J’ai entendu, il y a de celà quelques jours, un intervenant en télévision dire quelque chose dans le genre !
Pourquoi mettre autant de fer dans le béton ! C’est encore « on bitin a yo » pour faire grimper le prix des « cases en nou ».
Je cite de mémoire.
Les Architectes et autres Ingénieurs de la Guadeloupe ont sans doute frémis en entendant ces propos et de se dire qu’il est peut-être temps d’essayer de comprendre le fond du problème de l’analyse des risques en Guadeloupe.
Il n’est naturellement pas question d’abandonner les règles parasismiques ! Elles ne sont pas faites pour les chiens ! Mais pour protéger les vies humaines ! Il n’en reste pas moins que ces règles et d’une manière générale toutes les mesures tendant à gérer les risques ont un coût qu’il faut savoir intégrer dans les projets de développement.
Après le cyclone HUGO une mission spéciale avait conclu par ces deux simples phrases :
Respectez les règles ; il n’y aura pas de catastrophe.
Entre temps les fameuses « Règles dites Antilles » ont disparues du paysage et les Antilles donc la Guadeloupe appliquent les règles nationales. C’est dommage ! Cela aurait pu être une des revendications de LKP de demander la création d’un centre de recherches pour l’élaboration des règles spécifiques aux Antilles. Pas certain que ce soit viable compte tenu des difficultés de mise en œuvre d’une telle structure, mais il ne serait pas inutile de savoir comment sont financés les dites études faites dorénavant à Paris, et quels en sont les résultats.
La Guadeloupe est confrontée à une série impressionnante de risques ! Et dans l’absolue s’il fallait en tenir compte la carte de notre archipel serait rouge et totalement en zone NON EDIFICENDI !
Les failles, les rivages exposés aux tsunamis, les zones sous menaces volcanique, les zones inondables, sans compter les incontournables cyclones et les zones à protéger pour cause écologique… il ne reste plus grand place pour trouver un endroit à vivre tranquillement.
La situation est au contraire abordable grâce aux Cyndiniques.
Voici quelques exemples extraits de notre histoire récente :
Les objectifs d’un chef d’édilité sont à court terme sa réélection (je suis méchant) ; celle du propriétaire d’un terrain déclaré non constructible est à bien plus longue échéance. Cette incompatibilité se gère ou doit se gérer.
Le projet d’un port en eaux profondes du côté de Port-Louis est incompatible avec le sanctuaire que représente le grand Cul de Sac Marin de la Guadeloupe. Cette incompatibilité doit se gérer ou mieux doit pouvoir se gérer.
Le projet de Port en eaux profondes sur l’ilet Cochon dans la rade de Pointe-à-Pitre, imaginé dans les années 70 par un Bureau d’Etude Allemand n’a vraiment pas été discuté. Il est vrai qu’il mettait en cause une autre forme de développement touristico-historico- résidentiel du même îlet appartenant théoriquement pour moitié à la Ville de PAP et pour l’autre au PAG.
La baie du Moule était dans le temps un lieu de prédilection pour de nombreuses familles, avec un plan d’eau totalement sécurisé et une grande plage agréablement ombragée. Un projet hôtelier mal conçu aura transformé cette plage de la baie en un site perdu et qui plus est dangereux. Le développement des activités des terrains en amont aura de plus entrainé des pollutions néfastes à la santé. Alors la baie du Moule a été abandonnée et les MOULIENS ont perdu un joli coin de loisir et de baignade.
Le Fort l’Union une jolie pépite de la couronne de défense Pointoise a été saccagée par la pression immobilière. La même qui aura permi la réalisation du lagon en proximité immédiate de la Marina.
La stratégie de regroupement des deux chambres de commerce de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre est un problème d’importance. Force est de constater que la décision est prise. Mais qu’en sera-t-il du devenir des hommes, des biens et du patrimoine de cette belle entité qui aura tellement marqué l’histoire économique de la Basse-Terre.
Le dossier de l’Eau en Guadeloupe : On se souvient encore des idées de notre compatriote Ingénieur Hydrologue Paul ALIE (A la retraite maintenant mais bon pied bon œil et le verbe toujours haut) ! il prédisait qu’en période d’étiage pas une goutte d’eau de nos rivières n’atteindrait la mer. Au delà du prix de l’eau la Guadeloupe devrait réfléchir à la gestion de cette denrée qui deviendra rare dans les prochaines années. Peut-être que le nouveau Recteur, expert en hydrologie, à ce que dit son CV, accordera, temps permettant, un regard sur ce dossier. J’imagine une rencontre ALIE DEVER.
Et ne nous faisons pas d’illusion la crise que nous venons de vivre en Guadeloupe a été gérée de la manière la plus scientifique ! Le semblant d’absence de communication en a fait parti. La nouveauté est incontestablement l’immixtion des Blogs de tout bord qui ont définitivement leur place dans cette gestion d’une crise. Il faudra apprendre à gérer ce flux d’information en provenance de partout et de nulle part..
Nous sommes une île minuscule et chaque étape de notre développement à venir passera obligatoirement par ces oppositions de plus en plus vives entre les différents intervenants : Les maires, les autres collectivités locales, les propriétaires privés, les associations, les groupements professionnels, les partis politiques, les syndicats, les promoteurs institutionnels, l’état… Comment assurer le dialogue entre tout ce beau monde ?
Deux moyens : la force ou le dialogue !
La force entrainera sans doute le chaos. Le dialogue n’évitera peut-être pas ce même chaos.
Alors dans un et l’autre cas il faudra s’en remettre à la sagesse des hommes. On n’est pas sorti de l’auberge au vu de ce qui vient de se passer chez nous ! Il faut cependant croire en ces sciences du risque qui expriment tout simplement le grand principe que nous sommes TOUS concernés. Et de chanter à tous les spécialistes et autres aménageurs de notre sécurité de notre avenir : risk la, cé tan nou ! a pa yenki ta zot !