Dans « Jouer le jeu »,Félix EBOUE nous invite à décrypter la signification de l’offrande de modestes fleurs des champs par une paysanne guadeloupéenne….
« c’est attribuer la même valeur spirituelle au protocole officiel, à l’académisme,qu’au geste si touchant par quoi la paysanne guadeloupéenne vous offre, accompagnée du plus exquis des sourires, l’humble fleur des champs, son seul bien, qu’elle est allée cueillir à votre intention…
Dans cet esprit comment interpréter et quelle est la symbolique de l’acceptation par LMC des fleurs offertes par Domota et son refus du bouquet de Lurel ?
A cette question j’ai essayé très sincèrement de réfléchir… Mais pour les trois personnages de ces deux scènes je n’ai trouvé aucune réponse positive, sinon ces extraits du fameux discours de remise des Prix du Lycée Carnot et prononcé sur la scène de la Renaissance.
Jouer le jeu, c’est respecter l’opinion d’autrui, c’est l’examiner avec objectivité et la combattre seulement si on trouve en soi les raisons de ne pas l’admettre, mais alors le faire courageusement et au grand jour.
Jouer le jeu, c’est piétiner les préjugés, tous les préjugés, et apprendre à baser l’échelle des valeurs uniquement sur les critères de l’esprit. Et c’est se juger, soi et les autres, d’après cette gamme de valeurs. Par ainsi, il vous sera permis d’affirmer et de faire admettre que les pauvres humains perdent leur temps à ne vouloir considérer que les nuances qui les différencient, pour ne pas réfléchir à trois choses précieuses qui les réunissent:
v les larmes que le proverbe africain appellent “les ruisseaux sans cailloux ni sable”,
v le sang qui maintient la vie et, enfin,
v l’intelligence qui classe ces humains v en hommes, v en ceux qui ne le sont pas ou qui ne le sont guère ou qui ont oublié qu’ils le sont.