Les Congolais sont plutôt fins au départ lorsqu’ils veulent draguer. Ils ne vont pas droit au but comme certains. C’est au fur et à mesure que l’échange se rallonge, que l’intensité croit dans les formules douces et flatteuses. Mais rien de concret n’est dit. » En fait, nous prenons notre temps pour faire la cour à une femme. Cela nous vient de la musique, la rumba congolaise. Elle démarre lentement puis le son se gonfle de vibrations qui explosent à un moment que seuls l’artiste et ses musiciens auront choisi pour le bonheur de celui qui écoute « , déclare, avec chaleur et fierté, Omar Ilongo, responsable clientèle de l’hôtel Fontana à Kinshasa. La limite, pour ce Congolais, entre la rumba et l’amour, est bien mince. Mais a-t-il réellement tort ? Quand on écoute le doux balancement des vents, les lignes de guitares serrées et le susurrement de la voix suave qui rentrent dans la confection de la rumba, on ne peut que lui donner raison. Surtout que c’est ce rythme particulier qui, au début des années 1950, a permis au reste du monde de découvrir et de respecter la musique ce pays.
Ce sont des orchestres qui ont contribué à bâtir la renommée de la musique congolaise, notamment Ryco-Jazz, Begen Band, Bantu-Jazz, African-Fiesta, African-Jazz, Ok-Jazz, Tembo, Cercul-Jazz, Nzoy, Mando-Negro, Negro-Band, Negro-Succès, Les Maquisards, Pool Malobo Ochestra, Afrizan, Sosoliso, Cepakos, etc. « La musique congolaise dite moderne est, dès sa naissance en Afrique noire, ce qu’est la musique cubaine en Amérique latine. Elle s’identifie, dans ses nombreuses caractéristiques et appellations, tout particulièrement dans et par la Rumba, déformation hispanique de Nkumba, la danse Koongo signifiant » la danse du Nombril Contre Nombril » popularisée en Amérique Latine et particulièrement à Cuba par les esclaves originaires du royaume Koongo », explique Joseph Kalamu, enseignant à l’Institut national des arts (Ina), qui forme des artistes plasticiens et des musiciens.
Remontant l’histoire, l’enseignant indique que le génie de la musique congolaise date de plusieurs siècles car » Le Chevalier de Saint Georges, de son vrai nom Joseph Boulogne, fut une star incontestable du Paris musical de la seconde moitié du 18ème siècle. Né le 25 décembre 1745, ce Congolais noir qui influença le Voltaire de la musique, donc Mozart, a été suivi dans ce travail de construction par Nicolas Kasanda, plus connu sous le non de Dr Nico et Papa Kourand qui, avec Paul Kamba, ont crée la rupture en introduisant la guitare acoustique dans la rumba au lieu de la Sanza ou Likembé comme l’instrument de base. »
Occasion de visiter un site Africain de bonne facture.
Et de rappeler que lelivre illustré pour enfant consacré à la vie et l’oeuvre du Chevalier de Saint-Georges est traduit en Wolof et en Punu… et qu’il est bien né en … Guadeloupe !