Où es-tu ? Question et Roman de Marc LEVY ! Réponse et réaction d’un lecteur

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Où es-tu !

Cette expression de notre temps est aussi le titre d’un roman de Marc Levy. Tout autour de moi j’en avais déjà entendu quelques louanges, mais je ne m’étais jamais aventuré dans un de ses récits.

J’ai attrapé et lu ce bouquin comme je le faisais dans le temps dans la bibliothèque d’un oncle amateur de la série noir. Et dans les premiers instants de la lecture dans ce moment un peu curieux où l’on n’est pas encore véritablement entré dans le jeu de l’auteur… j’avais l’esprit ailleurs… vers les grands classique comme la « Môme Vert de Gris » ou encore dans l’une des 143 aventures de Monsieur Susucki, de Jean-Pierre CONTY ; tantôt espionnage tantôt mystère, avec toujours une petite astuce technique dont je serais maintenant bien incapable aujourd’hui de citer un exemple…

Et de fait, je me laisse surprendre par la description d’un beau bébé-cyclone nommé Fifi. 

Dans ce temps là, celui du roman, le dialogue se faisait encore par lettres… Et les échanges entre Susann et Philipp valent leur pesant de mot. Pour le reste j’ai posé à chaque personnage le fameux sésame « où es-tu ? » et ébauché un semblant de dialogue avec celui qui posait la question…

http://www.marclevy.info/books_fr.aspx?id=04 

  es-tu ? Susan

Je suis aux Honduras, aux chevets d’une petite fille… je la serre contre mon cœur et je ressens les derniers instants de sa vie… sa tête est devenue soudain si lourde contre mon sein… je chante encore pour elle et bientôt son visage sera recouvert pour qu’elle puisse monter au ciel…

Dans qu’elle église peut-on prier Dieu pour qu’il ne laisse plus mourir une petite fille !

Il ne peut être partout ! Dieu !

Mais je suis aussi dans cette église de New-York où se déroule TON mariage, je suis dans chacune de tes pensées,

Je savais que tu étais là ! 

  es-tu ? Philip

Dans mon enfance, dans mon passé, je n’en peux faire le deuil…

L’humilité c’est de croire aussi en sa propre vie… puis bien plus tard après s’être laissé caresser un sein… c’est terrible l’impuissance lorsqu’elle est confrontée à la force des sentiments

Tu es en train d’essayer de me dire que tu ne m’aimes plus.

Je suis en train de te dire le contraire. 

  es-tu ? Juan

Que t’importe le lieu où je suis, l’endroit où je vis… je ne veux dépendre que de moi… l’attachement à l’autre est une absurdité, une incitation à la douleur.

Tu me manques ! 

  es-tu ? Lisa

Je suis dans un bar de l’aéroport de NEWARK… un serveur au sourire triste a posé devant moi sans que je ne la commande, une glace composée de deux boules vanille recouvertes de chocolat chaud saupoudrées d’amandes effilées le tout copieusement arrosé de caramel liquide.

C’est quoi donc le paradoxe ?

C’est que je ne serais jamais ta mère et que tu seras toujours ma fille !  

  es-tu ? Mary

Dans un bar… prête à prendre l’avion… et je laisse doucement défiler devant mes yeux des tableaux du passé… une rencontre fortuite, les premiers mots qui troublent, la délicatesse du trouble qui grise, la confusion des sentiments, l’attente qui irrite l’espoir, l’émoi du premier appel, puis le silence et les pensées que l’on ne veut pas deviner, l’intimité naissante, les premières fois et les premières peurs, les instants originels d’un couple, une vie qui s’installe, une délivrance attendue…

Tu veux me quitter ?

J’ai voulu chaque matin te quitter… Il n’est de pire solitude que celle que l’on éprouve quand on est deux   

  es-tu ? Thomas

Je regarde la télévision !

Mais l’écran est tout noir !

Je sais ! Mais j’attends le retour de Lisa ma sœur ! 

Où es-tu ? Sam

J’écoute ce que disent les pilotes de l’avion chasseur de Cyclone… je vais bientôt devoir baptiser « Marilyn » et prévenir les collègues de la Guadeloupe que ce beau bébé est pour eux.

On ne peut pas les tuer ces cyclones !

Non Lisa on ne peut rien ! C’est terrible l’impuissance lorsqu’elle est confrontée à la force des vents !   

  es-tu ? Lieutenant Pilguez

Je suis déjà bien loin de New-York… je vais me faire muter pour San Francisco rejoindre celle qui me manque.  

Où es-tu ? Toi

???

Réponds si tu le peux !

Sous une couette ! Je viens de vivre deux fois comme le disait Albert CAMUS. Non je viens de vivre plusieurs fois avec Susan, Philipp, Mary et Lisa.

Et je suis maintenant curieux de savoir comment ces seize personnes remerciées pour leur présence et leurs conseils auront permis à Marc LEVY de créer ce beau roman.

Les deux petits dessins au crayon de la page de couverture et de la quatrième donnent deux petites clés au message péremptoire d’Orson WELLES :

Seuls l’amour et l’amitié comblent la solitude de nos jours. Le bonheur n’est pas le droit de chacun, c’est un combat de tous les jours. Je crois qu’il faut savoir le vivre lorsqu’il se présente à nous.

Et pour accompagner ce mot, cette invitation à lire « Où es-tu » je vous propose du prêtre roux, Vivaldi les quatre saisons !

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