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Yves Gillot le 25/02/2010
C’est une fin d’après midi de jeudi de carême… la lune est déjà haute et n’a pas attendu la nuit… le coq de l’église pointe au NORD-EST vers d’autre cieux et confirme le temps sec de la saison… tous les quart d’heure les cloches tintent et sonnent le rappel des fidèles… de longues files des TITAN montent et descendent dans la rue Saint-Jean et comme dans la chanson d’Henri DEBS… et les fidèles entendent de loin le gros bourdon rythmer l’air sans souffle d’une fin d’après midi de carême… il doit s’entendre jusqu’à FATIMA ce bourdon, ou dans les Grands-Fond, en tous les cas à Petite Guinée, ou à Champ Grillé, à l’autre bord ou à la baie…
L’église est maintenant bondée… Rien n’est plus émouvant que cette attente… les vitraux des nefs latérales lancent leurs derniers éclairs multicolores… le grondement de la foule se fait soudain plus ample… la chorale blanche et féminine tentent quelques phrases musicales… l’orgue se rappelle discrètement à nos oreilles… le regard se porte avec tendresse sur les moindres détails de cette belle maison de Dieu chargée de tant de souvenirs : la série des tableaux de la vie de Saint Jean le Baptiste, les évangélistes du maître autel, la décoration florale sobre et de circonstance, la longue allée des colonnes gothiques qui conduisent le regard vers l’orgue… plus prosaïquement les ventilateurs qui n’empêchent pas la floraison de merveilleux éventails… quelques beaux chapeaux… une église qui va vivre un temps fort… une messe d’action de grâce… un jubilée… des noces d’or.
Hélène vient allumer les deux cierges de l’autel avec son énorme boite d’allumettes « soleil levant »… 18 heures 30 les clochent sonnent de nouveau, la procession se forme, traverse de part en part la nef centrale… des regards… des gestes… des sourires, des prêtres venus de toute la Guadeloupe et de Martinique… et soudain il est là sous nos yeux… celui qui a provoqué ce congrès de prière… le qualificatif qui me vient à l’esprit est le mot « ému »… Oui le Père Yves Gillot est ému, comme un jeune bougre se présentant pour la première fois devant la table de communion…
Alors la magie du verbe joue comme elle n’a jamais jouée… la chorale entonne le chant d’entrée et la foule répond que « tout homme est une histoire sacrée, et que l’homme est à l’image de Dieu… et la nef tangue et gronde de la ferveur d’une paroisse venue une fois de plus communier dans la foi que transmets le père Gillot…
Une amie de toujours vient dire en quelques mots très tendres et nous révéler qui est cet homme, qui est ce prêtre, qui est ce modeste serviteur de Dieu… 2 ans ici, 2 ans là, 2 ans encore ici mais toujours au service du seigneur… et puis 28 ans à Saint-Pierre et Paul et la si belle conclusion à Saint-Jean le Baptiste du MOULE… Quelle vie ! Quelle sacerdoce !
Et le moment tant attendu arrive soudain… Le Père s’adresse à ses ouailles ! Une homélie du père Gillot ne se raconte pas… une homélie du Père Gillot se vit, s’écoute, s’entend, se déguste humblement, filialement… mais cette fois Yves Gillot va, comme jamais, étonner, provoquer, captiver, enchanter, expliquer, troubler, émouvoir, charmer, faire rire, ramener à la prière, conduire à la foi… puis humblement s’assoir sous des applaudissements spontanés incongrus mais qui veulent dire tout simplement Merci…
Merci ! Père pour ce talent mis au service de la foi… Merci ! pour ces confidences… Merci ! pour ces 50 ans de sacerdoce… Merci aussi pour cette simple promesse de prier chaque jour, chaque jour, chaque jour, pour nous tous… Merci ! d’être notre « Cicéron »… Merci : d’avoir été ce jeune bougre devenu ce vieux bougre… Merci ! pour ces postures qui ne sont pas des impostures… Merci ! pour ces citations tellement à propos de nos vies… Merci ! pour ce combat de tous les jours… Merci ! pour cette folie d’aimer DIEU et par delà dieu ces hommes qui sont ces dieux se souvenant des cieux… Merci ! pour ces improvisations qui ne font même pas penser que vous puisez dans vos immenses provisions amassées tout au long de ces 50 ans… Merci ! pour toutes ces homélies écrites, dites et expliquées… Merci ! de n’avoir jamais été Gendarme et encore moins Dieu, mais ce modeste serviteur de Dieu que nous aimons.