Président !

La transfert de la Banane vers JARRY, l’éruption de la Soufrière, et maintenant la disparition annoncée de la CCI de Basse-Terre… Et pourtant elle bouge cette bonne vieille Capitale de la Guadeloupe, je dirais même qu’elle se bouge !

Celui qui représente le mieux cette volonté de vivre envers et contre tout est incontestablement celui que l’on appelle affectueusement « Le Président », sous entendu le Président de la Chambre de Commerce de Basse-Terre. Mais pour la famille et les intimes c’est tout simplement « Gérard » de son prénom.

C’est un homme de taille moyenne, un peu trapu, bien sur ses jambes pour ne pas dire bien dans ses baskets, très sur de lui, l’humour au bout des lèvres, l’oeuil étincellant de malice, mais surtout dangereux par son extraordinaire capacité à succiter des « Oui » lorsque la logique, le manque de temps, ou tout autre raison inciterait à répondre « Non ».

Mais je ne peux pas séparer Gérard de son complice Germain… c’est d’ailleurs dans le Bureau de Germain WILLIAM Secrétaire de la CCI de Basse-Terre que j’ai fait pour la première fois la connaissance de Gérard : je m’apprétais à lui laisser la place, puisqu’il ne semblait pas prendre en considération le fait qu’il interrompait une conversation… Reste assis me dit Germain… le Dossier de Gérard je ne m’en souviens plus… mais c’est de ce jour qu’est né une certaine relation entre lui et moi je devrais dire entre eux et moi… Je me découvrais des talents d’avaleur de dossier que je restituais par de petites notes de synthèse…

Gérard est sans doute l’homme des défis, l’homme des discours, l’homme des occasions, l’homme des amitiés… et pour parler de lui pourquoi ne pas évoquer quelques épisodes de sa vie de combat.

Lucette :

Oui lepremier combat qu’il faut citer est incontestablement cet acte de courage lucide ou inconscient : s’interposer entre Lucette et un cocktail molotov lancé par une main criminel. celà lui aura valu beaucoup de soufrance pour essayer, opération après opération, de retrouver un visage présentable… En le regardant, Gérard, on peu encore lire les traces de cet acte innomable, mais ce ne sont plus les cicatrices du visage qui sont quasiment effacée… ce sont les yeux qui brillent d’une petite lueur de peur ou de chagrin on ne sait.

La Soufrière :

Mais bien entendu qu’il fallait évacuer la région… Mais Gérard n’avait qu’une idée en tête… une entreprise devait demeurer dans la zone et cette entreprise était l’entreprise au service des entreprise c’est à dire la CCI de Basse-Terre. Le dimanche ce fut le grand départ… le mardi suivant la CCI était ré-implantée au plus près de Basse-Terre c’est à dire à Vieux Fort dans une petite salle offerte par le Maire de cette magnifique commune.

Et c’est delà que furent immaginés, lancés puis menés tous les combats pour que Basse-Terre reprenne vie au plus vite. Et Basse-Terre repris vie avec obstination. Gérard refuse d’endosser la paternité de ce retour et l’attribue à son équipe qui une fois de plus l’aura suivi. Quelle équipe ! Elle fut constituée un jour où Gérard eut le courage de venir voir Pierre son Président pour lui dire qu’il devrait lui laisser sa place car il avait la conviction que sa ville avait besoin de lui. Et ce vote à l’unanimité moins une voix sonna la charge contre les malfaisantes idées que la Guadeloupe ne devait choisir qu’une seule voie celle de l’omni présence de Pointe-à-Pitre… Les Guadeloupéens se rendait-il compte de l’apport de ce bicéphalisme POINTE-A-PITRE – BASSE-TERRE… Cette rivalitée de tradiction n’en est pas une ! C’est de richesse dont il s’agit ! Qu’aurait pu imaginer la CCI de Pointe-à-Pitre avec une terre menacée par un volcan ! Surement pas ce que la CCI de Basse-Terre a mis sur pieds : vivre avec son Volcan ! délivrer des permis de construire alors même que l’état décrétait la zone NON EDIFICANDI… imaginer des procédures fiscales spécifiques pour permettre la création de la Zone Industrielle de Baillif… monter des scénarii incomparables pour faire jaillir la belle zone de Rivière-Sens… Oui la CCI de Basse-Terre a jouer son rôle, a tenu son rang et ne doit pas avoir honte de son passé… Alors au moment ou elle va disparaître de la carte des Chambres françaises au bout de 150 années d’existance, il faut bien admettre que l’avenir existe encore.

C’est sans doute le témoignage que Gérard peut apporter en feuilletant avec nous son histoire…

Son Bureau :

Si vous avez la chance de traverser ce Bureau, vous serez charmé par l’élégance des choses qui s’y trouvent… Les vitrines, le Bureau lui même, les fauteuils… au mur la photo de Gérard recevant du Président Miterrand l’insigne de Commandeur de la légion d’Honneur… et sur une étagère, l’intégralité des oeuvres de Germain WILLIAM ; Défenses et Illustration de la Langue Créole…

Les Grands discours !

Gérard c’est aussi quelques très beaux discours prononcés dans des circonstances exeptionnelles… Un certain Préfet de Guyane s’en souvient de s’être refusé la communication d’un de ces papiers ! Ces discours qui s’élaborait dans le Bureau de Germain… Tapés par la toujours souriante Madame Georges, Splendide jeune femme toujours attentive au moindre détail… Ces discours était avant la « lettre » la « tornade des cerveaux »… Gérard et Germain se renvoyant la balle, les idées, les conceptes, les bons, mots, les truculences, les souvenirs… j’ai eu le privilège d’assister à une ou deux séances de « brins storming » et d’oser ajouter mon grain de sel dans une sauce déjà forcément bien pimentée… Alors Gérard s’en allait et Germain prenait sa plume et écrivait ces discours fameux… Madame Georges tapait sur sa belle machine IBM à boule… Les caractères étaient à bonne fonte pour mieux permettre la lecture…

La Banane !

N’a-t-on pas parlé d’Or Vert à propos de ce fruit qui devient effectivement Jaune Or lorsqu’il est à point d’être dégusté. Oui l’or vert qui aura permis à la Transat de lancer sur l’atlantique les bananiers puis à la CGM de lancer sur le même océan les fameux PCRP (Porte Conteneurs Réfrigérés Polivalents). L’Or jaune qui aura fait la fortune de quelques planteurs… et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Basse-Terre était quasment une Chambre d’Agriculure à engranger les recettes des orpailleurs du nouveau genre… Des Orpailleurs capables de faire construire un quai spécialisé pour exporter le précieux végétal. Mais les PCRP, ne sont jamais venus à Basse-Terre et la CCI de Basse-Terre su se reconvertir vers d’autres activités pour survivre à ce choc…. Perdre ses dockers, perdre son trafic, perdre presque sa vie… Mais survivre tout de même…

         

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