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Dans ma petite carrière d’animateur de musique classique à Radio Massabielle, je n’ai jamais eu l’occasion de faire passer cet Opéra de Mozart. C’était pourtant une oeuvre d’importance. C’est pourtant une oeuvre où l’on retrouve le Mozart de l’amour et des femmes. J’avais écouté une version conseillée par mon ami mélomane Roger Bellon, mais le temps à passé et le cher Roger n’aura pa eut le plaisir de m’entendre parler d’Electre et d’Ilia… et dire son fameux « C’est beau » sur le ton péremptoire du sachant. Il avait aimé mes commentaires sur le Cosi et les prodigieuse Flordiligi et Dorabella.
Si je parle aujourd’hui du Roi de Crête et de son fils Idamande c’est sans doute parceque le festival d’Aix aura confié à Olivier PY le soin de monter cette oeuvre pour le plus grand plaisir des amateurs d’Aix et de Mozart… ceux-la même qui ne comprennent toujours pas la présence de Wagner à Aix…
Mozart à Aix quoi de plus normal ! Alors ceux qui ont la chance de pénétrer dans ce temple mozartien qu’est l’Archevéché vont avoir des frissons. Ils y vont pour celà d’ailleurs.
La scène de l’Archevêché est particulièrement peu profonde, mais le décor de Pierre-André Weitz semble s’ouvrir presqu’à l’infini, tant en raison de la hauteur des éléments mobiles que du panneau métallique qui le referme au lointain, lançant des reflets miroités somptueux. (Petit témoignage de Bernard Foccroulle dans son mot quotidien celui du 3 juillet)
Le Directeur Génaral du Festival expliique aussi le choix de la version. Mozart avait composé initialement le rôle d’Idamante pour un castrat, mezzo-soprano. Il a ensuite composé une version pour ténor, et semble avoir pensé réécrire l’opéra pour un Idoménée basse et un Idamante ténor. Aujourd’hui, on monte le plus souvent la version originale avec une mezzo-soprano dans le rôle d’Idamante, mais on perd la force théâtrale de la relation père-fils. Olivier Py et moi-même avons défendu l’option ténor, et au bout du compte, Marc Minkowski s’est rangé à nos arguments. Il semble en être satisfait à présent, même si, me dit-il, on sent ici et là, que les ensembles réécrits par Mozart sont un peu contraints par ce changement de tessiture. Mais quelle force dramatique se dégage de cette confrontation entre père et fils, de cet amour contrarié par les dieux et le destin !
C’est en 1781 que cet opéra a été créé à Munich, très précisément le 29 janvier. Sur un livret de l’Abbé Varesco, d’après un opéra de Campra (le fils bien aimé d’Aix) et Danchet.
Les personage sont connu ainsi que cette légende du Roi de crête puni par les dieux.
- Idoménée, roi de crête (Ténor) sorte d’Ulisse bis tant il lui est difficile de revenir chez lui après la guerre de troie,
- Idamante le fils d’Idoménée (Soprano, quelque fois le rôle est donné à un ténor) théoriquement destiné à mourir,
- Ilia, princesse troyenne fille de Priam, amoureuse de Idamante Soprano,
- Electre, princesse Grecque (Soprano), elle aussi amoureuse de Idamante,
- Arbace, confident d’Idoménée (Ténor),
- Le grand prètre de Neptune (ténor),
- et la voix de Neptune (Basse)…
Mais il ne faut surtout pas oublier le peuple de crête (un clin d’oeil d’Olivier PY – un rien pesant, mais sympathique– aux sans-papier d’aujourd’hui, de tout pays, de toutes couleurs, en costumes traditionnels ou non), les prisonniers troyens, les marins, les soldats, les prêtres de Neptune et les danseurs…
Idoménée est un drame et la musique est pour ainsi dire sérieuse. Tout est prodigieusement beau dans cette oeuvre d’un Mozart qui est déjà tout simplement Mozart.
Mais Mozart est le musicien des femmes et de l’amour ! Alors au troisième acte, on atteindra sans doute le sommet de la perfection lorsque Ilia, qui ne songe qu’à son amour pour Idamante chantera cette aria mémorable « Zeffiretti lusindhieri ».
La retransmission sur Radio Classique aura permis à quelques mélomanes de Guadeloupe d’entendre cet écho d’Aix en Provence et de frissonner. Celà ne vaut pas d’être dans la salle de l’Archevéché, de sortir à l’entr’acte, de s’offrir une petite flute de Champagne frais, puis de regagner sa place en écoutant deci delà quelques appréciations de spécialiste.
Tous les spectateurs des Mozarts d’Aix sont des officionados dont il faut écouter les avis, les grognements, les contre murmures….
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Télérama aura titré : la frénésie d’IDOMENEE selon PY !