Ceux qui connaissent Monsieur OBAMA et le suivent depuis son discours on peut le dire maintenant « fondateur » de Chicago (je n’en suis pas) n’auront rien appris de plus lors de l’inauguration du 44 ème Présidents des Etats Unis d’Amérique.
Les journalistes ont boudé ce discours du 20 janvier, déçus de ne pas y trouver la petite phrase marquante qui ferait Tilt.
Pourtant ce texte vaut la peine d’être analysé et compris. C’est sans doute à l’aune de ces mots que l’on jugera l’action de ce nouveau gouvernement du monde.
Voici donc ce texte qui comporte une petite coquille et un belle omission ! Cherchez les !
Cette voix de Monsieur OBAMA est pour beaucoup dans son élection. La lecture de ce discours vous sensibilisera plus à la voie qu’il nous montre.
J’ai donné des titres aux différents chapitre de ce discours pour en facilité la lecture.
Mes chers compatriotes,
Salut
Je me tiens aujourd’hui devant vous avec humilité et reconnaissance :
- humilité, devant l’importance de la tâche qui nous attend,
- reconnaissance pour la confiance que vous m’avez manifestée.
Je garde cependant à l’esprit les sacrifices consentis par nos ancêtres.
Merci Monsieur Bush
Je remercie le président Bush pour les services qu’il a rendus à notre nation, ainsi que pour la générosité et la coopération dont il a fait preuve tout au long de cette période de transition du pouvoir.
Les anciens
Quarante-quatre Américains ont, avant moi, prêté serment pour la présidence. Leurs paroles ont été souvent prononcées pendant des périodes de prospérité et alors que nous vivions dans les eaux calmes de la paix. Cependant, en d’autres temps, ce serment a été prêté alors que les nuages s’amoncelaient ou que les tempêtes faisaient rage. Dans tous ces moments-là, les Etats-Unis d’Amérique ont poursuivi leur chemin ; Pas seulement en raison de la compétence ou de la vision de ceux qui étaient au commandes, mais parce que nous, le peuple, nous sommes restés fidèles aux idéaux de nos pairs et respectueux de nos actes fondateurs.
C’est ainsi que cela s’est passé. Et c’est ce qui doit se passer avec cette nouvelle génération d’Américains.
La crise est là
Nous savons maintenant et bien entendu que nous sommes en situation de crise. Notre nation est aussi en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine. Notre économie est fortement affaiblie, du fait de la rapacité et de l’irresponsabilité dont ont fait preuve certaines personnes, mais aussi à cause de notre incapacité collective à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère.
- • Des maisons ont été perdues ;
- • Des emplois ont été détruits ;
- • Des entreprises ont fait faillite.
- • Notre système de santé est trop onéreux ;
- • Nos écoles laissent trop de jeunes au bord de la route ;
- • et chaque jour, nous constatons que la façon dont nous consommons l’énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.
Voilà les indicateurs de la crise que l’on peut aussi illustrés en données et en statistiques. Ce qui est moins mesurable, mais tout aussi grave, c’est la manière dont nous avons perdu notre confiance en nous-mêmes en nous laissant accaparés par une peur lancinante que le déclin des Etats Unis d’Amérique est inévitable et que la génération à venir doit avoir des ambitions moindres.
Relever les défis
Aujourd’hui, je voudrais vous dire que nous sommes confrontés à de véritables défis, graves et nombreux. Nous ne pourrons pas tous les relever facilement et rapidement. Mais je veux dire ceci à mes concitoyens : ces défis seront relevés.
En ce jour, nous sommes réunis parce que nous avons préféré l’espoir à la crainte, l’union au conflit et à la dissension. En ce jour, nous sommes venus proclamer la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes usés qui, pendant beaucoup trop longtemps, ont étouffé notre politique. Nous restons une nation jeune, mais, selon les paroles des Ecritures,
- • le temps est venu de laisser de côté les enfantillages.
- • Le moment est venu de faire preuve à nouveau de ténacité ;
- • de choisir ce qu’il y a de mieux dans notre histoire ;
- • de continuer à faire passer ce don précieux, cette noble idée transmise de génération en génération ; la certitude divine selon laquelle nous sommes tous égaux, nous sommes tous libres, et nous avons tous le droit de chercher le bonheur qui nous revient.
Notre grandeur
En proclamant à nouveau la grandeur de notre nation, nous savons que cette grandeur n’est jamais un dû. Elle doit se mériter. Au cours de notre voyage, nous n’avons jamais choisi de raccourcis ou rabattu nos prétentions. Ce chemin n’était pas fait pour les timorés ni pour ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ceux qui ne recherchent que les plaisirs de la richesse et de la célébrité. Au contraire, cette vois était celle de ceux qui prennent des risques, ceux qui passent à l’action, ceux qui construisent – dont certains ont été célébrés, mais plus souvent des hommes et des femmes qui sont restés obscurs dans leur labeur – ceux qui nous ont portés sur ce long chemin escarpé vers la prospérité et la liberté.
- • C’est pour nous qu’ils ont emporté les quelques biens qu’ils possédaient sur terre et traversé les océans en quête d’une nouvelle vie.
- • C’est pour nous qu’ils ont travaillé dur dans des conditions difficiles et se sont installés dans l’ouest du pays ; qu’ils ont supporté les coups de fouet et qu’ils ont péniblement labouré la terre.
- • C’est pour nous qu’ils ont combattu et qu’ils sont morts à Concord et Gettysburg ; en Normandie et à Khe Sahn.
Le voyage
D’innombrables fois, ces hommes et ces femmes ont lutté, fait des sacrifices et travaillé jusqu’à ce que leurs mains soient à vif, afin que nous puissions avoir une vie meilleure. Ils voyaient les Etats-Unis d’Amérique comme plus grands que la somme de nos ambitions individuelles ; allant au-delà des différences de naissance, de richesse ou d’opinion.
C’est ce voyage que nous poursuivons aujourd’hui. Nous sommes toujours la nation la plus prospère et la plus puissante de la Terre.
- • Nos travailleurs ne sont pas moins productifs qu’avant la crise.
- • Nos esprits ne sont pas moins inventifs.
- • Nos biens et nos services ne sont pas moins nécessaires que la semaine dernière, le mois dernier ou l’année dernière.
- • Nos capacités demeurent intactes.
Le temps où nous étions passifs, où nous protégions nos intérêts étriqués et où nous remettions à plus tard les décisions difficiles – ce temps-là est certainement révolu. A partir d’aujourd’hui, nous devons nous relever, nous dépoussiérer et commencer à refonder les Etats-Unis d’Amérique.
Notre tâche
En effet, où que nous placions notre regard, nous devons nous atteler à la tâche.
L’état de notre économie nécessite des mesures audacieuses et rapides, et nous allons les prendre ; pas seulement pour créer de nouveaux emplois, mais pour poser des bases en vue de faire redémarrer la croissance.
- • Nous allons construire des routes, des ponts et des liens numériques dont nos différents secteurs d’activité ont besoin et qui de plus nous lient les uns aux autres.
- • Nous allons rendre à la science la place qui lui revient, et nous servir des merveilles de la technologie pour améliorer la qualité de nos soins et abaisser leurs coûts.
- • Nous allons exploiter l’énergie du soleil, du vent et du sol pour faire marcher nos voitures et nos usines.
- • Et nous allons transformer nos écoles et nos universités pour être à la hauteur des exigences d’une nouvelle ère.
Yes ! We Can !
Tout cela, nous pouvons le faire. Et tout cela, nous allons le faire.
Notre peuple
Alors, d’aucuns vont remettre en cause l’ampleur de nos ambitions, vont affirmer que notre système ne peut pas supporter un trop grand nombre de programmes d’envergure. Je leur dit que leur mémoire est courte. En effet, ils ont oublié ce que ce pays a déjà accompli ; ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser lorsqu’ils utilisent leur imagination pour atteindre un objectif commun, et lorsqu’ils font preuve de courage en cas de nécessité.
Mes résolutions
Ce que ces septiques ne comprennent pas, c’est que le sol s’est dérobé sous leurs pieds – c’est que les arguments politiques dépassés qui nous ont démolis pendant si longtemps ne sont plus valables. La question que nous posons aujourd’hui n’est pas de savoir si notre gouvernement est trop interventionniste ou pas assez, mais s’il fonctionne, s’il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire correct, à bénéficier de soins abordables, d’une retraite décente.
- • A chaque fois que la réponse sera oui, nous irons de l’avant.
- • A chaque fois que la réponse sera non, nous mettrons fin aux programmes.
Et ceux d’entre nous qui gèrent les deniers publics devront rendre des comptes, dépenser de manière judicieuse, changer leurs mauvaises habitudes et faire leur travail en toute transparence ; car c’est la seule façon de rétablir la confiance indispensable entre un peuple et son gouvernement.
Vigilance
La question qui se pose à nous n’est pas, non plus, de savoir si le marché est une force qui œuvre pour le bien ou pour le mal. Sa capacité à produire de la richesse et à propager la liberté est sans égale, mais cette crise nous enseigne que si nous ne sommes pas vigilants, le marché peut devenir incontrôlé. Une nation ne peut pas prospérer pendant longtemps lorsqu’elle ne favorise que les nantis. Notre réussite économique n’a pas été dépendante uniquement du montant de notre produit intérieur brut, mais également de l’étendue de notre prospérité, de notre capacité à offrir des opportunités à chaque homme ou femme de bonne volonté. Non pas par charité, mais parce que c’est la voie la plus sûre au bien-être commun.
En ce qui concerne notre défense commune, nous refusons de faire le choix erroné entre notre sécurité, d’une part, et nos idéaux, de l’autre.
Nos idéaux
Nos Pères fondateurs, confrontés à des dangers inimaginables, ont rédigé une charte afin de garantir l’Etat de droit et les droits de l’homme, une charte que le sang des générations suivantes n’a fait que renforcer. Ces idéaux éclairent le monde encore maintenant, et nous n’allons pas y renoncer par commodité.
Salut aux autres peuples
C’est ainsi que je souhaite dire à tous les autres peuples et gouvernements qui nous regardent aujourd’hui, depuis les capitales les plus prestigieuses jusqu’au petit village par exemple celui où mon père est né : sachez que l’Amérique est l’amie de toutes les nations et de tous les hommes, femmes et enfants qui aspirent à la paix et à la dignité, et sachez que nous sommes prêts à être une fois encore ceux qui montrent la voie.
Nos alliances
Rappelez-vous que les générations précédentes ont vaincu le fascisme et le communisme non seulement avec des avions et des chars, mais également grâce à la solidité de leurs alliances et la ténacité de leurs convictions. Elles ont compris que notre puissance seule ne peut pas nous protéger, et qu’elle ne nous donne pas le droit d’agir à notre guise. Au contraire, elles savaient que notre puissance augmente lorsqu’elle est utilisée de manière prudente, que notre sécurité émane de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et les qualités essentielles que sont l’humilité et la retenue.
Nos responsabilités
Nous sommes les gardiens de cet héritage. Guidés une fois de plus par ces principes, nous pouvons faire face à ces menaces qui exigent davantage d’efforts, davantage de coopération et de compréhension entre les nations.
- • Nous allons prendre nos responsabilités en Irak en laissant ce pays à son peuple.
- • Nous allons établir une paix durement acquise en Afghanistan.
- • Nous allons travailler sans relâche avec nos amis et nos ennemis pour atténuer la menace nucléaire et pour lutter contre ce fléau qu’est le réchauffement de la planète.
Nous gagnerons contre le terrorisme
Nous n’allons pas nous excuser pour notre mode de vie, nous le défendrons sans relâche, et à ceux qui essaient de réaliser leurs objectifs en propageant la terreur et en massacrant les innocents, nous disons : à présent, notre résolution est plus forte et ne peut pas être altérée. Vous ne pourrez pas nous survivre, et nous allons gagner.
Notre patrimoine, notre force !
Car nous savons que notre patrimoine multiculturel est une force, et non une faiblesse. Nous sommes une nation de chrétiens et de musulmans, de juifs, d’hindous et d’athées. Nous sommes façonnés par toutes sortes de langues et de cultures venant de tous les parties du monde. Et parce que nous avons ressenti le goût amer de la guerre civile et de la ségrégation (l’esclavage est omis ! SIC), et parce que, de cette période sombre de notre histoire, nous avons émergés plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas ne pas croire
- • que les vieilles haines cesseront un jour,
- • que les sentiments d’appartenance disparaîtront,
- • que le monde deviendra plus petit,
- • que notre humanité commune va se dissoudre
La paix
Mais nous croyons que l’Amérique doit jouer le rôle qui lui revient en inaugurant une nouvelle ère de paix.
- • Au monde musulman, nous disons que nous cherchons une nouvelle voie, fondée sur les intérêts réciproques et le respect mutuel.
- • Aux dirigeants dans le monde qui cherchent à semer la discorde ou qui font porter à l’Occident la responsabilité des maux de leur société : sachez que votre peuple vous jugera sur ce que vous pouvez construire, et non pas sur ce que vous détruisez.
- • A ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption, la tromperie, en muselant l’opposition, sachez que vous êtes du mauvais côté de l’Histoire, mais que nous vous tendrons la main dès lors que vous êtes prêts à desserrer l’étaux.
- • Aux peuples des nations pauvres, nous disons que nous nous engageons à coopérer avec eux pour rendre leurs fermes prospères et leur apporter de l’eau potable, pour nourrir les corps de ceux qui ont faim et nourrir les esprits affamés.
- • Et à ceux des pays qui, comme le nôtre, bénéficient d’une relative opulence, nous disons : nous ne pouvons plus nous permettre d’être indifférents aux souffrances hors de nos frontières, nous ne pouvons pas non plus consommer sans réfléchir les ressources du monde. Car le monde a changé, et nous devons changer avec lui.
Nos soldats
Et en regardant la route qui est devant nous, nous avons une pensée pleine de reconnaissance et d’humilité pour ces courageux Américains qui, en ce moment même, sont en mission dans des déserts et des montagnes éloignés. Nous les entendons nous dire quelque chose aujourd’hui, exactement comme nous entendons les héros morts, enterrés à Arlington, murmurer à travers les siècles. Nous leur rendons hommage pas seulement parce qu’ils sont les gardiens de notre liberté, mais également parce qu’ils incarnent l’esprit de service, une volonté de trouver un sens dans quelque chose qui nous dépasse. Et justement, en cet instant qui va marquer toute une génération, c’est précisément cet état d’esprit qui doit nous habiter.
Foi et détermination
En effet, le gouvernement peut et doit agir, mais, en fin de compte, c’est la foi et la détermination du peuple américain dont dépend l’avenir de la nation.
- • C’est la générosité et la gentillesse de ceux qui accueillent un étranger lorsque les digues se sont rompues,
- • c’est l’altruisme des travailleurs qui préfèrent réduire leurs heures de travail plutôt que de voir un ami perdre son emploi qui nous aident à traverser les heures les plus sombres.
- • C’est le courage manifesté par un pompier qui se lance à l’assaut d’un escalier rempli de fumée,
- • et c’est également la capacité d’un parent à s’occuper d’un enfant qui décident de notre destin.
Défis et Valeurs
Nos défis sont peut-être nouveaux. Les instruments utilisés pour les relever sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont dépend notre réussite – travail acharné et honnêteté, courage et fair-play, tolérance et curiosité, loyauté et patriotisme -, ces valeurs là sont très anciennes. Elles sont vraies. Elles ont constitué la force tranquille du progrès tout au long de notre histoire. Il est donc nécessaire de revenir à ces valeurs véritables.
Nos devoirs
Ce que nous devons faire à présent, c’est entrer dans une nouvelle ère de responsabilité – c’est de reconnaître, et chaque Américain doit le faire, que nous avons des devoirs envers nous-mêmes, envers notre nation et envers le monde. Des devoirs que nous n’acceptons pas à contrecœur, mais que nous sommes heureux d’assumer, sachant pertinemment que rien n’est aussi satisfaisant pour l’esprit, aussi marquant pour notre caractère, que de nous consacrer tous à une tâche difficile.
C’est là le prix et la promesse de la citoyenneté.
C’est là la source de notre confiance, le fait de savoir que Dieu nous appelle pour façonner un destin incertain.
C’est le sens de notre liberté et de notre croyance – la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes races et de toutes croyances peuvent se rassembler dans une célébration sur cette magnifique esplanade du Mall, et pourquoi un homme dont le père, il y a moins de soixante ans, risquait de ne pas être servi ici dans un restaurant peut maintenant se trouver devant vous pour prêter le serment suprême.
La voie
C’est pourquoi ce jour doit nous rappeler qui nous sommes et le chemin que nous avons déjà parcouru. L’année de la naissance des Etats-Unis d’Amérique, pendant les mois les plus froids, un petit groupe de patriotes se blottissait autour de feux de camp presque éteints sur les rives d’une rivière glacée. La capitale était abandonnée. L’ennemi avançait. La neige était tachée de sang. Au moment où l’issue de la révolution était la plus incertaine, le Père de notre nation a demandé que ces mots fussent lus devant le peuple :
» Que l’on proclame au monde futur… qu’au cœur de l’hiver, alors que rien d’autre ne pouvait survivre que l’espoir et la vertu… que la ville et le pays, alertés par un danger commun, se sont avancés pour y faire face. «
Je lance un appel aux Etats-Unis d’Amérique. Confrontés à des dangers communs, pendant cet hiver d’épreuves, rappelons-nous ces paroles immortelles.
La liberté
Avec espoir et vertu, bravons une fois de plus les courants glaciaux et endurons les tempêtes à venir. Que les enfants de nos enfants proclament que, lorsque nous avons été mis à l’épreuve, nous avons refusé de mettre fin à ce voyage, nous ne nous sommes pas détournés et nous n’avons pas faibli. Et que, les yeux fixés sur l’horizon, et avec la grâce que Dieu nous accorde, nous avons transmis ce don merveilleux qu’est la liberté pour le remettre intact aux générations futures.
Merci !
Que Dieu vous bénisse et bénisse les Etats-Unis d’Amérique.