Or donc, dans son temps, la Municipalité de Paris décide de renommer la rue Richepanse en Rue du Chevalier de Saint-George.
Mais ce faisant commet quelques erreurs dans le libellé de la plaque qui est affichée. Erreurs sans doute mais aussi des ommissions suffisemment importantes pour que quelques personnes s’en émeuvent.
Monsieur Gabriel BANAT prend sa belle plume et écrit à Monsieur le Maire de Paris pour lui indiquer les anomalies de cette plaque.
Réponse du Chef d’édilité : « je corrige et vous propose un nouveau libellé.
Dans cet échange entre Monsieur Gabriel BANAT et Monsieur Bertrand DELANOE, je n’interviens pas ! estimant que l’essentiel est que Saint-Georges soit belle et bien à Paris d’une certaine manière sa ville, qui plus est dans son quartier.
Et subitement nous recevons un message de Monsieur RABBE Philippe qui se présente comme le responsable du CMAI Dom- Tom, (Centre Municipal d’Accueil et d’Information).
C’est la structure de la Ville de Paris en charge de l’insertion des Parisiens originaires de l’outre-mer français ; il dépend de la Délégation Générale à l’outre-mer de la Ville de Paris dont il est l’interface opérationnelle et est rattaché actuellement au Cabinet du Maire.
Le CMAI comprend un pôle culturel et a appuyé la décision municipale de rebaptiser l’ancienne rue Richepance, rue du Chevalier de Saint-George.
Monsieur RABBE se dit chargé par le délégué général d’une petite enquête au sujet de la graphie du nom du Chevalier.
Nous donnons alors notre avis et proposons dans une lettre circonstanciée un nouveau libellé. Voici in extenso le contenu de cette lettre adressée à Monsieur Philippe RABBE :
Monsieur
J’ai l’honneur d’accuser réception de votre très aimable demande par laquelle vous me sollicitez sur le point de savoir quelle orthographe adopter pour le « Chevalier de Saint-Georges » et pour la plaque de sa rue.
Je profite de cette occasion pour féliciter une fois de plus le Conseil Municipal de Paris de cette décision d’honorer notre compatriote Guadeloupéen.
Je vous précise que je travaille depuis des décennies sur ce personnage et en 2006 avec un groupe d’amis nous avons publié, pour les plus jeunes, un livre illustré consacré au Chevalier Saint-Georges. Ce livre vient d’ailleurs d’obtenir le Prix du Palais Littéraire et Musical.
Par ailleurs ce livre édité par le CRDP de la Guadeloupe et soutenu par la DRAC de Guadeloupe, le Conseil Municipal de Baillif, le Rotary International a été accrdité sur la « Route de l’Esclave par l’UNESCO.
Ce livre enfin a été utilisé par le collège Victor HUGO de Saint-Yorre pour une action pédagogique exeptionnelle menée pendant toute l’année scolaire 2006-2007 ; cette action qui s’est terminée par un spectacle donné le 10 mai 2007 à Vichy par 150 excécutants a été couronnée par le Prix des Droits de l’Homme René CASSIN en décembre 2007. Le livret avec DVD racontant cette aventure sera présenté à la Presse le 10 avril prochain.
Je peux donc d’une certaine manière m’exprimer sur ce sujet.
Avant d’évoquer le « S » de Georges, je tiens à vous signaler deux autres éléments qui revêtent pour nous une certaine importance.
Esclave
Joseph est fils d’esclave puisque enfant de Nanon, esclave elle-même et fille de Marguerite, aussi esclave ; lui-même est né esclave par le fait du code noir. Ne pas porter cette mention serait un très regrettable oubli sinon une erreur.
Escrimeur
Il serait aussi dommage d’omettre ce terme tant le Chevalier aura marqué son époque par son talent et continue à être, aujourd’hui encore et pour toutes les salles d’escrime artistique, « le Dieu des Armes ».
A propos du « S »
Venons-en donc à ce fameux « S ». Pour ma part et celle des Amis de Saint-Georges il n’y a aucun doute sur le fait que l’on puisse écrire, à sa guise, Saint-Georges avec ou sans « S ».
A ce sujet nous serions plus enclins à adopter la position de Monsieur Gabriel BANAT, éminant spécialiste du Chevalier, qui vient de vous écrire et qui demeure pour nous la référence.
Mais en Guadeloupe il est aussi une tradition jamais démentie d’écrire Saint-Georges avec un « S », pour ainsi dire « à la Française ».
Par ordre chronologique nous pouvons évoquer :
- 1912 : la Mairie de Basse-Terre donne le nom du Chevalier de Saint-Georges à la rue anciennement dénommée rue de Bologne.
- 1949 : Monsieur Gaston Bourgeois écrit un important ouvrage sur le Chevalier et utilise Saint-Georges avec « s »
- 1976 : Monsieur Odet DENYS, Avocat, Magistrat, Originaire de Guadeloupe découvre le vrai nom du Père du Chevalier Georges de Bologne et écrit Georges et Saint-Georges avec « S ».
- 1996 Monsieur le regretté Professeur Emile SMIDAK publie un important ouvrage qui sera diffusé dans TOUTES les Bibliothèques Universitaires de la Planète et écrit Saint-Georges avec « S » même dans la traduction anglaise de l’ouvrage. Cet ouvrage est accompagné d’une intégrale des oeuvres concertantes du Chevalier en 5 CD d’une exeptionnelle qualité.
Et nous passons sur d’autres historiens, Musiciens, Escrimeurs, musicologues, romanciers ou chercheurs, de toutes époques qui écrivent Saint-Georges avec « S » :
Henri BANGOU, Sylvie CHALAYE, Luc NEMETH, Daniel MARCIANO, Dominique René DELERMA, Jean-Paul HERVIEUX, JC PROD’HOMME Edward SCOBIE, Oruno LARA, Lionel de La LAURENCIE, Roger de BEAUVOIR, Texier de la Boëssière, Roland BRIVAL, Barry BROOK, Jean GALOIS, le GROVE DICTIONARY…
Aujourd’hui, nous ne voyons aucune raison de changer nos habitudes et préconisons à tous nos amis de persévérer dans cette graphie en hommage à tous nos anciens.
Autres petite précision : les Guadeloupéens lorsqu’ils parlent de leur Chevalier, disent souvent Chevalier Saint-Georges et éludent le « de ».
Par exemple Monsieur Gérard LAVINY le célèbre chanteur dans une biguine consacrée à Saint-Georges inspirée de la symphonie concertante.
Ceci étant dit, il nous semble que comme ce personnage appartient à la Guadeloupe, nous aurions une priorité, voire une certaine légitimité pour proposer l’usage qui nous semble le mieux adapté.
Voici donc en conclusion le libellé de la plaque telle que nous l’aurions souhaité. Ce texte a requis l’avis favorable de Madame Marie-Lucile BRESLAU Maire de la Commune de Baillif, lieu de naissance du Chevalier de Saint-Georges.
Rue Chevalier Saint-Georges
(Ancienne rue Richepance)
(Baillif, 1745-Paris, 1799)
Esclave, Fils d’esclave
Escrimeur, violoniste, compositeur, Chef d’Orchestre
Gendarme de la Garde du Roy
Colonel de la Légion des Américains.
Je vous prie d’agréer Monsieur, l’Expression de mes sentiments les plus respectueux.
Le Président
Ampliation à Madame le Maire du Baillif.
Jean-Claude HALLEY
Maintenant nous allons attendre sagement et voir comment la Bonne Ville de Paris corrigera ses erreurs avec ou sans « S » peu importe !