Priez pour nous ! les orpailleurs trient un peu pour nous et beaucoup pour eux !

Au moment où la Basse-Terre croule sous les ordures j’ai voulu donner un avis sur le traitement des déchets et je me suis souvenu de cet article intitulé « Trié pour vous » !

Nous sommes si ridicules de ne pas nous rendre compte que ces ordures qui nous révulsent aujourd’hui sont une source déterminante de richesse et d’emplois…

Alors au lieu d’éliminer les déchets pourquoi ne pas les VALORISER. C’est facile, ce n’est pas cher et celà peut rapporter gros. Pour le moment celà ne rapporte qu’aux Orpailleurs. Mais j’ai déjà donné cet argument.

Après relecture, je persiste et je signe !

La mise en œuvre du PDEDMA (prononcé « pèdma ») par le Président GILLOT est sans doute l’occasion d’une réflexion sur ce véritable défi que doit relever toute notre communauté.
Quel défi pour la Guadeloupe ? Quelles ambitions pour chacun et pour tous ? Quels chantiers ouvrir ?
Lorsque l’on lit la liste des personnes concernées par ce « Plan »on est impressionné par leur nombre et bien entendu leur qualité. Quoique à la réflexion il manquerait nommément quelques personnages importants : leur absence faisant d’ailleurs penser à des lapsus révélateurs
• Quelqu’un qui représente plus du tiers de notre population et qui a un rôle essentiel à jouer dans ce défi. Car ce défi ne peut être relevé que sur plusieurs années sinon plusieurs générations ou décennies. Vous avez deviné ; il s’agit du Recteur de l’Académie de la Guadeloupe. Rien de positif ne pourra être fait dans ce domaine comme dans tant d’autres sans y associer étroitement les enfants.
• Un autre groupe de personnes sans lesquels il serait utopique de lancer un tel défi. Il s’agit de ceux qui détiennent les statistiques et qui sont en charge de les mettre à disposition ! l’INSEE, les DOUANES et autres collecteurs d’information. Suis-je très méchant si je déclare que nous traitons nos statistiques comme nous traitons nos déchets. Nous les éliminons… prononcez en scandant chaque syllabe ! c’est encore plus méchant.
• N’a-t-on pas aussi omis de faire venir à la table les collecteurs d’huile ! il serait par exemple très intéressant de faire avec eux le bilan de ces opérations de collecte financées par des fonds publics prélevés directement sur le consommateur (Taxe sur l’essence et taxe sur les importations d’huile). Ce travail des collecteurs d’huile est sans aucun doute de très grande utilité pour l’environnement et c’est peut-être ici le moment de demander aux statisticiens de sortir les deux chiffres suivants : Tonnage des huiles importées par la Guadeloupe, Tonnage des huiles exportées ; le rapport des deux chiffre caractérise l’efficacité de cette collecte d’huile. Le solde non collecté partant irrémédiablement à la mer : il suffit de passer devant la mangrove de Jarry pour s’en rendre compte ou d’admirer les jolies tâches irisées de nos plans d’eau à l’émergence des égouts de nos villes.
• Mais à la réflexion, il manque aussi les professions médicales et paramédicales qui eux génèrent des déchets particulièrement sensibles qu’il faut aussi prendre en charge. Et dieu seul sait comment cela sera difficile d’aller chercher les dits déchets sensibles chez le dentiste, le podologue, le gynécologue, le chirurgien…
• Enfin à mon sens il manque quelques spécialistes de la fiscalité des déchets, qui devront avoir la très lourde tâche d’intégrer l’outre-mer français au système Européen de financement et de taxation pour la prise en charge intégrale par les producteurs de leur produit du début jusqu’à leur fin de vie. Oh je n’irais pas jusqu’à demander la continuité territoriale pour les déchets : quoique la loi de Madame VOINET, concernant l’AMIANTE aura coûté très cher à la Guadeloupe en terme de rapatriement vers des centres spécialisés et ce fibro ciment parfaitement inoffensif.
Faut-il se mobiliser pour relever ce défi ? La réponse attendue est oui ! Mais alors pourquoi ce sigle barbare qui contient un mot particulièrement inquiétant : Elimination ! Peut-on d’ailleurs éliminer des déchets. Oui sans doute ! Mais pourquoi ne pas valoriser ces déchets ! Le terme n’est pas inventé il existe sur la première ligne des objectifs décrits par la loi, mais on a tout de même maintenu ce mot « élimination ». Voici à titre d’information le sens donné à ces deux mots dans le glossaire officiel du Code de l’Environnement.
Et cela change tout d’utiliser tel mot au lieu de tel autre. Je trouve le second mot « Valorisation », plus ouvert, plus évocateur, plus motivant, plus mobilisateur, plus incitatif que la simple « élimination » que le code de l’environnement essaye de nous faire digérer. Alors éliminons ce terme « Elimination » et tentons ensemble de « Valoriser » nos déchets au risque évident de succomber au syndrome de l’orpaillage. Nous ne disons pas que l’Orpaillage est condamnable… nous disons qu’il faut une vision du tout pour bien appréhender le phénomène très complexe de valorisation des déchets.

Orpaillage : Terme générique recouvrant la recherche de pépite d’or avec des techniques qui amènent l’orpailleur à conserver par devers lui sa découverte et à abandonner à la collectivité la gangue souvent contaminée par des métaux lourds. En Guadeloupe l’orpaillage consiste à récupérer des déchets parfaitement réutilisable, commercialisable dans des circuits de matières premières et de laisser le reste des déchets aux bons soins des collectivités.
Alors motivons, mobilisons, incitons surtout les jeunes à valoriser les déchets ! Demandons que la loi soit modifiée et que la France comme la Guadeloupe se dote d’un Programme de Valorisation des Déchets et non pas d’un plan d’élimination…
Dans un Rapport au Conseil Général de la Guadeloupe, en date du 09 juin 2005, tout est dit ou presque.
Primo le bilan est fait de nos actions antérieures et sans tirer sur l’ambulance, force est de constater que nous avons TOUS été nul. Certains diront que c’est la faute de Jacques ou de Paul. Non c’est la faute de tous et de chacun ; Commerçants, Agriculteurs, Industriels, Restaurateurs, Usagers, Consommateurs, Publiciste, Elus, Responsables Administratifs, Transporteurs, Adultes, Enfants… Chaque individu tant au niveau de sa profession que dans son vécu familial agit et produit des déchets… Si chacun accomplit le geste qui « valorise », nous aurions gagné. Pour le moment chacun élimine ses déchets comme on se débarrasse de quelque chose de gênant.
Secundo le plan propose des actions tenant compte de l’évolution des techniques de traitement des déchets, la prise en compte des réalités locales, le dimensionnement des incinérateurs. N’a-t-on pas peur en reprenant les mêmes et en repartant dans cette logique d’élimination que l’on aille encore une fois de plus dans le mur !
Il faut à coup sur changer les orientations pour relever ce défi et gagner enfin ! Gagner quoi, me direz-vous !
• Gagner une Guadeloupe plus belle et plus accueillante : pensez vous que se soit raisonnable de laisser fumer le long du Chameau aux Saintes cette hideuse décharge publique. Ou que le quartier de Grand-Camp vive dans la hantise des pannes d’alisées, ou encore d’attendre que les riverains bloquent les accès à un site de dépôt…
• On peut aussi Gagner une mer Caraïbes plus propre. Car nous aurions tord de ne pas prendre conscience que nous sommes un tout petit bateau dans cette belle mer dite des caraïbes ; et chaque fois que nous jetons quelque chose par terre, ce déchet arrive ir-ré-mé-dia-ble-ment à la mer.
• Gagner des emplois pour nos enfants : Et c’est un motif supplémentaire pour que l’Education nationale soit présente au sein du Comité de Pilotage. Dans ce domaine comme dans tant d’autres il existe des emplois à créer et donc des formations à initier pour anticiper…
Nous sommes des PIEDs.
Un récent colloque à l’île Maurice a démontré la très grande vulnérabilité des petits états insulaires en développement PIED. La Guadeloupe est un petit état insulaire en développement et devrait se sensibiliser à cette vulnérabilité qu’elle se cache quelques fois. C’est pour cette raison que nos députés seraient bien inspirés de relire cette loi sur les Plan départemental d’Elimination des Déchets et y faire inclure les nécessaires adaptations tenant compte de cette particularité de nos départements insulaires et pour la Guadeloupe archipélagiques.
Les déchets triés deviennent comme par miracle des matières premières cotées sur le marché.
C’est une banalité de Rudologue d’affirmer que le déchet trié est une matière première au même titre que toutes les autres. Alors admettons que la Guadeloupe dispose d’une matière première intéressante à plus d’un titre : ses déchets. Quels tonnages, quelle valeur ajoutée, quel potentiel en terme de balance des échanges, combien d’emploi à la clé si nous procédions au tri de nos déchets ? Autant de questions auxquelles il s’agirait de répondre rapidement : et c’est tout l’utilité de la présence de l’INSEE dans ce groupe de travail pour la préparation du Plan Départemental.
L’indispensable chaîne du transport.
Je ne dispose pas de tous les éléments permettant une analyse exhaustive de la situation, et je laisse à votre sagacité les questions suivantes qui concernent nos déchets.
• La logistique est-elle une des clés de la valorisation des déchets. Et si oui quel rôle doit-il jouer ?
• Les déchets triés constituent-ils des « Matières Premières ». Et dans ces nouveaux marchés le « Transport » est-il l’élément le plus rémunérateur.
• Le manque d’informations statistiques est-il un handicap pour la définition d’une bonne stratégie en terme de valorisation des déchets ?
• Le WCISW de l’OMI, (procédure de classification de la Caraïbe en ZONE SPECIALE est-il abandonné). Et si oui, faut-il et comment la relancer ?
• Le Port de Basse-Terre peut-il bénéficier d’une stratégie spécifique sur le marché des Matières Premières issues des Déchets Triés en Guadeloupe ou ailleurs.
• Quel est le potentiel du marché des matières premières issues des déchets triés en terme de trafic export et d’amélioration de la balance extérieure (un Euros c’est un Euros… et c’est même un peu plus que 6 Francs !).
• Dans la perspective du tri sélectif en Guadeloupe, qui peut faire le bilan des différentes filières (huiles usagées, ferraille, papier, verre, plastique, palettes, aluminium, cuivre…) ?
• Quelle est l’incidence du sur emballage des produits reçus en Guadeloupe. Le Conteneur est-il déterminant pour ce sur emballage ?
En conclusion provisoire et brève :
Pour relever ce défi de la valorisation des déchets, Il ne nous reste trois choses
• Primo : comprendre que nous devons réduire nos déchets,
• Secundo : admettre qu’il faut trier nos déchets
• Tercio : réduire et trier nos déchets.
C’est un défi collectif, et si nous le relevons le reste nous sera donné soient : richesse, prospérité et santé pour tous et pour chacun.
PS : Vous pouvez d’ailleurs commencer tout de suite en accomplissant ce petit geste d’économie !
N’imprimez ce message, que si nécessaire !

Un commentaire sur “Priez pour nous ! les orpailleurs trient un peu pour nous et beaucoup pour eux !

  1. Il est vrai que nous devons penser en terme de valorisation plutôt que d’élimination.
    Il est vrai aussi qu’en Guadeloupe, nous possédons des énergies renouvables qu’il convient de développer.
    Il est vrai que si en terme de gestion des déchets notre pays a du retard, nous ne devons nous en prendre qu’ à nous même.
    Mais, je me pose la question.
    Pourquoi la France hésite à développer les agro-carburants ? Nous avons la canne à sucre.
    Pourquoi, EDF ne permet qu’aux individus éloignés du réseau, de bénéficier du photovoltaïque ?
    Les accords mondiaux, la diplomatie mondiale, les stratégies géopolitiques gouvernent ce monde. Car aujourd’hui, nous ne pouvons plus penser uniquement en terme d’identité nationale car nous faisons parti d’un « tout monde ».
    Monsieur Fillon a dit « Soyez plus autonome ». Il a biensur raison mais cela prendra du temps malgré l’urgence des problèmes. Il nous faut d’abord pense « UNITE ».
    La gestion des déchets passe aussi par cette notion d’unité des acteurs.
    Et si nous devons sensibiliser notre jeunesse, donnons-leur les moyens !

    J’aime

Laisser un commentaire