La vieillesse est un naufrage disait l’autre ! Je crois plutôt que la vieillesse est une autre manière de voyager…
J’ai beaucoup voyagé en ce week-end de fête de noël… moi qui apprend dorénavant à voyager de cette autre manière… les matins ne sont plus aussi flamboyants que dans le temps… la course à pieds se fait de plus en plus pénible et se laisse avantageusement remplacer par la marche… et merci alors à Edwige qui m’a appris l’attitude « compêt » qui m’aide à faire monter plus vite le « palpitant » en rythme… et de découvrir que l’on peut en marchant réaliser les « intervalles training » recommandés par le regretté Jean…
Voyage Numéro 1
Mon premier voyage a été long et agréable… accompagner une charmant et vieille dame (encore ce mot) dans un long voyage tout au long de ce couloir… le déambulateur servant d’appui, de gouvernail, de voile, le déambulateur comme nouveau vaisseau nous conduisant à petits pas… et ces petits mots prononcés lentement au même rythme que ses pas « Mais je peux aussi faire des grands pas ! » me dit-elle… « car je te fais perdre du temps »… « regarde mes grands pas !»… et de ma manière de lui serrer le bras, elle sait que je n’ai pas besoin de ses grands pas … son allure est la mienne… son voyage est le mien… nous croisons d’ailleurs une île ou quelques sirènes chantent une musique de chez elle de chez nous… les petits pas s’arrêtent soudain et laissent la place à un petit déhanchement que seuls elle et moi apercevons… le port est encore loin… le port est ce fauteuil si loin qu’elle a encore peur de l’indisposer… « je peux y aller seule » dit-elle… et si j’ai envie de ce voyage au rythme de ces petits pas… pourquoi m’en priver… et le voyage se poursuit le temps de penser à ces mots que j’ai envie d’écrire… la vieillesse est la baisse de certaines capacités… incontestablement me couper les ongles relève de plus en plus d’un exploit… mes nuits ne peuvent plus être ces longues veilles de travail et de lecture… mais une capacité qui se trouve décuplée est incontestablement la sensibilité… la sensiblerie diraient certains… mais nous voici déjà au port… le navire manœuvre pour accoster et aura peut-être besoin d’un pilote… oh que non ! je saurais faire toute seule regarde.. L’accostage se fait dangereusement chaotique… je saisie cette fois un poigné et guide doucement la main vers le bois du fauteuil véritable bite d’amarrage qu’elle reconnaît… je fais de même avec l’autre main… et le navire soudain poussé par le vent de la confiance se laisse doucement glisser le long du quai… le voyage est terminé ! Oh que Nenni ! restent toutes les formalités d’accueil de police et de douanes… cela se traduit pas un merveilleux sourire qui dit la joie de ce beau voyage de conserve dans ce long cheminement du temps… puis arrivent quelques mots tendres et doux qui me donnent un hoquet d’émotion…
Voyage Numéro 2
Mon second voyage a été vers la Guyane d’où est venue cette très belle messe plus de minuit mais toujours de Noël… Monseigneur LAFFONT, Evêque de Cayenne, m’avait déjà un jour toucher par ses mots et son charisme… mais ce soir il a été le Grand Capitaine du Vaisseau qui nous conduisit autour de la terre entière Sur les voiles de ce beau vaisseau un mot gravé en lettres d’or « fraternité »… et ce Capitaine parlait à son équipage fasciné… et Ce capitaine poussait aussi la chansonnette… quelle belle homélie… pas une belle voix… mais dans cette voie toute la ferveur de la foi en dieu… et du coup cette foi se transcende se communique se transforme en foi en lui ce Guide à qui le temps d’une messe nous osons confier le monde de misère et de guerre qui nous pèse tant… C’est noël tous les jours professe-t-il… puisque noël c’est l’amour… Venez les enfants venez autour de la table du festin… venez partager ce repas… donnez vous la main… et la présentatrice est émue on le sent dans le timbre de sa voix, le caméraman est atteint de la même grâce divine et enchaîne les gros plans sur des mains de toutes couleurs, de tous ages qui se rejoignent le temps de ce moment de paix… un gros plan sur l’intérieure de la cathédrale de Cayenne et l’on ne voit plus que cette marée humaine unie autour du sacrifice… Le navire tangue et roule sous la poussée du vent les voiles se gonflent au souffle divin… il serra bien temps de revenir sur terre… dans cette petite chambre où je m’offre ce beau voyage deux mains se joignent aussi et l’émotion est intense…
Voyage Numéro 3
Mon troisième voyage est tout aussi extraordinaire… c’est celui de la vie de tous les jours et le bonheur indicible de partager cette nature… au loin le bruit de la mer du Moule, à la traîtrise légendaire… grondant sous le vent de nord qui s’annonce déjà… la nouvelle lune sera dans 3 semaines et il sera là, ce vent, pour verser sur cette terre le sel qui brûle, le sel qui protège aussi… les corossoliers du jardin en perdent déjà leurs feuilles tout en ouvrant quelques timides fleurs en forme de mitre d’évêque, mais qui ne feront pas fruit… il faut l’élaguer dit mon jardinier… peut-être…les cloches du révérend Père Gillot appelle les fidèles pour la messe… lui l’auteur de si belles homélies… je serais curieux de savoir si il aura apprécier les paroles de l’évêque de Cayenne… les cocotiers poussent à leur rythme et promettent dans 5 ans quelques délices… trop prêt les uns des autres dit mon jardiner ! sans doute… la haie de bougainvilliers offre ses premières couleurs, fleurs surprises, rouge sang, orange crème, violine… manque le blanc dit mon jardinier… non pas de blanc dans cette haie… le blanc est réservé à mes souvenirs… je chemine du côté des bananiers ; car hier soir j’ai cru entendre la complainte d’une parturiente et comme dit comme entendu, un magnifique régime de banane se présente… je ne reconnais plus tes bananiers pomme, plantain, jaune… dit mon jardinier… attendons qu’ils accouchent… je contemple ce couple curieusement associé d’un raisinier « bord de mer » et d’une liane de poivre vert… osé dit mon jardinier… on verra bien lorsque dans 6 ans je récolterai et les raisins et le poivre !… lorsque j’avais planter mon abricotier mon jardinier m’avait dit… mais cela mets 5 ou 7 ans avant de porter… alors il faut planter aujourd’hui même… et aujourd’hui je contemple des branches chargées de fruits… on ne cueille pas l’abricot me rappelle mon jardinier… comme si je ne savait pas… mais on peut les regarder Non ! mes amies les tourterelles sont là et déambules à pas pressés à côté d’une petite colonie d’ortolans… Le très beau piment a été détruit en cette nuit par une colonie de « fourmis manioc »… il faut traiter dit mon jardinier… un de ces jours prochain… il faut partager la planète, c’est Noël pour tous… Dans le champs d’à coté mon voisin me salut et me donne aussi des conseils… la pomme cannelle se plante en tonnelle… elle est commandée la tonnelle… il faut traiter les nids de poule au désherbant untel… mon jardinier me l’a dit… les cocotiers sont trop près les uns des autres… je sais, je sais…mais c’est trop tard… dans la nuit il y a eu une belle éclosion de champignons blancs sur le tronc mort du poirier… vous viendrez les cueillir… mais avant midi car après il seront trop durs… promis ! un Colibri interrompt notre dialogue et joue à se faire doucher dans le jet d’arrosage… Foufou Fou plaisante mon voisin… Foufou Bel mem ! il a le front d’un vert éclatant sans doute un « mal » paré pour sa belle… Il est beau ce jardin dit mon jardinier… c’est grâce à toi… Oui c’est grâce à toi jardinier !
Voyage Numéro 4
Mon ultime voyage a été à Cuba avec Steve et Stéphanie JAMES. Revoir ce documentaire, écouter un plus attentivement les commentaires de nos amis Cubains, si fiers d’avoir offert à Saint-Georges cette semaine de bonheur…
Et j’ai donc écouté au rythme de mon temps,
- les musiciens si talentueux, étonnés d’apprendre l’existence de ce Grand de la Caraïbes contemporain de Mozart,
- le Chef d’Orchestre étonnante réplique vivante de Saint-Georges se confier sur ses sentiments qui sont les siens lorsqu’il joue « Entre Amigos » la musique du Chevalier,
- les danseurs regrettant de ne pas en avoir su assez sur El Caballero Saint-Georges avec un prononcé tout Cubain de Saint-Georges mais transcendés par le défi d’incarner par la danse ces merveilleux personnages que son Georges, Nanon et Joseph,
- le Chorégraphe évoquant ses choix artistiques et disant toute la sensualité qu’il a voulu dans ces beaux pas de deux : Nanon et Georges, puis Joseph et Marie-Antoinette, en sachant bien qu’il a commis à son tour un régicide en mettant ainsi la Reine de France dans les bras du Don Juan Noir
- L’Evêque de la Havane (encore un Evêque) parlant des talents de Saint-Georges et disant son bonheur de célébrer cette messe d’action de grâce.
- Ces jeunes artistes disant, expliquant, justifiant à tour de rôle leurs œuvres, tellement fier de les voir suspendues aux cimaises dela CASA VICTOR HUGO.
- Entre aperçue aussi la belle et Rousse Directrice de la CASA, ma traductrice d’un soir pour une Conférence faite en totale improvisation au grand damne de Marcel André inquiet que mes propos ne dérange ! comme si on pouvait déranger quiconque en parlant de Saint-Georges… je me souviens que mes phrases étaient brèves et que ma traductrice avait été divine jusque dans sa seule hésitation comme pour prouver au merveilleux public cubain que nous étions sur la corde raide de l’improvisation.
- Marcel-André CLEMENT bien entendu ! toujours précis et précieux dans ses commentaires sur les origines de cette aventure ; en fait il peut faire partager et comment ne pas partager sa double passion pour la danse et pour Saint-Georges,
- Madame ALONZO disant son envie de venir ici en Guadeloupe monter ce beau ballet,
- son excellence l’Ambassadeur de France à la Havane justifiant la nécessité de ces échanges entre Îles Frères (j’aurais dit sœur),
- Madame le Maire du Baillif très au fait de l’histoire de son Grand Homme,
- Jean-Claude GLANDOR toujours souriant et plein de verve pour rattacher comme il sait si bien le faire Saint-Georges à sa terre natale le domaine de Clairefontaine,
- Alain BUFFON, l’historien rappelant à juste raison le rôle de Saint-Georges dans les cercles abolitionnistes Anglais puis Français, Saint-Georges l’adepte des idées de la révolution, lui le seul musicien de son temps à avoir offert ses services à sa Patrie
- et enfin
la voix Off chaude précise traduisant dans les mots l’émotion partagée.
Je termine maintenant le récit de ces beaux voyages… l’ordinateur affiche tant de fautes d’orthographes que j’en rougis comme ses soulignements qui s’effacent d’un clic de sourie… à côté une musique qui fait mal et émeut… Un Alléluia de Haendel… qui suit par le hasard des choses l’ouverture de l’Amant Anonyme… Envie d’accoster soudain et d’abandonner dans mes souvenirs ces voyages par trop fatigants… Lecteur ! m’auras-tu accompagné jusque ici ?
Jean-Claude HALLEY
Bonjour,
Pouvez-vous me donner des informations sur la soeur du chevalier de Saint Georges , celle qui a recueilli les enfants de Toussaint Louverture à Agen.
Merçi d’avance.
Rinaldo Maurice
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