René BONNET ! le personnage du quartier !

D’autres seront plus qualifiés que moi pour évoquer la mémoire du Docteur René BONNET (dite bonnette ! c’est la prononciation des Pointus Pointois, comme Clarette, Tarette…).

Moi je ne peux rien faire d’autre que de me souvenir avec une grande émotion de ce quartier de la Ville de Pointe-à-Pitre dans lequel on voyait passer sa haute et élégante silhouette. Je n’ose pas piquer la photo du Scrutateur, mais c’est bien le Cher Docteur, son sourire, son regard. 

Que de souvenirs dans ce quartier !

  • Ce quartier avait un son, un bruit ! celui du petit matin… le chant mécanique caractéristique du moteur de ces camionettes citroën au nez applati revenant du marché. Je ne pourrais pas vous reproduire ce son, mais si je l’écoutais je le reconnaitrais entre mille.
  • Ce quartier avait aussi une odeur… celle d’une imprimerie…  Je ne pourrais pas vous reproduire cette odeur, mais si je la sentais je la reconnaitrais entre mille.
  • Ce quartier avait aussi une singulière curiosité… un musée avec des objets effrayants comme un mouton à deux têtes. Je ne peux plus vous le décrire car ce musée L’Herminier, du nom de Félix et Ferdinand l’Herminier, a été vandalisé, entre autres, à l’occasion des bals qui y étaient donnés le samedi soir… et le dimanche matin on voyait ces chapardeurs inconscients et « enrhomés » quitter les lieux avec les précieux objets de la collection… image tellement insignifiante de mon pays. 
  • Ce quartier comme de nombreux autres avaient des trottoirs, des dalots, des fils électriques nus et même un immense hôtel… sauf que ces trottoirs nous les connaissions comme notre poche pour les avoir empruntés à vélo ou avec nos cabouets à direction encordée et volants, sauf que nos dalots étaient de véritables « Gorges du Verdon » pour nos bouts de bois d’allumette… sauf que nos fils électriques que nous touchions presque en ouvrant les fenêtres du Galetas.

Tous les Pointois auront reconnus cette rue Sadi-Carnot qui se terminait par l’escalier monumental du Lycée du même nom. Oh ! il nous arrivait de nous aventurer rue Henri IV ou rue Schoelcher, mais nous revenions comme des balles de Jokary vers notre rue… le Garage Charneau d’où partait chaque jour qu’il pleuve ou qu’il vente la navette « PTT » pour Basse-Terre, le petit magasin qui vendrait des Bonbons Kréma… Un jour ce quartier l’enflamma au sens propre du terme et ce quartier fut le témoin d’actes de courage et de solidarité…   

Edouard Boulogne aura dit, sur son Blog, l’essentiel sur ce Grand-Homme, ce Grand Docteur, ce Grand Guadeloupéen, ce Grand Rotarien, ce Grand représentant d’une Grande Famille créole, d’une Grand Famille Pointoise…

Je garde simplement dans ma mémoire un dialogue assez mystérieux pour un jeune écolier de mon âge, entre le Docteur René Bonnet et un autre grand personnage de ce même quartier… Ils parlaient de choses dont on ne devait pas parler à table… même si on en parlait quelques fois… à la grande confusion de celui qui en avait parlé le premier… Mais c’était chose sérieuse car il s’agissait, ni plus ni moins, que de pourchasser une maladie très invalidante : « la Bilharziose »… tout jeune je ne comprenais qu’à peine cette conversation à caractère scientifique ces échanges très sérieux menés sur ce bout de trottoir… entre deux courtoises révérences à quelques gentes passantes….

  • Comment les habitués de Dolé pouvaient-ils être contaminés ? alors que le bassin était régulièrement passé à la chaux… On trouva par la suite que c’était le petit « lavépied » à côté qui était contaminé…
  • Quelle incidence de la lune sur la recherche des oeufs pondu dans le corps humain,
  • Comment expliquer l’attaque de certains organes comme le foi,
  • L’indispensable ceuillette des planorbes dans les rivières, leurs cornes rongées si elles sont infestées,
  • Comment rompre le cycle infermal entre l’homme et ce molusque…

Et soudain deux rires qui terminaient ces échanges sur une bonne blague salée juste ce qu’il faut !

Je présente, en mon nom et au nom de tous les miens, à cette Grande Famille Pointoise mes condoléances à l’occasion du décès du Docteur René BONNET.

Son souvenir est à jamais gravé dans nos mémoires et dans les livres, juste à coté du Docteur Daniel BEAUBERTHUY, héro du Vénézuéla et si peu récompensé dans son propre pays.

Quand au musée l’Herminier vous pouvez en faire une visite virtuelle ici :

http://www.shnlh.org/www/pages/musee.html

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