Lundi gras dans une Guadeloupe qui meurt lentement sous le regard de tous !

Ouf ! On l’a échappé belle Ségolène Présidente ! Cela aurait été du sport pour la France et pour la Guadeloupe.

Le recueillement autour de la dépouille mortuaire de Jacques BINOT s’est transformé en une plateforme revendicative hors de circonstance. Le révérend Père HAMOT aura assumer l’essentiel et les quelques chants de paix et de compassion auront un moment couvert les bruits de fureur et de terreur.

Et une nouvelle semaine commence avec des stations réquisitionnées au compte-goutte, des longues files d’attente et un pays qui se meurt. Je me souviens de ces images terribles d’un gamin coincé sous des gravats et qui allait mourir en direct devant les téléspectateurs de notre planète. Il en va ainsi de la Guadeloupe qui se meurt sous le regard du monde entier. Ne nous dit-on pas que les obsèques de Jaques Binot étaient en mondiovision.

Ceci explique naturellement cela. Une tribune de cette nature ne se refuse pas surtout si on s’appèle Domota.

Les radios continuent à égrainer les mêmes appels racistes et xénophobes. La Guadeloupe sombre dans la violence. Certains Grands axes routiers ont été nettoyés et c’est une bonne chose. Mais dès que vous empruntez une voie secondaire c’est le même spectacle désolant d’une Guadeloupe sous forme de cadavre éventré sale et obscène. J’ai même vu un arbre à pain couché en travers de la route.

La Guadeloupe est un champ de ruines, de détritus, de bouteilles, de sacs en plastiques, d’ordures nauséabondes de carcasses de voiture ou de car de grands arbres sacrifiés, de poubelles brulées, de panneaux de signalisation cassés pour un plaisir bestial. « Nou au boulo entend-on chanter… Nou au boulo ! Sale boulot !

Qui va payer cette gabegie, cette folie de certains des nôtres.

Yo bien entendu : autrement dit : Vous et Moi qui payons nos impôts.

Mais si nos routes sont aussi encombrées, ce que la Guadeloupe cache si bien c’est sa douleur profonde, devant le spectacle.

Ce que cache la Guadeloupe c’est la misère, le doute, l’incertitude devant l’avenir. La Guadeloupe est soit disant bloquée mais tous les rouages de la France sinon de la planète continuent de tourner… et la Guadeloupe sera bientôt broyée d’avoir si imprudemment écouté les belles sirènes de Monsieur DOMOTA.

Elle sera broyée par la perte de milliers d’emplois. Elle sera broyée demain et plus tard pour n’avoir pas pu mettre ses enfants dans de bonnes conditions afin de passer les examens et les concours. Ces jeunes cerveaux qui sont nos locomotives de demain vont nous manquer dans quelques temps pour tirer les wagons d’un train qui sera de plus lourd à faire redémarrer.

J’appelé tout cela de la « profitation » : celle que Hector POULLET, Ralph LUDWIG, Sylviane TELCHID et Danièle MONTBRAND (Editions Jasor) ont placé dans leur dictionnaire Créole Français avec les traductions suivantes :

  • Lâcheté (Oui font preuve de lâcheté ceux qui refusent d’admettre les conséquences de leurs actes et s’en lavent les mains)

  • Abus de pouvoir (Abus évident du pouvoir médiatique et de son propre talent pour haranguer la foule, et tromper les journaliste en jouant sur les subtilités de la langue créole)

  • Tyrannie (Sans commentaire)

  • Exploitation d’un individu ou d’une situation (sans commentaire).

Et pendant que je suis dans ce dictionnaire qui ne contient pas le mot « Lyannage » : dommage !Mais LYANN désigne le sexe de l’homme (le Kiki si vous voulez) ou encore raclé, coupsLyanné a trois sens.

  1. se tortiller, onduler des hanches,

  2. s’enroulé autour

  3. liés, unis.

Nos créolistes auront sans doute du travail pour la mise à jour du dictionnaire, mais aussi pour analyser les subtilité de ce double sinon triple langage. 

Mais la Guadeloupe ne mesure pas encore l’importance de la tâche de reconstruction qui l’attend.

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