est venu pour assister à quelque chose de beau. Les stands mis en place par l’Office de Tourisme regorgent encore de fruits magnifiques venus des champs voisins, le tout nouveau centre commercial de Saint-François a fait le plein… et soudainement trois marrons d’air sonnent de belle façon les trois coups de l’ouverture du spectacle. Une voix chatoyante commence le récit des aventures extraordinaires de ce fils d’esclave né au Baillif, à l’autre bout de l’île. Nous sont contés, les amours de Georges et de Nanon, un duel en pleine nuit, un procès, une condamnation… des bruitages réalistes viennent ponctuer les épisodes qui s’enchaînent… Et soudain les notes célèbres de la belle Symphonie Concertante de Saint-Georges s’élèvent dans la nuit noire… elles tentent alors de s’harmoniser avec des salves successives formant de majestueux tableaux lumineux et sonores… La musique disparaît un instant dans le vacarme des bombes araignées et des comètes qui éclatent partout dans le ciel… puis on la retrouve dans un moment de calme sous une pluie d’étoiles multicolores.Mais le récit s’enchaîne avec d’autres épisodes… les connaisseurs apprécient le caractère véridique des faits et notent la précision des dates, des lieux et des personnages… Joseph traversant l’océan atlantique, son éducation chez Maître Texier de la Boëssière, la vie tumultueuse à Paris et à Londres, les Concerts… Chaque étape de cette aventure est ponctuée par des extraits musicaux délicatement choisis dans le répertoire du Maître… Concertos, Symphonie, Quatuors se suivent dans des tempos allant du mélancolique Adagio au vibrant Maestoso… de nouvelles façades lumineuses et sonores envahissent la voûte céleste et couvrent un instant la musique… mais c’est pour la mieux faire renaître, un moment plus tard, dans la douce plénitude de l’admiration de belles marguerites, pivoines et autres pot-au-feu multicolores.Et voici maintenant d’autres personnages, Alexandre Dumas, Marie-Antoinette, Faldoni… d’autres évènements qui se succèdent : la révolution, la défense de la patrie, la guillotine et ce bien mystérieux voyage à Saint-Domingue, enfin le retour à Paris pour quelques derniers exploits musicaux dans les jardins du Palais Royal, sous le doux regard de Louise FUSIL.La musique est encore là, elle est toujours là… et le bouquet final, cuivre, vert, orange et jaune déclanche de vifs applaudissements. On est fâché alors que ce fût aussi court !Dans un petit coin de la place le présentateur constate les 32 minutes et 30 secondes de la durée du spectacle, puis annonce la suite des manifestations… Les organisateurs reçoivent, en toute modestie, des compliments mérités, la galerie marchande voisine reprend ses activités et le public regagne ses pénates.Il reste alors le souvenir d’un très beau moment pyrotechnique et musical offert par l’Office du Tourisme de Saint-François (Merci !) en hommage au Chevalier de Saint-Georges. Des compliments doivent être adressés pour le choix des thèmes musicaux, la rigueur ainsi que la précision du récit, très imagé, de la vie de notre grand compositeur.Des félicitations enfin à l’artificier qui outre sa compétence technique et sa dextérité, a démontré dans un minutage impeccable une grande sensibilité. Il aura permis à la fois de suivre le récit, d’écouter la musique et d’admirer un flamboyant feu d’artifice digne de Saint-Georges.
L’Ensemble Instrumental Chevalier de Saint-Georges
Ce groupe musical force le respect avec ses 30 ans d’activité musicale en Guadeloupe et dans
la Caraïbe. Son ambition est de passer le relais aux plus jeunes, son rêve aboutir à la création d’un Orchestre Symphonique en Guadeloupe. Et très humoristique le Président fait remarquer qu’une fois de plus Saint-Georges se glisse entre les sigles puisque OSG peut aussi dire Orchestre Saint-Georges. Et il ne faut douter de rien puisque dans son Discours de politique approfondie, le 26 octobre 2004 (comme le temps passe vite !) au Chapitre : La culture, les loisirs et les sports le Président de l’exécutif annonçait que l’autre grand chantier culturel de la mandature sera la création d’un conservatoire de musique et d’arts plastiques qui assurera aux plans national et international le rayonnement de la richesse de notre riche patrimoine culturel. Suivait une petite phrase non dénuée d’intérêt :Nous rendrons hommage à deux figures colossales de notre histoire : le chevalier de Saint-Georges et Louis Delgrès. C’est notre devoir de mémoire.
En conclusion
Puisque Monsieur LUREL le dit, admettons que Saint-Georges comme DELGRES soit une « figure colossale » de notre histoire ; il ne nous reste plus qu’à souhaiter que la Guadeloupe deviennent véritablement le Pays de Saint-Georges en continuant à le promouvoir.