Martinique: une première entreprise mise en « lockout »

« On a réuni les délégués du personnel cet après-midi et j’ai annoncé aux personnels la procédure », a déclaré à l’AFP Olivier Despointes, dirigeant de BATIR, qui compte 45 salariés « tous non grévistes ».

Le magasin de matériaux et de bricolage qui se trouve à Trinité (à 20 km de Fort-de-France sur la façade atlantique) ainsi que la zone industrielle où se trouvent les stocks sont bloqués par des barrages du syndicat CGTM dont M. Despointes a dénoncé les « violences et menaces ».

Depuis le début du mouvement social entamé le 5 février, « on a fait zéro chiffre d’affaires, notre entreprise se trouve en situation de cessation de paiement. On a réussi à payer les salaires de février mais on ne peut pas s’engager sur les salaires de mars », a affirmé M. Despointes.

La procédure de lockout, très encadrée juridiquement, n’est utilisable qu’en cas de force majeure et il faut prouver par voie d’huissier qu’il est impossible de travailler, selon le Medef.

Olivier Despointes a assuré disposer de « plaintes à la gendarmerie, d’un rapport d’huissier, de photos et d’un film sur les blocages et les personnes qui ont vidé le magasin de ses clients et des personnels ».

« On a toujours souhaité travailler, on a une super ambiance dans l’enteprise, mais quand il vous manque 1 million de trésorerie, pas de chiffre d’affaire et des échéances de fournisseurs, de banques, de charges d’exploitation, on ne peut plus faire face et ça va très vite », a-t-il conclu.

Selon le Medef de Martinique, « une dizaine d’autres entreprises envisagent également d’entamer un telle procédure »

L’organisation patronale demande, par ailleurs dans un communiqué, « la levée des barrages » et déplore que le Collectif du 5 février « joue l’enlisement et refuse de sortir du conflit » malgré un accord cadre sur les salaires signé dans la nuit de lundi à mardi.

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