L’accord signé en Guadeloupe la semaine dernière prévoit une contribution de 50 euros des collectivités locales à l’augmentation des salaires inférieurs à 1,4 smic, l’Etat apportant 100 euros et les employeurs 50 euros.
« Ce qui a été décidé ailleurs ne doit pas être retranscrit ici, la situation de la Réunion n’est pas celle des Antilles« , a déclaré Nassimah Dindar (UMP), présidente du conseil général à l’issue d’une séance de négociations à la préfecture.
« L’intervention des collectivités locales dans une discussion sur les salaires entre patronat et syndicat est une spécificité exotique, un précédent qui exige d’être confronté à la légalité« , a ajouté Paul Vergès, fondateur du Parti communiste réunionnais et président du conseil régional.
Les élus ne souhaitent pas participer à « une aggravation des inégalités » entre travailleurs pauvres et bénéficiaires des minima sociaux alloués par l’Etat.
« Si on augmente, il faut augmenter pour tout le monde, dans les mêmes proportions« , a précisé Paul Vergès.
« ICONOCLASTE«
Le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion (COSPAR), à l’initiative du mouvement contre la vie chère démarré la semaine dernière, en convient.
La participation des collectivités locales à l’augmentation des bas salaires est « quelque chose d’iconoclaste, une mesure exceptionnelle qui ne doit pas faire jurisprudence« , a déclaré son porte-parole Ivan Hoarau.
Pierre-Henry Maccioni, préfet de la Réunion, préfère voir une « ouverture de principe » dans la première participation des collectivités aux négociations entamées vendredi sur la base de 62 revendications présentées par le Collectif.
Lundi après-midi, les présidents de la Chambre de commerce, de la Chambre de métiers et de la Chambre d’agriculture de la Réunion, « observateurs » des négociations, ont pour leur part souligné l' »incapacité » des petites entreprises, qui représentent la grande majorité de leurs ressortissants, à supporter une augmentation salariale.
Le patronat propose pour sa part une prime mensuelle de 50 euros pour les plus bas salaires.
Deux manifestations sont prévues mardi à Saint-Denis et Saint-Pierre, dans le nord et le sud de l’île. Le 5 mars, les manifestations contre la vie chère avaient mobilisé de 15.000 à 30.000 personnes, selon les sources, dans ces deux villes.
Dans un visible souci d’apaisement, le préfet de la Réunion a annoncé lundi soir des baisses des prix de la bouteille de gaz et des carburants qui prendront effet mercredi.
Source : Bernard Grollier, édité par Yves Clarisse
Bien dans leur statut de Département d’Outre-Mer et respectueux de l’enseignement de Michel DEBRE !