L’affirmation de notre identité comme solution à la problématique de l’enseignement du créole à l’école.

Présentation du Professeur Caroline Hudicourt à l’Université Quisqueya
Espace Francophone
Vendredi 14 juillet 2006

Sa conlusion  

  

Pour nous désenclaver au niveau culturelle et linguistique, il nous faut donc nous affirmer dans ce que nous connaissons le mieux: notre langue et la culture qu’elle véhicule. C’est en la maîtrisant le mieux possible que nous développerons le plus rapidement nos capacités et notre intellect nous rendant ainsi plus apte dans l’apprentissage de toutes autres connaissances. Si nous voulons élever des jeunes sûrs d’eux, capables d’avoir une vision nouvelle et fonctionnelle pour leur pays, capables de bien maîtriser leur propre langue ainsi que plusieurs autres langues secondes telles que le français, l’espagnol et l’anglais, il faut que nous admettions les réalités suivantes :

  1. Nous sommes une nation majoritairement constituée de nègres originaires d’Afrique.

  2. Le français sera toujours une langue seconde pour la grande majorité des haїtiens.

  3. Une éducation de masse en Haїti ne peut se faire qu’en créole.

  4. Dès le plus jeune âge nous devons enseigner le français comme langue seconde aux enfants en utilisant l’audiovisuel de préférence surtout dans les petites classes pour faciliter les enfants au niveau de la prononciation.

  5. Il ne faut pas avoir honte de parler créole.

  6. Des fautes de grammaire et de prononciation en français ne sont pas des signes de déficiences intellectuelles.

  7. « Pale franse se pa lespri ». Nous nous familiarisons aux français et aux autres langues étrangères dans le but d’élargir nos horizons, d’avoir accès à plus d’informations et de contrôler notre environnement, pas pour être en mesure de nier nos origines.

  8. Nous avons droit à des services publics en créole. Il faut les exiger.

  9. Il faut sanctionner les employés des services publics qui s’évertuent à répondre en français à des gens qui s’adressent à eux en créole. C’est une violation de la constitution.

  10. Tous les textes officiels doivent être traduits en créole.

  11. L’état haїtien doit exiger des maisons d’édition qu’elles traduisent tous leurs livres d’école en créole ou qu’elles ne produisent que des livres bilingues. Ceci garantirait un accès plus équitable à un matériel pédagogique de qualité et un accès à la compréhension pour toutes les couches sociales. L’argent de la subvention peut être utilisé comme moyen de pression à cet effet.

Conclusion :

La problématique de l’utilisation du créole à l’école est symptomatique d’une absence d’affirmation de soi nécessaire au plein épanouissement de la culture haїtienne. L’utilisation du créole comme langue d’enseignement dans nos écoles et du français comme langue seconde serait un pas vers l’abolition d’une colonisation psychologique que nous nous évertuons à perpétrer en nous. C’est un scénario d’autodestruction qu’il nous faudra à tout prix éliminer pour aller de l’avant.

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