Le Créole c’est la vie !

Le très bel et important article d’Edouard Boulogne sur le Créole, me ramène 20 ans en arrière, au moment ou j’avais cristallisé sous mon nom l’opposition de l’entrée du créole à l’Ecole.

http://www.lescrutateur.over-blog.com/article-independantisme-maladie-infantile-du-creole-par-edouard-boulogne–38431856.html

20 ans après je ne change pas d’avis bien au contraire sur l’indispensable nécessité de cultiver le créole et nous osions même publier un petit livre bleu qui s’était intitulé « Le Créole c’est la vie ».

Il est sans doute nécessaire de revenir un moment sur ces épisodes quelques fois croustillants de l’action des Parents d’Elèves contre l’entrée du Créole à l’école.

Tout commence avec la fameuse déclaration de Bâton Rouge, où le Recteur de l’Académie Antilles Guyane Bertène Juminère fait annoncer l’entrée du créole au Lycée. Les parents d’élèves du Lycée Polyvalent de Bainbridge s’en émeuvent… c’est déjà les vacances et nous sommes reçus, à notre demande, sous un flamboyant en fleur du côté des Abymes, par Monsieur Joseph SARLAT, vice recteur d’Académie : nous découvrons avec stupeur que cette entrée du créole au lycée se fait en Guadeloupe et pas en Martinique, sans programme, sans préparatifs, sans enseignants… Nous demandons à Monsieur SARLAT de bien vouloir transmettre à Monsieur le Recteur notre ferme opposition.

Mais un NON aussi catégorique nous gène et nous profitons du passage en Guadeloupe de Guy et Marie-Christine HAZAËL-MASSIEUX pour organiser un colloque sur le créole. Notre seule ambition est alors de pouvoir à la rentrée dire à Monsieur Bertène JUMINERE : pour le créole au lycée c’est NON ! parce que !

Nous avions demandé l’autorisation de tenir ce colloque à l’Université de Fouillole et sans réponse à notre demande de mise à disposition d’une salle, nous sommes une quarantaine de « Congressistes » à nous présenter devant le Gardien qui n’a aucune consigne sinon de nous refuser l’entrée. Nous discutons et obtenons son autorisation de pénétrer dans les lieux. Nous lui étions apparus comme des gens sérieux…

Nous voici alors dans une très belle salle et quelques minutes à peine après l’ouverture de la séance par le Président, notre gardien frappe à la porte nous demande si nous allons bien parler du créole et nous dit son souhait à lui et à son épouse de participer. Lui et son épouse sont accueillis à bras ouverts et auront été d’une très grand utilité pour la prononciation de certains mots….

La conférence de Guy est suivie d’un très large débat et il est minuit passé quand nous arrivons enfin à fermer les portes de Fouillole.

La richesse des échanges nous conduit tout simplement à passer la nuit sur un ordinateur pour réaliser ce qui deviendra le journal du colloque.

La seconde réunion se déroule dans cette même ambiance étonnante… Nous sommes sous le charme de Marie-Christine et nous fermons les portes à une heure du matin. Le numéro 2 du journal du colloque est rédigé et imprimé dans la nuit ouvre le colloque vers les techniques d’écriture et un questionnaire est proposé aux participants sur les préférences de l’écriture des mots. Deux journalistes échappés un moment du tour de la Guadeloupe à vélo, viennent interviewer ces squatters de fouillole.

La troisième soirée puis la quatrième font découvrir aux participants la richesse du sujet et le dernier jour le colloque s’ouvre sur le Grand Public avec un amphi plein à craquer offrant à Guy un auditoire à la hauteur de son talent.

Nous sommes sortis de cette aventure avec un importante documentation qui aura permis d’imprimer à quelques centaines d’exemplaires un petit livre bleu sur le Créole et la Vie. Notre fierté aura été de recevoir commande de plusieurs universités américaines. Mais nous avions aussi l’intime conviction que le créole devait être enseigné dans les écoles, mais qu’il fallait au préalable des programmes, des enseignants et une orientation pédagogique raisonnable.

Pour la petite histoire Monsieur le Recteur JUMINERE décidait de ne pas affronter les Parents d’Elèves du Lycée polyvalent de Baimbridge et se contentait d’une petite entrée au Lycée Technique, ce qui lui valut une volée de bois vert des enseignants de cet établissement. Une enseignante de Bouillante tentait de forcer l’enseignement du créole dans un établissement du primaire et se voyait vigoureusement contrés par les Parents d’Elèves du coin. Elle devait quitter Bouillante.

Quand est-il aujourd’hui de l’enseignement du créole en Guadeloupe et en France ? je ne pourrais pas le dire ! Je laisse le soin à d’autres plus jeunes de sonder les coeurs et les âmes des Guadeloupéens !

Mais pour moi le créole c’est la vie !  

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