LES DÉPLACEMENTS DE LA MISSION COMMUNE D’INFORMATION DU SENAT OUTRE MER ! Le LKP au mépris des traditions d’accueil de la Guadeloupe !

15h15-15h45 : Rencontre avec M. Elie Domota et plusieurs responsables du collectif Lyannaj kont pwofitasyon (LKP) – Cité des métiers (Espace régional du Raizet),

M. Nomarin, représentant la CGTG, a tout d’abord indiqué que les membres du collectif n’avaient « aucune intention de débattre avec la mission sénatoriale, le débat ayant déjà eu lieu dans la rue ». Il a rappelé que la liste des revendications du collectif était connue, mais n’avait eu aucune traduction concrète.
Il a ainsi estimé qu’en matière de carburants, les problèmes n’avaient pas été réglés : le maintien des emplois de pompistes n’est pas négociable et il est nécessaire de mettre en place un service public de distribution de l’essence. La clarté reste à faire en matière de formation des prix, le rapport Bolliet n’étant qu’un « rapport commandé par Total ».
Il a rappelé qu’une partie importante du patronat n’avait pas l’intention d’appliquer « l’accord Bino » et que l’Etat n’avait rien fait en matière de RSTA.
Il a enfin estimé que le LKP, « toujours mobilisé », n’était « pas désuni » et serait encore « présent pour au moins un quinquennat ».
Il s’est déclaré sceptique sur les traductions concrètes des travaux des missions d’information parlementaires, comme celles de la mission sur le chlordécone.
M. Elie Domota a condamné les propos de M. Victorin Lurel, président du conseil régional, qui avait comparé aux événements du 6 février 1934 l’occupation par le LKP de la salle du Congrès des élus, le 7 mai dernier. Il a indiqué que le LKP n’hésiterait pas à renouveler ce type d’action.
Il a rappelé que la préoccupation principale des Guadeloupéens était sociale et que le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans atteignait 60 %, rien n’étant fait aujourd’hui sur cette question.

Il a regretté que les pouvoirs publics se désintéressent des suites de « l’accord Bino », une vingtaine d’entreprises restant ainsi en grève aujourd’hui, et a condamné la « complaisance » du gouvernement à l’égard du MEDEF, pourtant minoritaire dans l’archipel.
Il s’en est pris ensuite aux élus locaux guadeloupéens, « obnubilés par la question de la gouvernance et qui ne portent aucun intérêt à la question sociale » : la question institutionnelle n’a jamais été au cœur du mouvement social.
S’agissant des Etats généraux, il a estimé que les conclusions étaient déjà arrêtées, mettant en garde contre une nouvelle explosion sociale.

Il a estimé que la dernière visite du secrétaire d’Etat à l’outre-mer avait été purement « touristique » et a regretté que ce dernier ait refusé son offre de rencontre.
Considérant que « seule la rue était en mesure de régler les problèmes guadeloupéens », du fait de « l’absence de légitimité des élus locaux et de leur manque de résultats », il a annoncé que le LKP maintiendrait un rapport de force pour faire plier les pouvoirs publics.
A l’issue de son intervention, M. Domota a mis unilatéralement fin à la rencontre.

Pour qui se prend Monsieur DOMOTA ?

Le compte-rendu complet de cette visite importante se trouve ici :

http://www.senat.fr/commission/missions/outre_mer/deplacement/reunion_10_05.html

Laisser un commentaire