À l’Opéra de Lyon ! Magali LEGER sera Clara dans Porgy and Bess de Gershing



Porgy and Bess à l’opéra de Lyon. Sportin’Life (Ronald Samm) et Bess (Janice Chandler-Eteme) au premier plan à droite (Photo : B. Stofleth)
 

José Montalvo et Dominique Hervieu (du Centre chorégraphique national de Créteil) offrent une scénographie sans surprise, frontale et statique, comme dans leur spectacle précédent (Les Paladins de Rameau). Le rideau s’ouvre sur une projection du décor de la création de 1935 signé de Sergei S. Doudeikine. Des séquences surprenantes montrent les chanteurs filmés sous l’eau et des images d’archives déroulent le temps de façon simpliste et illustrent les actions (1965 et le mouvement pour les droits civiques, 1992 et les émeutes de Los Angeles). L’habituel défilé de parcs animaliers auquel ces deux chorégraphes sont habitués occupe l’écran sans répit. Des costumes fleurant bon la Nouvelle Star actualisent de façon triviale la représentation. Le Hip Hop, le Krump et autre Street performance de jeunes meublent la moindre mesure de la partition, les moments creux notamment. L’œuvre est ici jouée dans son intégralité : 3 heures 15 alors que les auteurs l’ont longtemps donnée dans une version écourtée. Le travail de l’opéra de Lyon avec les quartiers trouve ici son aboutissement : la salle se soulève avec enthousiasme devant le spectacle qui n’aurait pas reçu le même accueil avec le public du Théâtre des Champs-Élysées.



Porgy and Bess mis en scène par les Français Montalvo-Hervieu a fait une large place aux ultra-marins dans sa distribution. (Photo : B. Stofleth)
 

On remarque surtout le Porgy, dur et rayonnant, du baryton Derrick Lawrence, le Crown, violent, frimeur et bling bling, de Timothy Robert Blevins, le Sportin’life, comique au physique généreux, du ténor trinidadien Ronald Samm. Pour les rôles féminins, la soprano Kristin Lewis dans le rôle de Serena est une femme de caractère. Maria (la contre alto Laverne Williams) et Clara (la soprano guadeloupéenne Magali Léger) donnent la couleur du drame et la romance. Les ultra-marins étaient bien représentés dans les deuxième rôles par Jocelyn Michalon qui joue le croque-mort, Jean-Loup Pagesy dans le rôle de Jim, Odile Dovin qui interprête Lily, et Jean-Pierre Cadignan. L’orchestre et le chef emmènent le tout dans un tempo accéléré, peut être pour nous éviter l’ennui d’une mise en scène illustrative et passablement appuyée.

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