Jean Victor Hocquard à propos de l’ Et incarnatus est de la messe en ut mineur de Mozart

Et incarnatus est
de spiritu sancto,

ex Maria virgine
et homo factus est.

Enfin retrouvées les lignes de Jean Victor Hocquard à propos de l’Et incarnatus est de la messe en ut mineur de Mozart ;

En voici les premières lignes :

« Pour commencer, le quatuor, seul, suspend la tenture du fond de la crèche en amples plis successifs, avec un chromatisme soyeux et un rythme charmeur de berceuse.

Sur ce fond recueilli vont se succéder, en une lente montée, les instruments à vent : la flûte, puis le hautbois, et le basson pour finir.

Les intervalles s’ouvrent jusqu’à une ample ascension en arpège, et déjà ici l’on ne sait plus si c’est montée ou descente !

Tout ce prélude est d’ailleurs étonnamment bref  pour l’ampleur qu’il déploie.

Ores voici l’entrée de la voix humaine, l’anche royale ! Le chant, dans un tendre mouvement de berceuse, s’élève peu à peu, et, sans presque de coups d’ailes, prend son essor.

La voix humaine toue après soi, comme en son sillage, les traits phosphorescents des vents.

Puis une vingtaine de lignes…et

Mais qu’importe les noms des notes et des instruments, qu’importent les précisions techniques concernant ces montées, qui ne sont après tout que des gammes, de simples gammes ascendantes !

Tout commentaire est vain, maintenant que nous touchons à l’indiscible.

L’acmé est atteinte, après la montée successive des quatre solistes, par l’extraordinaire tournoiement sur place de ces trajectoires fulgurantes, qui rejoignent l’atonalité du chant des oiseaux..

Ces traits, on ne sait plus s’ils montent ou s’ils descendent; ils tournoient dans l’apesanteur.

Nous sommes suspendus dans le vide.

Ce vide est analogue à celui qui, par trois fois béait dans le « Quid tollis », mais ici, au lieu de tomber dans un abîme effrayant’nous nous élevons dans une mansion où la lumière joue un réseau giratoire d’incandescence ;

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