Zanfan, Kouté !
Les Enfants, Ecoutez !
Kouté Zanfan, détwa pawol maké
Ecoutez les enfants, deux ou trois phrases écrites
Pou mémwa pa pèd.
pour que la mémoire ne soit pas perdue
Yo té la,
Ils étaient là,
Alèz kon blèz si lafalèz,
A l’aise, comme Blaise sur la Falaise,
Té ka alé tibilanm-tibilanm,
Il vivait tranquillement, tranquillement,
Ka viv jou kon Bondyé fè-y…
Dégustant les jours tels que le Seigneur les avait faits
Way way, onsèl wélélé !
Aïe ! Aïe ! Un seul tremblement
Agoulou granfal débaké, yo rivé !
L’Ogre aux grandes dents débarquait, Ils sont arrivés
Nonm, fanm, zanfan,
Les hommes, les femmes, les enfants
Yo kinbé yo… yo vann yo…
Ils les ont attrapes… ils les ont vendus
Yo chouboulé yo,
Ils les ont bousculés
Sété koumansman a soufwans!
C’était le tout début de la souffrance ¡
Davwa déoutwa gran grèk decide
Parce que deux ou trois grands Grecques avaient décidé
Ki sé koulè a po ki ka ba-w nanm
Que c’est la couleur de la peu qui donne une âme.
É pa Bondyé,
Et surtout pas le seigneur ¡
Sété koumansman a soufwans!
C’était le tout début de la souffrance ¡
Yo désidé ki nwè
Ils ont décidés que le noir
Sé fanmi a « neg », « néfaste»,
C’est synonyme de nègres, néfaste
« négatif », « nul importance »,
Négatif, sans importance
Sété koumansman a tribilasyon !
C’était le commencement des déportations
Onsèl dézòd, onsèl kounjay,
Un seul désordre, un seul pogrome
Chalbari a soufwans,
Charivari de la soufrance
Chenn, fouet, kri…
Les chaînes, le fouet, les cris
Sé sa nou kriyé « Esklavaj » !
Et ce fut ce que nous appelons l’esclavage !
E tan fè tan…
Et le temps passait
Mé ka ki rivé ?
Mais qu’est-il donc arrivé ¿
Kloch, konn a lanbi, chyen?
Les clôches, les conques de lambi, les chiens ?
Onsèl voukoum an bitasyon!
Une seule bousculade dans les habitations
Ka i rivé? Ka i pasé?
Mais que s’est il passé, qu’est-il arrivé
Dotwa nèg chapé!
Deux ou trois nègres se sont échappés
Yo pran bwa! Yo fann kann!
Ils gagnèrent la forêt, ils traversèrent les champs de canne
Toutmoun ka mandé
Tout le monde demandait
« Mé a aki yo! »,
Mais qui sont-ils
An kijan ? Pouki ?
Et pourquoi, et comment ?
Mé ou kouri nonm,
Mais tu as couru ! Homme
Ou kouri, ou kourindibout é ou pran bwa.
Tu as couru, tu as couru debout, au travers des bois
Ou pèd souf,
Tu as perdu le souffle
Ou pèd souf a lesklav é ou touvé souf a libèté !
Tu as perdu le souffle de l’esclave et trouvé celui de la liberté
Souf a batèm
Le souffle du bapthème
Kifè ou Nèg Mawon !
Et c’est comme cela que tu es devenu le Nègre Marron
MaïnMouni, Makandal
MaïnMouni, Makandal
E dot anko,
ET d’autres encore
Zot wouvè vwa,
Vous avez ouvert le chemin
Tras a lavi pou nasyon nèg.
La trace de la vie pour la nation nègre
Mizi a mizi
Petit à petit
On dégréné vini on krèy.
Une poignée devint un peuple
Krey a lespwa
Le peuple de l’espoir
A dèmen souplè a Dyé.
A demain s’il plait à Dieu
Koudoum koudoum plakata !
Koudoum koudoum plakata !
Sété son a lespwa,
C’était le son de l’esclavage
Lespwa a men si po a kabrit.
L’espoir des mains tapant la peau tendue de cabris
E tanbou lwen ni bon son!
Et les tambours au loin résonnent encore plus fort !
Mé sèten foumi pòté zòt nouvèl !
Mais nous sommes certains que des fourmis vous ont apporté
Wi, nouvèl a tras,
Oui des nouvelles des traces
Tras zòt lésé é ki fè litwa.
des traces que vous avez laissées et qui font notre histoire
Solitid, Ignace, Dèlgrès, Massoto, …
Solitude, Ignace, Dèlgrès, Massoto
Nèg mawon, …
Nègres Marrons…
Nèg mawon pou lavi !
Nègres Marron pour la vie
Es nou jòdi,
Et nous sommes aujourd’hui
Zanfan a fanm é nonm dibout,
Fils de Femmes et d’Hommes debout
Nou paré
Nous sommes prêts
Pou chajé pwa a listwa?
À supporter le poids de l’histoire
Listwa a penn,
L’histoire de la peine
Jwa, soufwans a tout Nèg mawon
De la joie et de la Souffrance de tous les Nègres Marrons
Kifè si jòdi jou,
Ce qui fait qu’aujourd’hui,
Nou fanm é nonm lib!
nous sommes des femmes et des hommes libres !
Byen mèsi pou grenn sèl aw an listwa a limanité!
Merci bien pour ce petit ajout dans l’histoire de l’Humanité.