Les « Nou » et les « Yo » ! Nous ne voulons pas de cette Guadeloupe là !

Le pouvoir de dire « OUI »

C’est le slogan qu’avait choisi un organisme bancaire pour dire à ses clients qu’il pouvait leur prêter de l’argent. Et sur les affiches, cette phrase était déclinée dans toute les langues dont bien entendu le créole.

Nou pè di wè fut la traduction qui voulait dire « nous avons peur de dire oui ! »

Une petit inversion d’accent avait provoqué ce contre sens ! mais c’était trop tard l’affiche était déjà posée un peu partout. Je vous rassure tout de suite la banque n’a pas fait faillite.

La traduction du Yes We Can de Monsieur OBAMA pourrait être en créole :

Wè nou pé et non pas Wè nou pè

Oui ! Wè ! nous pouvons « Nou Pé » reprendre la vie, le dialogue, le travail tout en ayant la crainte « Pè » que rien ne sera comme avant.

Et de fait, malgré cette inquiétude, « Pè », ce n’est plus une question de pouvoir « Pé », c’est tout simplement une question de devoir « Douèt ».

Mais souvent le slogan extraordinaire venu du Nord s’entend sous une forme nouvelle et proprement revendicative en Guadeloupe. En fait dans la rue on dit le plus souvent : Yes You Can et en créole Wè Yo Pé ou aussi Wè Yo Pè.

Wè nou pé et non pas Wè nou pè
Wè Yo Pé ou aussi Wè Yo Pè.

Qui sont les « Nou », et qui sont les « Yo » !

Les « Nou » sont tous ceux qui se défoulent dans la rue ! les « Yo » sont tous les autres qui sont l’immense majorité qui doutent que l’on puisse bâtir un quelconque avenir sur une telle coupure !

Les « Yo » sont de vrais et courageux Guadeloupéens qui savent résister aux chemins pervers qui leur sont proposés et veulent construire pour eux et leurs enfants un vrai pays sans distinction de « Nou » et de « Yo ».

Je connais des « Nou » qui sont condamnables ! je connais des « Yo » qui méritent respect et considération.

Elle est dangereuse et idiote dans notre société cette cassure « Nou » « Yo » ! je dirais même qu’elle est raciste et xénophobe méritant sans doute les foudres de la loi ! Mais la loi n’interviendra pas et c’est donc aux Guadeloupéens de se lever pour combattre cette ignominieuse coupure de notre monde créole.

Qui va donc délivrer les passeports des « Nou » et des « Yo » ?

Et puis nous connaissons tant de « Nou » qui se transforme en loups pour leur propre « Nou » qu’ils accusent alors d’être des « Yo » pour justifier leurs actes.

Je connais des « Nou » qui n’arrivent pas à commander « oh le vilain mot ! » des « Nou » et préfèrent alors ne plus briguer de postes dans leur propre pays de peur d’être traiter de « Yo ».

Je connais des « Nou » qui étaient des « Yo » venus ici pour faire leur métier et leur vie et qui sont devenus des « Nou » par amour pour la Guadeloupe ; et je connais aussi des « Nou » qui sont partis de la Guadeloupe et devenu par la force du temps des « Yo » pour ensuite revenir et se la couler douce dans la nouvelle peau des « Nou ».

Je connais des couples et des familles composées de « Nou » et de « Yo » et qui se regardent tous les jours en simples Guadeloupéens amoureux de leur pays et conscients du danger de ce découpage imbécile et sans avenir.

Monsieur le Préfet est un « Yo » ! la preuve c’est qu’il peut « Pé » et même « Douèt » et un plus qu’il a peur « Pè » pour avoir quitter la table autour de laquelle les « Nou et les « Yo » s’affrontaient.

Mais alors Colette est un « Yo » ou un « Nou » ? Et tous les autres sont-ils des « Nou » ou de « Yo » ?

Ils sont des « Nou » quand ils ont la faiblesse de dire Wè nou pé même l’impossible et deviennent des « Yo » lorsqu’ils ont le courage de dire « Awa Nou pé pa.»

On connaissait déjà des couples domino ! voici maintenant la Guadeloupe, devenue, le temps d’une grève, le Pays des « Nou » et des « Yo »

Demain nous pourrons « Ké Pé » avoir le courage « ké Ni Kè » sinon le devoir « Douèt » de revenir à de plus saines relations.

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