AVENIRA annonce la sortie imminante de l’Intégrale des Symphonies Concertantes du Chevalier de Saint-Georges sous deux CDs.
Les amateurs de Saint-Georges seront ravis et servis ; d’autant plus que le livret a été élaboré par Madame Michelle Garnier-Panafieu, Maître de conférences d’Histoire de la musique à l’Université Rennes 2, CNRS UMR 2162 (Centre de Musique Baroque de Versailles)
Avec la bienveillante autorisations de la Fondation AVENIRA du regretté Professeur Emile SMIDAK nous extrayons ce morceau de bravour.
Saint-George et la symphonie concertante vers 1770 : une spécificité française
Lorsque l’on évoque la symphonie concertante à l’époque classique, on songe inévitablement à Mozart, à la Symphonie concertante K. 297-b pour quatre instruments à vent (flûte, hautbois, cor et basson 3) qu’il composa en 1778, durant son troisième séjour à Paris, pour la faire exécuter au Concert Spirituel, mais qui n’y fut finalement pas jouée (son authenticité a été souvent contestée), et à la Symphonie concertante K. 364 pour violon et alto, créée l’année suivante à Salzbourg.
C’est oublier que ces deux oeuvres, qui représentent l’essentiel de sa contribution à la symphonie concertante, sont avant tout une synthèse, très condensée dans le temps, de l’influence parisienne et des recherches orchestrales dont il a eu la révélation à Mannheim.
La seule copie connue substitue le hautbois à la flûte et la clarinette au hautbois.
Car c’est à Mannheim, et surtout à Paris, que se développe aux environs de 1770 cette nouvelle forme de musique de concert qui jouit rapidement d’une grande vogue, cette « espèce de Concerto, où les instrumens brillent tous à leur tour, où ils s’agacent & se répondent, se disputent & se raccommodent (…), cette « conversation vive & soutenue », comme la définit le Journal de musique, en août 1770 (p. 23-24).
Quels que soient ses antécédents, ce genre symphonique destiné à deux ou à plusieurs solistes représente une spécificité française, puisque, de 1770 à 1800, les Français en produisirent à eux seuls davantage que l’ensemble des compositeurs européens !
À l’évidence, il reflète une profonde évolution du goût musical provoquée par l’éveil de la bourgeoisie qui, accédant aux salles de concert, manifeste un engouement croissant pour les démonstrations de virtuosité, les sonorités puissantes mises à la mode par l’École de Mannheim (notamment par Johann Stamitz, son fondateur, venu séjourner à Paris), tout en affectionnant le charme de la ligne mélodique.
Mais la symphonie concertante est le fruit d’un autre phénomène, stylistique cette fois, à savoir la pénétration du style concertato ou concertant — c’est-à-dire l’opposition de deux groupes d’instruments (ou de voix) de puissance inégale qui avait été à l’honneur depuis au moins Gabrieli — dans tous les genres musicaux, comme l’atteste le succès du quatuor concertant.
Si l’on observe que, résultant d’une fusion du concerto grosso, du concerto de soliste, du divertimento et de la symphonie, la symphonie concertante marque l’application du style symphonique classique au principe du concertato, on comprend l’enthousiasme qu’elle suscita : tout en satisfaisant au goût de la bourgeoisie pour la musique d’orchestre, elle permettait d’applaudir les virtuoses chargés de l’exécution des parties principales (correspondant au concertino du concerto grosso).
On comprend également l’attrait qu’elle exerça sur toute une génération de jeunes violonistes qui s’adonnaient au concerto de soliste et au quatuor concertant.
Saint-George ne fut pas en reste. Il compte avec Giuseppe Maria Cambini et Jean-Baptiste Davaux parmi les plus célèbres compositeurs ayant excellé en ce genre, qui devait survivre à la Révolution et se perpétuer au XIXe siècle sous l’intitulé de double concerto ou triple concerto (on songe à Beethoven).
… La suite très bientôt dans les kiosques… et en Guadeloupe dans toutes les bonnes librairies puisque nos amis disquaires n’acceptent aucun CD du Chevalier dans leurs bacs au doux motif qu’ils ne tournent pas assez vite.
Nous vous conseillons de réserver ces deux CD par exemple à la Boutique de la Presse ou à La RAMURE au Moule.