LA GRANDE EGLISE
D’après les historiens Jules Ballet et le Chanoine Ballivet, la première pierre de la quatrième église construite à Pointe-à-Pitre depuis 1690, fut posée le 22 septembre 1807, sur le morne dit du Gouvernement.
Achevée en 1818, par l’Ingénieur-Architecte du génie militaire, Nasseau. Elle arborait un style empire, froid et austère, très prisé à l’époque.
C’est en 1820 que furent acquises les statues de SAINT-PIERRE ET SAINT-PAUL, qui ornent la façade de l’église actuelle. Les statues des quatre évangélistes virent s’ajouter par la suite.
Le Maître-autel initial aujourd’hui disparu, don de M. Foulquier ancien curé de la paroisse y fut placé en 1827. Une horloge au goût très contesté fuit placée en 1834 sous son petit clocher coiffé d’un dôme en ardoise. Le cimetière paroissial, qui selon l’usage entourait l’église, fut supprimé en 1807 date à laquelle fut créé le cimetière actuel.
Le tremblement de terre de 1843 qui détruisit presque toute la ville, n’épargna pas l’église qui fut reconstruite presque entièrement après être restée fermée 10 ans. Ce fut l’architecte Petit qui en 1844 commença sa reconstruction. Il conserva tout ce qui était possible, notamment les trois grandes portes et la façade italienne.
Pendant ce temps, une chapelle fut improvisée au « Morne à Cailles ». Mais compte tenu de son éloignement, on transforma le rez-de-chaussée du presbytère, récemment construit sur le côté de l’esplanade de l’Eglise afin d’y célébrer la messe et les cérémonies.
La première pierre de la nouvelle église fut posée le 29 décembre 1847, par M Champy, maire de Pointe-à-Pitre, et bénie par M. Charbonneau, curé de la paroisse et chanoine honoraire de Tours. L’édifice fut achevé six ans plus tard.
Livré au culte le 7 juillet 1853, l’église fut consacrée le 29 juin 1879, M. Nicolas étant Maire, M. Laurencin administrateur apostolique et M. Trouillé architecte.
En 1865, le bâtiment présentant des dangers d’effondrement, fut fermé à nouveau. Une charpente métallique fut prévue pour remplacer les colonnes de bois défectueuses.
Monsieur Trouillé, architecte-voyer, fut délégué en France en 1868 pour surveiller la construction de cette charpente métallique.
La guerre de 1870 éclate. Ce n’est qu’en 1871 que l’usine Jolly d’Argenteuil parvint à livrer les 370 tonnes de charpente métallique de style Eiffel, conçues pour résister aux séismes et ouragans fréquents.
L’Eglise fut achevée et réouverte au culte en 1873. Les plâtres des voûtes et des plafonds sont dus à Bureau, maître maçon à Paris, et à Gaudeix (1875).
Mais une série de calamité compromettra encore la solidité de l’église : tremblement de terre de 1897, les cyclones de 1928, 1956 et 1966 ont à tour de rôle endommagé sérieusement la façade, les verrières les vitraux et la toiture de l’édifice, qui fut soumis à des réparations successives.
La « Grande église » comme on l’a dénommée, est le deuxième siège de l’évêque, qui porte le titre d’évêque « de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre ». C’est une basilique à trois nefs, au vaisseau grandiose, à la voûte ample, avec une chapelle à l’extrémité de chaque nef latérale. Elle peut contenir 3000 personnes.
Derrière le chœur se trouve la sacristie en fer à cheval sous le clocher.
L’AUTEL
Composé de marbre de carrare des Pyrénées et du Portugal, sorti des ateliers du Maître Vincent Bononi, n’est point celui que l’architecte Trouillé avait dessiné initialement et qui avait été jugé trop fragile pour un pays soumis aux tremblements de terre. L’autel initial, d’une composition plus joyeuse, se trouve aujourd’hui dans l’église de Joyeuse en Ardèche.
LES GRANDES ORGUES
L’orgue actuel, à transmissions mécanique, le cinquième depuis la construction de la basilique, fut installé en 1981 par la maison LAVAL-THIVOLLE.
La magnifique sonorité de l’instrument et la grande virtuosité du titulaire des orgues, M. Richard Louise, font merveille lors des célébrations, offices et cérémonies qui rythment la vie de la paroisse.
LA DECORATION
La décoration, exécuté par les artistes locaux Everard de Bérard et Budan s’harmonisait artistiquement avec la nef plafonnée à l’italienne.
Les vitraux des fenêtres supérieurs de la nef centrale, au nombre de vingt, en « grisaille » c’est-à-dire sans personnages, sauf les trois du milieu, sont de A. Lusson peintre verrier conservateur des vitraux de la Sainte-Chapelle à Paris.
Après le cyclone dévastateur de 1966, cinq vitraux de la nef et seize demi-verrières furent crées et exécutés en dalle de verre de Saint-Gobain par Frédérique Durant, maître verrier à Gordes (Vaucluse).
La plupart de ces vitraux n’ayant pas résisté à l’ouragan Hugo en 1989, ont été déposés
LA RESTAURATION
L’église a été reconstruite sur un morne arasé, en terrain madréporique sujet à la salinité. Malheureusement, les importantes remontées d’eau chargées de sels ont entrainé à la longue des efflorescences sur les murs, ainsi que la rouille des fers avec fissures dans les murs et destruction partielle des enduits, plus particulièrement à l’extérieur. Les nombreux cyclones et tremblements de terre ont abîmé et provoqué l’oxydation des fers de la partie métallique de la nef y compris ceux noyés dans la maçonnerie.
Les travaux de restauration engagés il y a lus de 27 ans, qui ont déjà mobilisé des fonds importants, plus de 5 millions d’euros ont permis de conserver l’intégralité du système parasismique et de mettre hors d’eau l’édifice.
La restauration des façades latérales (les bas côtés), de la façade principale et du chevet ont permis de stopper les remontées d’eau, de traiter les fers contre la corrosion et de remplacer ceux qui avaient disparu avant de réenduire et de badigeonner les murs.
La restauration des statues de la façade a été lourde, délicate et coûteuse.
De très nombreux travaux restent à réaliser :
La restauration de la nef, des toitures, du décor, les vitraux, le mobilier.
Tout cela réclame des budgets colossaux.
L’église rénovée
L’ASEP suit avec intérêt toutes les phases de cette longue restauration et entend apporter sa contribution à la poursuite des travaux et sa participation au financement des décors, du mobilier, et autres ornements… comme elle le fait déjà pour l’entretien des orgues.
A.S.E.P
Association pour la Sauvegarde de l’Eglise Saint-Pierre et Saint-Paul
Association loi 1901 Fondée en 1977
Adresse : Foyer Sacerdotal Oscar LACROIX
17 rue de la République
97110 POINTE-A-PITRE
Tél : 0590 82 02 17
L’A.S.E.P a pour but :
– d’aider à la conservation et la restauration de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul de Pointe-à-Pitre,
– de développer la musique classique et religieuse,
– de remettre en état et d’entretenir les orgues et d’organiser des concerts,
– de promouvoir toute forme de dialogue et de collaboration entre les collectivités et les administrations de nature à assurer la restauration et la sauve garde de l’édifice,
– de rechercher tous les moyens aptes à poursuivre cette œuvre.
Pour adhérer à l’A.S.E.P :
– demander un bulletin d’adhésion au presbytère de la paroisse Saint-Pierre et Saint-Paul, 17 rue de la République à Pointe-à-Pitre,
– adresser vous à la sacristie après les offices.