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La chancelière Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy appellent à accélérer les négociations internationales sur la réduction mondiale des émissions de gaz à effet de serre.
À deux mois et demi du sommet international de Copenhague, qui s’annonce crucial pour l’avenir du climat mondial, ils ont envoyé vendredi (18.09), une lettre conjointe au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon.
Ce dernier réunit mardi (22.09) à New York plus de 90 chefs d’État et de gouvernement pour évoquer le problème du climat, alors que les négociations prennent du retard. Cette réunion doit être celle « de la mobilisation politique pour parvenir à un accord mondial ambitieux à Copenhague », écrivent Mme Merkel et M. Sarkozy.
Mandat clair pour Copenhague
Selon les dirigeants français et allemand, « nous devons donner [à New York] un mandat clair à nos négociateurs pour aboutir à un accord permettant de limiter l’élévation des températures dans le monde à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle ». Mme Merkel et M. Sarkozy soulignent l’importance de l’enjeu : « Dans moins de cent jours, les 192 États membres des Nations Unies prendront des décisions dont dépend l’avenir de l’humanité et celui de notre planète ».
Concrètement, les deux dirigeants souhaitent que la réunion de New York permette de préciser les grandes lignes d’un consensus sur « quatre points essentiels » :
- un objectif global de limitation des températures à 2°C (qui rendra nécessaire une réduction d’au moins 50% des émissions mondiales d’ici à 2050 par rapport au niveau de 1990),
- des engagements contraignants et ambitieux des pays développés sur le long et sur le moyen terme,
- l’engagement des pays émergents de réduire la croissance de leurs émissions assorti d’un calendrier et, enfin,
- des mécanismes efficaces pour appuyer les politiques de réduction d’émission et d’adaptation dans les pays en développement.
Responsabilités communes mais différenciées
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy rappellent le principe de « responsabilités communes mais différenciées » face au réchauffement climatique. « Tous les pays, à l’exception des plus pauvres, doivent s’engager financièrement en fonction du niveau de leurs émissions et de leur capacité de financement », écrivent-ils. « Les pays en développement doivent s’engager à établir et à rendre publics avant 2012 des ‘plans de croissance sobre en carbone’. En contrepartie, les pays développés doivent s’engager à les aider à définir ces plans et à les mettre en œuvre ».
Pour l’heure, c’est sur cette question du financement des efforts de réduction dans les pays en développement que les négociations semblent achopper. Pour y remédier, l’Union européenne a proposé à ces pays une aide allant jusqu’à 15 milliards d’euros par an pour faire face aux coûts supplémentaires à partir de 2020. Le Japon s’apprête à présenter une contribution similaire.
Engagements européens
Dans leur lettre, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy soulignent que l’Union européenne (UE) s’implique fortement sur ce dossier, et qu’elle attend que le reste du monde la suive. L’UE a pris des engagements fermes : le paquet « Climat et énergie », entré en vigueur en juin dernier, contraint les 27 pays européens à réduire leurs émissions de 20% d’ici à 2020. « L’Union européenne est déterminée à engager la transformation majeure de l’économie et de la société indispensable pour une croissance sobre en carbone. Mais cette transformation n’aura de sens que s’il existe partout dans le monde une réelle volonté de dépasser les intérêts particuliers : tous les pays ont intérêt à s’engager sur le chemin d’un développement économique et social à faible émission de carbone », soulignent Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.
Equité
Les deux dirigeants ajoutent, enfin, deux éléments à leurs yeux importants pour parvenir à un accord efficace et équitable sur le climat. D’une part, ils estiment qu' »il ne serait pas acceptable que les efforts des pays les plus ambitieux soient compromis par les fuites de carbone qui résulteraient de l’absence ou de l’insuffisance d’actions de certains ». Ils souhaitent la mise en place de « mesures d’ajustement appropriées » pour contrer ces comportements de passagers clandestins. De l’autre, ils jugent nécessaire de repenser la gouvernance de l’environnement. Pour ce faire, ils suggèrent la mise en place d' »une nouvelle architecture institutionnelle » et l’émergence d’un droit international de l’environnement.
Source les Nouvelles d’Allemagne