On chaltouné pou Nèg mawon ! Un Flambeau pour un Nègre Marron ! Jean-Claude GLANDOR

Zanfan, Kouté !

Les Enfants, Ecoutez !

Kouté Zanfan, détwa pawol maké

Ecoutez les enfants, deux ou trois phrases écrites

Pou mémwa pa pèd.

pour que la mémoire ne soit pas perdue

 

Yo té la,

Ils étaient là,

Alèz kon blèz si lafalèz,

A l’aise, comme Blaise sur la Falaise,

Té ka alé tibilanm-tibilanm,

Il vivait tranquillement, tranquillement,

Ka viv jou kon Bondyé fè-y…

Dégustant les jours tels que le Seigneur les avait faits

 

Way way, onsèl wélélé !

Aïe ! Aïe ! Un seul tremblement

Agoulou granfal débaké, yo rivé !

L’Ogre aux grandes dents débarquait, Ils sont arrivés

Nonm, fanm, zanfan,

Les hommes, les femmes, les enfants

Yo kinbé yo… yo vann yo…

Ils les ont attrapes… ils les ont vendus

Yo chouboulé yo,

Ils les ont bousculés

Sété koumansman a soufwans!

C’était le tout début de la souffrance ¡

 

Davwa déoutwa gran grèk decide

Parce que deux ou trois grands Grecques avaient décidé

Ki sé koulè a po ki ka ba-w nanm

Que c’est la couleur de la peu qui donne une âme.

É pa Bondyé,

Et surtout pas le seigneur ¡

Sété koumansman a soufwans!

C’était le tout début de la souffrance ¡

 

Yo désidé ki nwè

Ils ont décidés que le noir

Sé fanmi a « neg », « néfaste»,

C’est synonyme de nègres, néfaste

« négatif », « nul importance »,

Négatif, sans importance

Sété koumansman a tribilasyon !

C’était le commencement des déportations

Onsèl dézòd, onsèl kounjay,

Un seul désordre, un seul pogrome

Chalbari a soufwans,

Charivari de la soufrance

Chenn, fouet, kri…

Les chaînes, le fouet, les cris

Sé sa nou kriyé « Esklavaj » !

Et ce fut ce que nous appelons l’esclavage !

 

E tan fè tan…

Et le temps passait

 

Mé ka ki rivé ?

Mais qu’est-il donc arrivé ¿

Kloch, konn a lanbi, chyen?

Les clôches, les conques de lambi, les chiens ?

Onsèl voukoum an bitasyon!

Une seule bousculade dans les habitations

Ka i rivé? Ka i pasé?

Mais que s’est il passé, qu’est-il arrivé

Dotwa nèg chapé!

Deux ou trois nègres se sont échappés

Yo pran bwa! Yo fann kann!

Ils gagnèrent la forêt, ils traversèrent les champs de canne

Toutmoun ka mandé

Tout le monde demandait

« Mé a aki yo! »,

Mais qui sont-ils

An kijan ? Pouki ?

Et pourquoi, et comment ?

Mé ou kouri nonm,

Mais tu as couru ! Homme

Ou kouri, ou kourindibout é ou pran bwa.

Tu as couru, tu as couru debout, au travers des bois

Ou pèd souf,

Tu as perdu le souffle

Ou pèd souf a lesklav é ou touvé souf a libèté !

Tu as perdu le souffle de l’esclave et trouvé celui de la liberté

Souf a batèm

Le souffle du bapthème

Kifè ou Nèg Mawon !

Et c’est comme cela que tu es devenu le Nègre Marron

 

MaïnMouni, Makandal

MaïnMouni, Makandal

E dot anko,

ET d’autres encore

Zot wouvè vwa,

Vous avez ouvert le chemin

Tras a lavi pou nasyon nèg.

La trace de la vie pour la nation nègre

Mizi a mizi

Petit à petit

On dégréné vini on krèy.

Une poignée devint un peuple

Krey a lespwa

Le peuple de l’espoir 

A dèmen souplè a Dyé.

A demain s’il plait à Dieu

 

Koudoum koudoum plakata !

Koudoum koudoum plakata !

Sété son a lespwa,

C’était le son de l’esclavage

Lespwa a men si po a kabrit.

L’espoir des mains tapant la peau tendue de cabris

E tanbou lwen ni bon son!

Et les tambours au loin résonnent encore plus fort !

Mé sèten foumi pòté zòt nouvèl !

Mais nous sommes certains que des fourmis vous ont apporté

Wi, nouvèl a tras,

Oui des nouvelles des traces

Tras zòt lésé é ki fè litwa.

des traces que vous avez laissées et qui font notre histoire

 

Solitid, Ignace, Dèlgrès, Massoto, …

Solitude, Ignace, Dèlgrès, Massoto

Nèg mawon, …

Nègres Marrons…

Nèg mawon pou lavi !

Nègres Marron pour la vie

 

Es nou jòdi,

Et nous sommes aujourd’hui

Zanfan a fanm é nonm dibout,

Fils de Femmes et d’Hommes debout

Nou paré

Nous sommes prêts

Pou chajé pwa a listwa?

À supporter le poids de l’histoire

Listwa a penn,

L’histoire de la peine

Jwa, soufwans a tout Nèg mawon

De la joie et de la Souffrance de tous les Nègres Marrons

Kifè si jòdi jou,

Ce qui fait qu’aujourd’hui,

Nou fanm é nonm lib!

nous sommes des femmes et des hommes libres !

 

Byen mèsi pou grenn sèl aw an listwa a limanité!

Merci bien pour ce petit ajout dans l’histoire de l’Humanité.

 

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