Ils ont besoin de nous ! Ils, Elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ…

Une certaine tristesse dans le regard, un vrai manque d’appétit de vivre, une envie de solitude… ils sont là et en même temps très loin de nous… ils sont dans leurs souvenirs… ils se posent la question de savoir si « eux » ne sont pas responsables de ce qui se passe aujourd’hui en Guadeloupe.

Ils, Elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… ne les oublions pas ! ils ont besoin plus que tous autres de notre soutien, de notre affection, de notre présence, de notre réconfort… plus que d’habitude, ils ont besoin de ce dialogue avec la Guadeloupe d’aujourd’hui qu’ils ne reconnaissent pas, qu’ils ne comprennent pas.

Ils, elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… mieux que nous, ils peuvent apprécier le progrès, le confort, le luxe même qu’offre aujourd’hui la Guadeloupe… ils ont été à l’école pieds nus, ils ont reçus des coups de cuir ou de tige de tamarin, pour faire entrer dans leur cabêche le « savoir », ils ont allumés le soir des lampes à huile pour apprendre ces foutues leçons… comme ils étaient fiers ensuite de leur succès pour l’entrée en sixième…

Ils, elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… ont vu leurs enfants gravir les autres échelons que eux n’avaient pas pu gravir… ils les ont vu, ces enfants, partir pour la France et revenir Mèdecin, Avocat, Professeur…

Ils, elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… savent goûter le plaisir d’une eau fraîche qui coule au robinet en remplacement de l’eau dangereuse de la mare ou de la rivière.

Ils, elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… savent ce que c’est que le progrès, savent ce que c’est que la santé, ils ont connus les tinettes de la Pointe-à-Pitre, les épidémies de tiphoïde, les érésipels…

Ils, elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… ont été si heureux un jour de découvrir la France, d’aller en cure, de faire découvrir aux autres la cuisine de chez nous, de recevoir comme il faut la femme blanche du cher petit ou l’homme blanc ramené par la petite…

Ils, elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… ont connus les « manman cochon » les soirs d’élection et petit à petit ont vu la Guadeloupe venir à la prudente démocratie…

Ils, elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… ont affrontés seuls, dans la case, la nuit, ces diaboliques cyclones que l’on annonçait au son de caisse pendant que le vent emportait déjà les feuilles de tôles… ils savent le réconfort d’une nuit de cyclone dans des maisons solides et craignent moins la fureur des cieux…

Ils, elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… ont vu débarquer des quais de Pointe-à-Pitre ou de Basse-Terre le progrès, encore le progrès, que leurs enfants ont adoptés avec talent, avec envie, avec ambition… ils ont vu le coupeur de cannes devenir technicien… ils ont vu fleurir des hopiteaux, des lycées, des universités, des maisons de retraite…

Ils, elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… ont entendu parler de cette très modeste équipe de la « Goutte de lait » devenue aujourd’hui la « Maison de l’enfance » pour mieux accueillir, mieux soigner les plus pauvres, les plus démunis…   

Ils, elles, eux, Yo… nos anciens, nos cheveux blancs ou argentés, nos VYE KÔ… Ils ont besoin de nous, de notre parôle ! et c’est donnant donnant ! car nous même nous serons alors plus fort !

Et de leur dire affectueusement ! Non ! vous n’êtes pas responsables de ce moment de folie que vient de vivre la Guadeloupe ! venez vivre avec nous cette reconquête de nous même. Avec vous ce sera sans doute plus facile ! Souriez-nous ! offrez nous un petit proverbe de réconfort

  • Bod lan mè pa loin, pourquoi pas, ou encore :
  • cè ziè ki lach
  • vent plein korosol si
  • Tro préssé paka fè jou rouvè
  • Tété pa jen two lou pou lèstonmak
  • Sa ki fèt, fèt. 

  • Sa ki la pou-w, larivyè pa ka chayé-ï. 

  • Sak two plin pa ka maré.

  • Sa zyé pa wè, kyè pa fè mal. 

  • Sé kouto sel ki sav’ sa ki en kè jiromon.

Soudain un sourire amusé… trop bien choisis ces proverbes créoles ! Alors racontez nous encore le temps d’antan ! et voyageons ensemble, sans tristesse, sans remord, vers le bonheur de demain.   

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