Mayote explique aux Antillais le vote du 24 janvier 2010 ! Ce sera NON !

Une consultation de trop !

Abdoulatifou Aly France-Antilles Martinique 21.01.2010

La consultation du 24 janvier contrairement à celle du 10 n’a été ni souhaitée par les élus Martiniquais ni voulue par la population. Elle a pour objet de nous interroger sur un projet qui n’a pas été conçu et qui répond uniquement aux intérêts de l’Etat.

Elle tourne volontairement le dos aux préoccupations des Martiniquais :

ni réponses économiques, ni réponses sociales, mais seulement Illusion d’un pouvoir dépourvu de moyens financiers nécessaires à sa mise en oeuvre.

La Collectivité unique, parce qu’elle n’est pas le département ni la région, est un monstre qui ne dit pas son nom. C’est un processus qui aboutira à réduire les Droits des Martiniquais à l’Egalité républicaine.

Le choix de la Collectivité unique revient à donner un blanc seing au gouvernement et aux élus qui auront été nécessairement désavoués le 10 janvier 2010.

Comment dans ces conditions peuvent-ils concevoir au nom du peuple un statut relevant de l’article 73 et qui ne répond pas aux préoccupations économiques et sociales exprimées par ce dernier, ni même à leurs souhaits initiaux ?

 

C’est d’ailleurs la conviction du Rassemblement Martiniquais pour le changement qui réunit dix mouvements politiques, je cite « L’article 73, même avec une collectivité unique ne permet pas de régler les nombreuses difficultés de notre pays. Ni le droit à l’expérimentation, ni la possibilité d’habilitations qu’il faudra quémander à chaque fois ne nous permettront pas d’avancer… » .

Nul doute qu’il est de l’intérêt de tous de se donner le délai indispensable pour une réflexion apaisée, un débat sans tabous et un choix raisonné fait en toute connaissance de cause avant de se prononcer sur les voies et moyens d’un changement véritable en Martinique.

La précipitation imposée à tous n’est que source de confusion préjudiciable à nos intérêts et à nos aspirations réelles et profondes.

C’est pourquoi la seule véritable solution qui vaille consiste à répondre Non le 24 janvier parce que c’est la meilleure façon de conserver nos acquis et de pouvoir prétendre à une amélioration réelle de la situation économique, sociale et culturelle de notre pays.

Renforcer le département

Ce Non n’est pas synonyme de maintien du statu quo. Il n’implique surtout pas un grand saut dans le vide et l’inconnu. Il institue seulement une exigence de réflexion à tête reposée pour l’élaboration d’un régime administratif capable de répondre à nos légitimes aspirations, à un nouvel élan pour le développement harmonieux de notre Martinique.

Ce Non ne signifie pas non plus le rejet de l’Assemblée unique, qui n’est d’ailleurs pas invoquée dans cette deuxième consultation.

Au contraire, ce qui est insidieusement soumis à notre sagacité, c’est le choix d’une nouvelle collectivité unique se substituant à notre département et à notre région afin de nous cantonner dans un statut marginal et sans précédent de l’article 73.

Sommes-nous prêts à devenir des cobayes, dans quel but et pour quel intérêt ?

Certes, cette nouvelle collectivité sans nom, réunira théoriquement les compétences du département et de la région, mais il va sans dire qu’à défaut du statut départemental ou régional, elle ne pourra prétendre en pratique aux mêmes droits qu’à ceux reconnus à un département ou une région.

En effet, en France, nos Droits sont avant tout fonction du statut institutionnel du territoire concerné.

A titre d’exemple, Mayotte qui vient d’obtenir le droit d’intégrer l’article 73 de la Constitution ne retrouvera, aux termes du pacte pour sa départementalisation, l’intégralité et la plénitude des droits dévolus à un département qu’au terme d’un délai de probation estimé à 20 ou 25 ans, sans garantie toutefois.

La Martinique, cela est vrai, n’est pas la Corrèze! Il n’en demeure pas moins qu’avec les mêmes lois, dans l’hexagone, le développement de la Corse ne se fait nullement au détriment de l’Alsace. Nous restons donc convaincus que le progrès attendu chez nous, peut se faire dans le cadre du même statut départemental, sans que l’on soit contraint à mimer la Bretagne ou le Pays Basque.

Nous gagnerions en revanche, à renforcer notre statut de département et de région, afin qu’à l’instar de la Corse, nous sollicitions des adaptations les plus appropriées aux options spécifiques de développement liées à notre insularité, à notre éloignement et notre identité régionale.

Plus que jamais, le 24 janvier prochain, le Non doit l’emporter. C’est le choix du Modem Martinique, il y va de l’avenir de la Martinique…

Abdoulatifou Aly

Député de Mayotte

Merci à Louis DESSOUT de nous avoir signalé cet article paru en Martinique. son commentaire d’accompagnement est le suivant :

Voilà  le discours d’un authentique représentant de François Bayrou,dans lequel je me reconnais. Ceux qui se réclameront de son compagnonnage devraient, pendant la campagne des régionales ,défendre ces principes et dissiper toute ambiguité de vouloir obtenir une « place » à un Congrès dans le cadre d’un mystérieux art 73″renforcé ». Car,c’est notre miraculeux héritage d’une solidarité territoriale nationale et européenne qu’il convient de préserver. 


L. Dessout

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