Nécrologie. Courrier des Spectacles 12 juin 1799.

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Les arts et l’amitié viennent de perdre le cé-
lèbre Saint-George……. Cet homme , le plus
étonnant de son siècle par la variété et la supériori-
té de ses talens , était depuis quelques temps
tourmenté par une fièvre violente qui ne le
quittoit un moment que pour l’assaillir ensuite
avec plus de furie. Son tempérament vigoureux
avoit souvent lutté avec avantage contre cette
maladie cruelle : après un mois de souffrance il a
sucombé le 21 prairial à cinq heures du soir.
Dans ces derniers temps il s’étoit retiré chez un
ami , rue Boucherat , sa mort a été marquée par
le calme du sage et la dignité de l’homme fort.
St-Georges avoit soixante ans passés : né avec
un caractère bouillantet les moyens physiques
les plus prononcés , il fut constament l’appui du
faible et l’antagoniste de l’opresseur ; son urba-
nité, la douceur de ses moeurs et la bonté de
son ame le rendirent toujours cher à ceux qui
cultivèrent sa société ; obligeant , généreux ,
spirituel , galant et sensible , il étoit également
pleuré et par le beau sexe , qui étaoit enthousiste
de ses talents , et par ses amis , qui savoient par-
donner les légers écarts de sa tête , en faveur des
qualités précieuses de son coeur.
Tout le monde connoit la supériorité de St-
George dans les armes : il n’excelloit pas moins
dans la danse , l’équitation , la musique , et
sans exeption dans tous les excercices du corps.
Il composoit avec infiniement de facilité et d’agré-
ment : nous avons de lui quelques opéra dont la
faiblesse des poëmes a empéché le grand succès ;
une foule de romances charmantes , et des con-
certo , dont plusieurs gravés sous le nom du fa-
meux Jarnowich , n’ont pas été désavoués par ce
grand maitre.
Dans les deux dernières années de sa vie il
s’étoit plus particulièrement livré au violon , et
il disoit qu’il n’avait jamais si bien joué de cet
instrument. Enfin , il étoit tellement universel
dans son genre, que (si j’osois risquer cette ex-
pression ) je dirois qu’il fut le Voltaire des Arts
d’agréments.
L’amitié tendre qu’il m’a toujours témoigné et
la conformité de nos goûts , me faisoient une loi
d’ombrager sa tombe du premier cyprès…
Des artitses plus habiles que moi pourront payer
à sa mémoire le tribut d’éloges que ses vertus et
ses talents ont mérités…. mais nul ne sentira
plus vivement sa perte !

J. S. A. CUVELIER

Source Gabriel BANAT

Un commentaire sur “Nécrologie. Courrier des Spectacles 12 juin 1799.

  1. Cher Monsieur !

    Merci d’être venu faire un tour sur mon blog et de vous y être arrêté avec une question.
    Malheureusement, je ne peux vous informer plus sur le spectacle d’Avignon de l’été dernier, puisque comme je l’écrivais dans mon artice, je n’ai pu m’y rendre avec un grand regret, en revanche, voici le lien du site où j’ai trouvé l’info : http://www.fxgpariscaraibe.com, il s’agit de deux journalistes qui pourront probablement bien mieux que moi éclairer votre lanterne.
    En vous souhaitant bonne lecture et découverte et en espérant vous accueillir dans le vent de mes alizés un de ces autres jours,
    @ bientôt
    Keli

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