Le lavoir était à la femme ce que le cabaret était à l’homme !

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Qui ne se souvient de la très belle adaptation théatrale de Saint-Georges pour le Collège de Saint-Yorre par Madame Géraldine CORDIN. La voici sous d’autres cieux mais toujours dans le théatre avec cette pièce évoquant le souvenir d’instants perdus.

Cela se passe à GERZAT, aux portes de la Limagne, ville active, centre privilégié de l’initiative et de l’expression associative, cité sportive, berceau de la pansette recherchée dans le paysage gastronomique auvergnat, Gerzat a su conserver l’accueil et la convivialité villageoise.

Mais si celà se passait en Guadeloupe on pourrait parler de la rivière ou de la mare au lieu du lavoir… Il faudrait relire ces dialogues ! ils ne devraient pas être très éloignés de ce qui pourrait s’entendre chez nous !

Dix Comédiennes pour le souvenir d’une époque à jamais disparue. L’eukaryote théâtre L’ATELIER à 20 h 30 Théâtre Municipal CornillonIl fut un temps tout proche où l’eau nous était mesurée, où la ville ne la distribuait pas. Jusque dans les années soixante, les villages manquaient de ressources pour installer l’eau courante. Les femmes se retrouvaient avec la lessiveuse, le savon, la brosse, le petit sac de poudre bleue, le battoir et le garde genoux, aux lavoirs publics. La position était inconfortable, le lieu plein de courants d’air et on y souffrait.Tel était le lot des femmes de cette époque. Leurs mères et leurs grands-mères avaient fait ainsi et la petite fille avait déjà son battoir; il fallait bien qu’elle apprît sa condition. Et le plus tôt était le mieux puisqu’il n’existait pas de poudre miracle, pas de machine merveilleuse et que les femmes devaient savonner, frotter, brosser, rincer, battre, rincer encore dans l’eau froide, quelquefois glacée qui leur laissait les
doigts fripés, la peau desquamée, souvent gercée.

Chasser la crasse n’empêche pas les langues d’aller, au contraire… Elles ont le sang chaud les lavandières, elles parlent en travaillant, de leur ménage, de leurs hommes, des grossesses, voulues ou non, des bruits de Paris, des patrons, des patronnes.

Même si les femmes peuvent se taire, le linge lui, parle: de ce qui s’est mangé, des ébats amoureux, du corps, de l’évolution des esprits, de la situation sociale à la veille de la guerre de 14-18. Au lavoir, aucune pudeur n’est possible, aucun masque ne résiste, tout s’étale même le non-dit… Au lavoir, on fait et on défait la réputation des filles et de leurs mères…

Cependant, elles sont toutes solidaires; même infortunées, toujours prêtes à consoler la peine de la veuve, celle de la mère inquiète, tout cela dans les rires de leurs propres malheurs.

Le lavoir était à la femme ce que le cabaret était à l’homme.
C’est la mémoire populaire, la vraie!

Mise en scène manuel pons
Lumiere Guillaume Providence
Avec Alexandre Chanson, Pierre Rossel, Anne Marie Heron, Jackie Ruel, Florence Maréchal, Carole Veyrac, Géraldine Cordin, Julie Mingorance, Noémie Rollin, Aude Hilly

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