L’enseignement n’était pas le seul domaine à pâtir, évoquons aussi la santé qui relevait du conseil général, II n’y avait rien pour aider les gens malades, certains mouraient faute de soins. Quand j’étais jeune, j’avais pour voisins, M. et Mme Pierre Gauthierot et leurs quatre enfants, ils habitaient une petite case misérable.
La mère s’est trouvée malade, puis un enfant, puis un autre. Ma mère et moi, nous nous occupions d’eux, prendre leur température, leur envoyer un petit bouillon, etc. Le père était maçon, il était au chômage et de plus buvait de l’alcool. C’était triste, mais lui, il n’est jamais tombé malade. Quand je me suis rendu compte de la situation, je me suis posé la question : « Qu’est-ce que je peux bien faire pour eux ? ».
Je n’avais pas d’argent car c’était la période des vacances scolaires. Je suis donc allé voir le docteur Bertaud à Saint-Claude pour lui soumettre le problème. «J’ai pris leur température. Toute la famille est alitée et très malade sauf le père. Ma mère et moi, nous nous occupons d’eux mais ils n’ont pas d’argent pour vous faire venir ». Le docteur m’a dit qu’il n’avait pas besoin d’argent et qu’il leur rendrait visite. Maman et moi avons préparé la maison et des serviettes.
Le médecin a diagnostiqué une typhoïde. Il est allé prévenir la mairie. Toute la famille a été emmenée en ambulance à l’hôpital. La mère et le fils aîné s’en sont tirés, mais quelques jours plus tard, j’allais à l’enterrement de trois enfants. Cela ne se produirait jamais maintenant et c’est là toute la différence avec le régime colonial. Le régime départemental est incomparable, surtout du point de vue de l’enseignement et de la santé.
Quand nous sommes devenus département en 1946, on a demandé à toutes les communes combien de classes il leur fallait. Les crédits pour la création de postes ont été tout de suite débloqués. Dans les communes, il n’y avait pas les salles de classes pour accueillir les écoliers. « 1es crédits sont là, combien de classes vous faut-il ? ». Outre les bâtiments, les enseignants étaient en nombre insuffisant et c’est là que l’on a dû faire venir des instituteurs de l’hexagone.
Extrait de l’ouvrage : TOUJOURS SERVIR AVEC AMOUR
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La Ramure, Au Moule. Point-Lire, au Moule.
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