Ce n’est pas simple mais il y a urgence à retrouver son entreprise, son service, son emploi !
Il y a urgence à reprendre ce contact avec le réel du quotidien ! Parce que ce ne sera pas simple.
Des difficultés de tous ordres vont se poser… que dis-je se posent déjà. Je ne doute pas du dialogue entre les différents partenaires ! Quoiqu’en disent les militants du LKP ces relations dans les entreprises, dans les petites entreprises, chez les artisans, dans les cabinets des professions libérales, dans les services, dans les administrations sont bonnes.
Pas idéales, mais tout simplement bonnes. On ne vit pas 8 heures par jours ensemble sans que des liens ne se nouent entre les hommes et les femmes.
Je me souviens encore du témoignage de ce Chef d’entreprise de la Basse-Terre, recevant une délégation du LKP venu « FERMER ». C’était au beau milieu du blocage ! La délégation de « fossoyeurs » est conduite par Monsieur CLAVIER soi même. Et la surprise ! Ce patron entre dans son entreprise suivi par la délégation : il embrasse les employées présentes qui écoutent poliment les demandes du LKP et refusent tout aussi poliment de quitter leur lieu de travail. Un patron qui embrasse son employée ! Fuyons ce monde de fou ! Et la délégation du LKP quitta les lieux sans obtenir la fermeture, persuadé d’avoir assisté à une scène de harcèlement sexuel et moral.
Soyons aussi précis : ce n’est pas ainsi partout… mais j’ai aussi le témoignage d’employés venu quotidiennement veiller sur l’outil de travail alors que le Patron (et ce mot n’est plus péjoratif) en était empêché.
Et c’est parce que ces relations sont bonnes dans la majorité des cas que les difficultés font s’aplanir au fur et à mesure de la reprise.
Car des difficultés, il va y en avoir : de tous ordres et souvent inhabituels : on n’arrête pas impunément un pays pendant 6 semaines sans qu’apparaissent les surprises quelques fois insurmontables.
Si la machine est cassée, que les emplois sont perdus : les procédures existent pour un relai par l’état des employés pendant un certain temps. N’allez pas déposer vos dossiers au Palais de la Mutualité ! Non ! Prenez contact avec vos organisations syndicales ou professionnelles et remplissez les dossiers : car il faudra remplir ces dossiers.
Dans le cas ou la machine peut redémarrer (s’est-elle-même arrêtées), les rouages n’étant que grippés ! l’huile de bras sera disponible j’en suis certain.
Nous disons difficultés plus que problèmes : car contrairement aux affirmations de nos apprentis sorciers es bloqueurs de pays, les structures d’aide aux entreprises existent en Guadeloupe et la solidarité légendaire des Guadeloupéens fera le reste.
Souvenons nous des très beaux gestes observés ici et là. Ces gestes ont été visibles pendant le blocage : ils se manifesteront pendant cette dure période qui nous attend.
Mais une très grande urgence pour la Guadeloupe : remettre en route la machine éducation nationale. Monsieur René Beauchamp (face à l’évidence des dégâts majeurs dus à son obstination) a tout de même mis un peu de douceur dans sa violence. A moins que ce soit le calme et la force du Recteur qui l’ai convaincu de ne plus mentir.
L’urgence est donc là et il n’est pas de doute que l’on puisse compter sur le dévouement des enseignants : souvenons nous de l’évacuation de la soufrière : c’est Monsieur Domota lui même qui témoigne de l’engagement des hussards de la république et autres professeurs pour aider les jeunes à passer le cap. A preuve il était un de ces évacués de Basse-Terre et somme toute aura bien réussi sa carrière universitaire, après une scolarité normale en Guadeloupe.
Et pendant que j’écrivais ces quelques mots j’ai entendu Daniel MERMET sur France Inter et « là-bas où il est » cracher sur la Guadeloupe et reçu ce message que je transcris ci-après :
Comme souvent il a à boire et à manger ! j’ai corrigé quelques fautes d’orthographe !
Lettre à moi-même et à mes compatriotes
Voila déjà 1 mois que nous sommes en grève en Guadeloupe et personne n’est mort de faim.
Beaucoup, d’un bord comme de l’autre, ont minci, marché plus, respiré l’air sans voitures, décompressé, et se sentent mieux.
Mes chers compatriotes, soyons conscients et observateurs dorénavant.
N’oublions pas une chose, si vous n’êtes pas dans les entreprises, elles ne peuvent pas fonctionner.Si nous n’achetons pas dans les commerces, ils ne peuvent pas exister. Ils ont aussi des crédits à payer, et sans votre argent, ils ne peuvent pas les payer.
Vous êtes le pot de fer et eux le pot de terre.
Ne nous laissons pas impressionner..Nous avons de quoi vivre sur notre île et ce sans limites, pendant la grève, et surtout après.
Avez-vous apprécié ceux qui courageusement plantent, récoltent, et viennent nous livrer des produits très frais ?
Nous avons plus d’une centaine de catégorie de fruits, légumes et autres ressources naturelles tous plus nourrissants les uns que les autres, et mille préparations créoles à réapprendre.
Vous n’avez qu’un seul souci : vous êtes devenus dépendants de l’extérieur.Canal Satan, WSG, Orange, Gidicel, EDF, Générale des Eaux, Voitures, Hypermarchés Boites de nuit, restaurants gastro… j’en passe.
Apprenons à réfléchir à des solutions pour réduire, voir même supprimer notre dépendance envers ces choses qui nous ramollissent.
Vous économiserez facilement 100 ou 200 euros en rognant sur l’inutile, la boustifaille sur-emballée et le falbala de synthèse.
Calculez mieux vos quantités quand vous cuisinez, ne jetez plus de nourriture. Pensez compost.Faites quelques remplacements, en tout ou en partie: Canal Sat télé locale, radio, musique perso, bruits de la nature, silence, relaxation, classer vos images, photos, diapos… Orange téléphone fixe, internet, skype, se parler face à face EDF électricité solaire, éolienne, lumière naturelle, éclairage intimiste, réapprendre à éteindre en sortant d’une pièce, ne pas laisser les appareils en veille, ne pas recharger les portables chaque soir, aller au lit plus tôt… Générale des Eaux Citerne personnelle. Economisez l’eau! Revoyez votre façon de faire la vaisselle, la lessive, de vous laver et vous brosser les dents, ne tirez pas la chasse soit 10 litres d’eau pour un verre de pipi…
Eau en bouteille plastique filtre maison ecosystem ou autre, eau de rivière bouillie, eau en potiche à la maison, eau argilée… Sucre blanc importé sucre local, fruits pays, miel pays, confitures et sirops maison, sucrez moins, salez moins, moins de gras!
Voiture Militer pour un système de transport bien organisé, co-voiturage, vélo, marcher pour les petites et moyennes distances, prendre son temps. Respirer!
Hypermarché, fast food jardin créole, produits de nos maraîchers locaux, échanges de produits entre nous. Redécouvrons des produits oubliés, bénéfiques : pikenga, gourde, adon, fruits dits « sauvages », herbes locales diverses pour salades, soupes, infusions…Remplacer les plantes ornementales en plastique par des légumes et fruits de chez nous.
Plantez! Montrez à vos enfants le miracle de la germination, de la croissance des plantes, du plaisir de sa propre récolte – même en pot (boîtes de conserve) sur balcon ou véranda.Temps, zouk, surprise party hommes boissons/ femmes pâtisseries, boite de nuit remplacer par soirée entre amis et parents, méditation, lecture, écoute des autres, conversation en couple, débats à thème en famille….
Passez un coup de fil surprise à un ami, un parent, un camarade perdu de vue, un(e) ex..
Reprenez les conversations, faites des réconciliations.Nos mauvaises habitudes causent notre perte en terme d’indépendance personnelle.
Que chacun d’entre nous reprenne l’habitude de dire bonjour à son voisin et à sa voisine, d’échanger quelques mots, de proposer la main tendue..Parlons aux gens!Relâchons ce visage tendu, serré, fermé, crispé, notre pose arrogante, cet air connaisseur, ce regard, ce ton supérieur. C’est de la connerie.Souriez à vous-même, et aux autres, connus ou inconnus, montrez vos dents.Cessez de vous plaindre en permanence, vous vous découragez et vous découragez les autres.Non, nous ne sommes pas Haïti, nous ne sommes pas l’Afrique !Nous sommes nous et ce que nous ferons de nous!
Cherchons plutôt des modèles de réussite!
Développons la fête du voisinage, l’entraide, échangeons des journaux, des livres, des jeux éducatifs, des recettes de cuisine pays, essayons-les ensemble pendant que nous avons du temps à gagner.
Nettoyons chez nous! Il y a tant de choses périmées ou inutiles à jeter dans les placards, les tiroirs, la salle de bain…Rangeons, jetons l’encombrant, aérons : le plus grand luxe c’est espace, air et lumière chez soi! Faites brûler des peaux d’agrumes séchées au lieu de désodorisants et anti-moustiques chimiques.
Membres d’associations, de clubs, de cercles, collègues, sortez de la routine, appréciez-vous vraiment, souciez-vous du bien-être de l’autre, soyez plus humbles, moins fiers et moins mesquins.Associatifs, gens spirituels, ne vous battez plus pour de ridicules petits pouvoirs de Polichinelle : aimer c’est servir, pas commander.
Reprenez contact avec le savoir-faire culinaire des parents et grands-parents.Faites des chips de bananes jaunes, manioc, fruit à pain etc.. au lieu des produits apéritifs trop salés, trop sucrés, trop gras, trop coûteux… imaginez les vôtres!
Abandonnez l’alcool pour des cocktails sains de fruits, légumes, de pomme-liane et autres fruits oubliés.Amusez-vous en famille ou avec des amis à mixer des cocktails nouveaux, des soupes, des desserts.
Essayez de vous découvrir des passions communes entres voisins et partagez vos connaissances.
Que nos enfants prennent l’habitude de travailler ensemble, de préparer des examens ensemble, pas seulement de jouer et chahuter ensemble dans leur quartier.Ils apprendront à mieux se connaître et donc à s’apprécier.. Enseignez-leur le respect à chaque occasion.
On nous a poussé dès l’école à développer l’esprit de concurrence et de compétition, l’individualisme tèbè, cela nous nuit désormais..
Lâchons ça.
Nous sommes égaux
O pi bel kaz, o pi gwo loto : bref, o pi kouyon!
Avez-vous remarqué malgré nos superbes maisons et voitures, que nos enfants ne veulent plus revenir dès qu’ils sont partis en France?
Avez-vous pas remarqué que nos enfants ne veulent aller ailleurs qu’au MacDo pour manger de la m…?
N’avez-vous pas remarqué que nos enfants sont plus gros, plus flagada que vous à leur âge, toujours fatigués, paresseux mentalement et souvent malades ?
La faute à qui ? A eux ? Non ! A nous.
Eh oui, à vous la très grosse faute. Vous avez choisi la façade au détriment de la bonne évolution. Vous avez choisi l’assistanat au détriment du développement, même personnel. En bref vous avez choisi d’être fainéant au lieu d’être constructeur.
Aujourd’hui, vous vous retrouvez bloqué. Beaucoup crient tout de suite ‘il faut arrêter, ça suffit!
Serions-nous des lâches ?An tout biten, sé zié ki lach
Ne regardez pas cette situation avec des yeux de perdants, de victimes.Quelque soit votre bord, regardez là avec des yeux d’hommes et de femmes responsables et hardis qui veulent changer leur devenir et celui de leurs enfants, vivre plus en prise avec notre environnement, retrouver santé, solidité, joie de vivre.
Réapprenez à vous servir de vos 2 mains et de votre cerveau de manière constructive.
La dépendance artificielle tue le développement durable et nous éloigne de nous-même.
Elle est toujours nuisible même si elle semble agréable.Tôt où tard elle prend fin car elle est contraire aux lois de la vie. Dépendre d’autrui pour vivre, ce n’est même pas survivre, c’est sous-vivre.