Entretiens de l’excellence : de l’espoir pour nos jeunes ! Kenny Jean-Marie, directeur de cabinet du préfet de la dordogne

Nous empruntons au journal SUD-OUEST cette TRIBUNE LIBRE de notre brillant compatriote.

()

(Jean-Marie KENNY)

Lorsque quelques jours après mon arrivée en Dordogne, j’ai été invité à participer à l’organisation des premiers Entretiens de l’excellence décentralisés à Bordeaux, ma réponse fut oui, tout de suite !

Tout simplement parce que je me suis revu en Guadeloupe à l’âge de 15 ans, puis juste après le baccalauréat. Je me suis rappelé que j’avais alors une idée très précise de ce que je voulais devenir, mais je n’avais aucune idée du parcours du combattant qui m’attendait.

À ces moments clés de ma vie, j’aurais aimé être conseillé par des personnalités telles que celles qui seront présentes ce samedi 14 novembre 2009 : une cinquantaine d’intervenants de haut niveau issus de la « diversité ».

Cette diversité contribue à la richesse de l’excellence française, mais il faut aujourd’hui transformer ces paroles en actes. En effet, aujourd’hui, pour de nombreux jeunes, l’ascenseur social français peut paraître en panne ou fonctionner au ralenti et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, notre processus de fabrication des élites s’apparente à une « matrice » complexe à lire. Nous disposons d’un système très particulier de classes préparatoires et de grandes écoles qui a certes fait ses preuves mais qui, pour nombre de jeunes adolescents, apparaît inaccessible. En la matière, en prenant une allusion cinématographique, il n’y a que deux options : changer la matrice (tout un programme) ou s’y insérer. Mais peu importe, dans un contexte de compétition mondiale, l’école doit demeurer, plus que jamais, le lieu de l’intégration républicaine.

Ensuite, il s’agit d’un ascenseur social à « digicode ». Les jeunes à potentiel qui ne disposent pas du capital social minimal (ou qui n’ont tout simplement pas les moyens) restent trop souvent sans code d’accès. Ils font l’expérience, tour à tour, de l’inhibition de leurs parents, de l’absence de modèle, de l’absence d’une information accessible, de leur autocensure et, pour finir, du fameux plafond de verre !

À ce sujet, je tiens de mon éducation qu’il faut bien faire ce que l’on fait, c’est ma définition de l’excellence. Alors, transperçons ce plafond de verre (psychologique ou réel) et évitons la fuite des cerveaux que nous constatons actuellement. Sinon, le risque est qu’elle devienne une véritable voie d’eau pour le « navire France ».

Enfin, l’ère de la téléréalité et des technologies de l’information et de la communication laisse peu de place à la patience : le rapport de nos jeunes au temps est déformé. Or, l’excellence ne se décrète pas, elle se bâtit sur du long terme. En la matière, comme le disait Sénèque l’Ancien : « Ce n’est pas que nous disposions de très peu de temps, c’est plutôt que nous en sommes prodigues. »

Dès lors, les Entretiens de l’excellence constituent un moment privilégié pour nos jeunes Aquitains, de tous horizons. C’est une opportunité unique de découvrir des parcours d’excellence possibles, d’en comprendre la construction et de susciter des vocations. Avec cette journée, nos jeunes doivent voir, savoir, vouloir.

Ces Entretiens de l’excellence n’ont pas pour objectif de nous mettre bien égoïstement en avant. Il s’agit plutôt, avec la force de l’exemplarité, d’informer, de conseiller et de soutenir. Cela passe par une logique de transmission.

Le travail que nous entamons désormais en province et bientôt en outre-mer s’adresse à notre jeunesse, il s’adresse à ceux qui s’interrogent aujourd’hui sur le sens à donner à leur avenir.

En somme, je reprendrai à mon compte ces quelques mots de Césaire : « Je suis du côté de l’espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté. »

Participation libre mais inscription nécessaire sur le site Internet www.lesentretiens.org/Entretiens_Excellence/Bordeaux/

Kenny jean-marie, directeur de cabinet du préfet de la dordogne

Laisser un commentaire