RESUME N° 15 –
La phase préparatoire des États généraux de l’outre-mer (EGOM) approche de sa fin : les synthèses se préparent et devraient être rendues d’ici la fin juillet, au moins dans les DOM et dans l’Hexagone. Plusieurs politiques (au Sénat, à l’Assemblée nationale) manifestent leur volonté de s’exprimer sur le dossier et commencent à publier ou esquisser des rapports – au risque d’alimenter les suspicions de conclusions « déjà prêtes » qui flottent depuis le début sur les EGOM.
Par ailleurs, la question du prix de l’essence s’invite (de nouveau) dans les quatre DOM : la nouvelle secrétaire d’État chargée de l’outre-mer met en cause la fixation des prix – au risque d’alimenter une nouvelle inflation. Dans l’ensemble des DOM ainsi qu’en Polynésie française, la question statutaire revient de manière récurrente (plus d’autonomie… vers l’indépendance…), relancée par le président de la République de passage aux Antilles – au risque d’alimenter la rumeur d’un désamour des Français envers leur outre-mer. Mayotte fait évidemment figure d’exception puisqu’elle se dirige, en sens inverse, vers le statut départemental. La question du chlordécone plane également sur les EGOM, à la suite d’un rapport parlementaire plane, car elle n’y est pas traitée, de même que la santé qui semble un autre absent de taille. La culture et l’économie sont également abordées sous deux angles différents, parfois antagonistes : convient-il de se faire le relais de l’Europe dans son aire géographique ou de s’insérer pleinement dans cette aire ? Ainsi, Elie Domota ne veut pas que la Guadeloupe devienne « une plate-forme de redistribution des surplus de productions de l’Union européenne dans la Caraïbe », semblant s’opposer aux projets de « hub » évoqués par le Medef.
GUADELOUPE – Selon Infoantilles.sasi.fr (3 juillet), la nouvellesecrétaire d’Etat à l’outre-mer – Marie-Luce Penchard – affirme sa volonté de mettre fin au système de fixation des prix des carburantsaux Antilles-Guyane : comme le signale le site Internet, « la perspective de libérer les prix alors que les cours du pétrole remontent n’est pas sans risque pour le consommateur ». Cefaisant, selon DomHebdo, elle « cède à la pression des pétroliers et notamment de la SARA qui menace régulièrement de cesser sesapprovisionnements ». – Les Guadeloupéens sont toujours mobilisés, affirme Elie Domota à France-Antilles (26 juin) : « Nous n’avons pas cessé de dénoncer les états généraux, nous n’y avons jamais mis les pieds, nous n’y avons apporté aucune contribution, le LKP n’y a jamais participé, donc si on veut pas nous rencontrer, c’est ce qu’il faut faire : nous inviter aux états généraux ». – Sarkozy « débarque » en Guadeloupe, selon lemême quotidien : « Si le déblocage par l’État d’une enveloppe de 580 millions d’euros le 19 février (pour faire droit à l’accord Bino) a progressivement mis un terme aux grèves générales, le malaise social – entretenu par un LKP insatisfait en Guadeloupe -, et politique, soutenu par les querelles entre partisans de l’article 73 et tenants de l’article 74 de la Constitution, ne s’est pas dissipé. Tout ceci sur fond de grave crise économique (6 000 chômeurs de plus en mars-avril-mai), liée, selon des observateurs à quarante-quatre jours d’inactivité économique, selon le LKP à un patronat qui prend prétexte de cette grève longue pour éliminer les canards boiteux et reprendre leurs billes pour aller investir ailleurs ». – En Guadeloupe, l’économie reste déstabilisée, selon une dépêche AP du 26 juin reprise par le site du NouvelObservateur : La crise est «terrible», juge Colette Koury, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie de Pointe-à-Pitre, qui s’est crue abandonnée par lepouvoir politique face aux revendications syndicales. «On avait l’impression que tout était orchestré pour se débarrasser de nous. On n’y comprenait rien. Il y a euréellement un flottement», juge-t-elle aujourd’hui. – Selon France-Antilles du 29 juin,le Liyannaj kont pwofitasyon (LKP) poursuit sa mobilisation dans les entreprises qui n’ont pas encore signé l’accord Jacques-Bino et démontre qu’il représente encoreune certaine « démocratie syndicale » face à une « démocratie politique », avec des élus des collectivités majeures (conseils général et régional) et locales (maires) quientendent reprendre la main durant les semaines et mois à venir : « Selon les autorités, 2 000 personnes ont défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre. Ils étaient 4000 selon les organisateurs du LKP. » À propos de l’intégration dans la Caraïbe, Elie Domota a relevé que l’ouverture annoncée par Nicolas Sarkozy était déjà effective à travers les accords de partenariat économiques (APE) et regrette que l’on veuillefaire « de la Guadeloupe une plate-forme de redistribution des surplus de productions de l’Union européenne dans la Caraïbe, avec un port en eaux profondesoù transitent 500 000 conteneurs ». – Selon Infoantilles (2 juillet) qui rend compte d’une étude de l’INSEE, la pauvreté progresse aux Antilles.
MARTINIQUE – Dépolluer les sols, la grande priorité, titre France-Antilles le 1er juillet en rendant compte d’un rapport sur lechlordécone de Jean-Yves Le Déaut, député socialiste de Meurthe-et-Moselle, et Catherine Procaccia, sénateur UMP du Val-de-Marne. – Miguel Laventure, secrétaire général des FMP (Forces martiniquais de progrès) et vice-président du conseilrégional, envisage « la consultation annoncée des électeurs sur l’évolution statutaire de la Martinique sur le modèle d’une collectivité unique régie par l’article 73 de la Constitution comme, peut-être, première étape avant l’autonomie » (France-Antilles, 30 juin). – Le 2 juillet, le quotidien prolonge la réflexion et se demande si la consultation portera sur une ou plusieurs questions, Une interrogation légitimée par les propos de Nicolas Sarkozy qui a énuméré plusieurs pistes de réflexions : «Le statu quo, la création d’une collectivité unique régie par l’article 73, ou le statut d’autonomie dans l’article 74. Toutes ces hypothèses présentent des avantages et des inconvénients que le débat public doit contribuer à clarifier.»
LA REUNION – Selon le JIR (Journal de l’île de La Réunion), un référendum sur l’autonomie ne semble pas la « priorité » à la Réunion (30 juin) : à l’exception desdéputés Didier Robert et René-Paul Victoria, les autres parlementaires locaux n’ont pas souhaité réagir sur la récente proposition faite par Nicolas Sarkozyd’organiser, en Martinique, un référendum sur l’autonomie. – Le même jour, l’Union démocratique réunionnaise (UDR), présidée par Daniel Pouny, veut faire comprendre que « ce n’est pas le statut de La Réunion qui pose problème, mais sa gouvernance : le préfet, qui exerce le pouvoir territorial, entouré d’une haute administration, qui n’a pas assez de vécu réunionnais et de culture locale pourcomprendre la situation réunionnaise, pour écouter et entendre notre population ».
L’UDR propose ainsi que « 50 % des emplois dans la haute fonction publique d’État soient confiés aux originaires de l’île ». – Le 2 juillet, le PCR veut une coopération « avec les mammouths que sont l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, mais également avec les îles voisines. Ainsi nous diversifierions nos sources d’approvisionnement (actuellement européennes à 70 %) et, compte tenu de la proximité, les coûts seraient moindres » (JIR). – Le commerce entre les pays de la région ne représente « que 5% dans nos échanges, soit 12 fois moins que l’Europe qui est pourtant dix fois plus loin » (précise Témoignages, le 4 juillet). – « Un projet de développement créateur d’emplois tout en respectant l’environnement, l’identité culturelle et en renforçant la cohésion sociale : c’est la contribution du Parti communiste réunionnais » (Témoignages, 3 juillet) : selon Fabrice Hoarau, « aide à la personne et environnement sont le gisement de milliers d’emplois ».
GUYANE – Selon la lettre hebdomadaire publiée par le préfet Michel Champon, chargé des EGOM, le 2 juillet, une demande insistante remonte de rééquilibrer la représentation territoriale de la Guyane en donnant plus de place à l’Ouest et aux « fleuves » dont la démographie évolue très vite (réunion publique de Saint-Laurent du Maroni, le 26 juin). À noter : une superbe photographie de Sophie Charles, vice-présidente de l’ACCD’OM pour la Guyane, en page 2 !
POLYNESIE FRANCAISE – Les États généraux de l’outre-mer en Polynésie entrent dans la « phase diagnostic », selon Tahiti Presse (2 juillet). Les délégués polynésiensde ces États généraux, Heremoana Maamaatuaiahutapu et Joël Allain, ont rédigé une charte rappelant les axes de leurs discussions, à savoir « donner la parole à lasociété civile », et faire de ces réunions « un lieu d’échange et de partage ». Les animateurs désirent en effet que le débat politique ne vienne pas « polluer » cette« réflexion collective ». Sept ateliers ont été mis en place : culture, crise économique, grands projets structurants, développement durable, renforcement de l’efficacité des institutions, mise en oeuvre d’un partenariat rénové entre État, Pays et communes,mais aussi le dossier de « l’après nucléaire ». – Le même jour, Tahiti Presse fait étatdes Assises de l’Outre-mer au Parlement : le député polynésien Michel Buillard fait état, dans un communiqué, de propositions concrètes qui seront ensuite intégrées dans le « Rapport de propositions pour l’outre-mer de l’Assemblée nationale » ; LaFrance, « grâce à la Polynésie française et à ses collectivités du Pacifique, peut jouer un rôle prépondérant en matière d’enseignement, de promotion de la francophonie et d’exploitation de ses immenses richesses naturelles. Pour cela il est important de favoriser les échanges dans la zone Pacifique, qu’ils soient culturels, économiques(recherche…) ou universitaires ». A ce titre, « compte tenu de sa situation géographique, la Polynésie française pourrait devenir la plaque tournante deséchanges numériques entre l’Asie et l’Amérique du Nord et du Sud », a également voulu faire valoir le conseiller économique et social Michel Paoletti. – Selon les Nouvelles polynésiennes : Christophe Serra-Mallol anime le troisième atelier, surle vaste thème du “renforcement de la contribution des productions locales au développement économique et la promotion d’un développement endogène au bénéfice des Polynésiens”. Il sera de ceux qui proposeront des solutions d’avenirpour s’approcher de “l’autonomie économique” tant prônée. – Le lendemain 3 juillet(Tahiti Presse), Mizaël Faucon, l’un des participants à cet atelier, estime qu’il y a urgence à agir face à l’épuisement des ressources énergétiques fossiles et l’appauvrissement de la biodiversité. – Le même jour, les Nouvelles rendent comptede la première réunion plénière de l’atelier 7 des états généraux intitulé “Gérerl’après-nucléaire : mémoire, reconnaissance et responsabilités” : une vingtaine de personnes seulement y ont assisté, la mise en route a été laborieuse, mais maintenant le débat est lancé.
HEXAGONE – « Ne touchez à rien ! C’est en substance qu’auraient aimé les Martiniquais vivant dans l’Hexagone selon Patrick Karam. Le délégué interministériel à l’égalité des chances a entendu certains d’entre eux mardi 8 juillet 2009 lors d’une réunion mise en place dans le cadre des États généraux dans l’Essonne. Les participants martiniquais ont fait part de leur appréhension quant au prochain référendum sur l’évolution statutaire de ce département français d’Outremer. Selon Patrick Karam, « ils ne veulent pas que la décision concernant la Martinique soit prise sans eux et être l’otage des élus ». Sur un million d’ultramarins vivants dans l’Hexagone, 300 000 sont martiniquais selon le délégué interministériel. Pourront-ils participer à ce « référendum » ? La constitution ne le prévoit pas » (RFO, 9 juillet).
MAYOTTE – RAS.
NOUVELLE-CALEDONIE – RAS.
SAINT-MARTIN – RAS.
SAINT-BARTHELEMY – RAS.
SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON – RAS.
WALLIS-ET-FUTUNA – RAS.