Le Chevalier de Saint-Georges précurseur du Quatuor à Cordes ! Note de lecture !

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Une note de lecture d’une grande admiratrice
du Chevalier de Saint-Georges

Joseph Bologne, Chevalier de Saint-Georges, encore peu ou mal connu de bien des mélomanes, aurait-il été parmi les précurseurs du quatuor à cordes ?

 La réponse est oui.

Le quatuor à cordes français naquit à la fin de l’Ancien Régime et se développa, à l’instar de Mozart et surtout de Haydn en Autriche, tout au long de la seconde moitié du 18ème siècle.

Plus de 900 quatuors furent écrits par des musiciens français ou vivant en France et près de 3000 furent édités à Paris pendant cette même période.

Michelle Garnier -Panafieu, dans son excellent ouvrage « L’émergence du quatuor à cordes français au siècle des Lumières » nous fait découvrir la naissance de cette forme musicale :

« Avec ses quatre voix, base nécessaire et suffisante de l’harmonie, destinées à un groupement instrumental immuable caractérisé par son hétérogénéité timbrique (des cordes), il entraîne le compositeur sur la voix d’une ascèse qui le contraint à se concentrer sur l’essentiel, sur le travail de l’écriture dans toute sa pureté, sans pouvoir jouer, contrairement à la symphonie ou au concerto, sur les couleurs ou les choix d’orchestration, sans pouvoir rechercher de quelconques effets »…

magnifique description permettant de comprendre pourquoi musiciens et mélomanes affectionnent tout particulièrement cette forme musicale qui demande tant de rigueur et d’exigence, de la part du compositeur comme de celui des interprètes.

Elle raconte plus loin comment Mozart soi-même fut « éprouvé par l’enfantement » de ses 6 quatuors dédiés à Haydn !

Et tout au long de son livre nous retrouvons, intimement liés à l’histoire de ce demi-siècle des Lumières, des noms qui furent prestigieux à l’époque et si peu joués de nos jours. Ainsi Gossec, Pleyel, Bréval, Vachon, Stamitz, Daleyrac, Cambini, Grétry, Viotti, Cherubini…et Saint-Georges bien sûr, pour ne citer que les plus connus…

Si Saint-Georges est surtout célèbre pour ses symphonies concertantes et ses concertos pour violons, il faut savoir qu’il écrivit dix-huit quatuors à cordes, en trois opus de six quatuors, entre 1773 et 1785. Ces quatuors, dont l’élégance n’a d’égale que la beauté mélodique et souvent nostalgique, sont écrits en deux mouvements. Le violoncelle constitue définitivement la partie de « basse » et n’est plus chiffrée ; c’est la fin de la « basse continue », et la naissance du quatuor à cordes. Les partitions sont en parties séparées.  Nous vous invitons à lire ce passionnant ouvrage de Michelle Garnier-Panafieu, Docteur en musicologie, Maître de conférences d’Histoire de la musique à l’Université Rennes II où elle est membre du centre de Recherches en Histoire et critique des Arts.

Elle est également chercheur au Centre de Musique Baroque de Versailles, où elle donna en juillet 2008 une très belle conférence sur le Chevalier de Saint-Georges. 

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