La complainte du Compagnon.

La victoire est agréable, la défaite est triste… La victoire annoncée est encore plus belle et un bon nombre volent alors à son secours avant même qu’elle ne soit là ;

La défaite programmée est dramatique mais il n’y a pas de honte à subir une défaite dès lors que l’on se sent bien dans ses bottes, dans ses idées, dans ses convictions, dans sa Guadeloupe, et dans son pays.

Un jour, loin d’ici, je croise un militant de l’UMP et je le salue du titre de Compagnon… et sa surprise est grande… et ma surprise est encore plus grande qu’il soit à l’UMP et si peu « compagnon ». Pour ces élections, j’ai été déçu par mon camp, par ma famille : le mot compagnon a-t-il encore un sens pour certains de nos dirigeants ?…

Mais je supporte cette défaite avec une certaine philosophie… J’ai voté avec résignation pour ma famille et en votant j’avais conscience d’être le compagnon, comme on n’en fait plus. Mais j’ai souvent accepté des tâches plus difficiles et je ne les regrette pas et je ne regrette pas mon vote du dimanche 14 mars 2010.

J’avais aussi dans mon souvenir cette petite bévue ou grosse gourde d’un parti politique qui aujourd’hui veut nous donner des leçons de France en Guadeloupe et qui il n’y a pas si longtemps plaçait les départements d’outre-mer dans la rubrique « politique étrangère » d’un certain programme commun. J’ai voté ! Mon candidat n’a pas gagné et respectueux de la démocratie j’accepte et je félicite le gagnant qui est pour loi un légitime vainqueur d’une joute électorale que nombre de pays nous envient.

Les élections sont passées, et maintenant deux perspectives s’ouvrent devant moi… j’allais dire devant nous…

La voie logique et naturelle d’une Guadeloupe maintenue fermement, fortement, électoralement, amoureusement au sein de notre patrie la France… car il y a de tout cela dans ce lien viscéral de ce pays qui ne cesse de donner jour après jour de belles leçons de France à tous ceux qui veulent à entendre.  Et c’est heureux pour la Guadeloupe que ce combat soit aujourd’hui celui d’un homme de gauche, puisque la droite aura manqué de clairvoyance… et c’est sans doute la meilleure solution possible d’avoir maintenu Monsieur victorin LUREL au pouvoir et même de l’avoir renforcé dans ses capacités de travail.

La seconde perspective et la seconde logique est celle de la France, et le dur combat mené par le gouvernement actuel ne doit pas nous inciter à baisser les bras bien au contraire. Je suis heureux que mon bulletin participe à cette confiance.Et maintenant j’invite mes compagnons au travail. «Les citoyens ne devraient pas craindre leur gouvernement, c’est le gouvernement qui devrait craindre ses citoyens.» [Alan Moore]

Alors disons clairement à ce gouvernement que le 19 mars, celui de 1946 comme celui de 2010 est pour nous une date sacrée, la départementalisation est un pacte sacré, la volonté des guadeloupéens est sacrée… Exprimons ces certitudes dans nos actes de tous les jours, parlons de nos conviction autours de nous, regroupons nous comme nous savons le faire dans des moments de crainte et d’incertitude et travaillons comme nous savons le faire. Il nous faut des membres, des adhérents, des jeunes, des moins jeunes, des retraités, des étudiants, des enseignants, des techniciens, des juristes, des élus, des Sénateurs, des députés, des Ministres, des informaticiens, des communicants, des bloggeurs, des sites internet, des radios, des organes de presse, et tout cela au service de la Guadeloupe et de la France.

Il nous faut un regard serein et profond sur la Guadeloupe, il nous faut aussi un regard perspicace vers l’avenir.

Ne vous attendez pas à ce que je vous donne ici le contenu du programme… je ne suis qu’un modeste compagnon qui se tourne vers les équipes qui se mettront en place dans chaque commune ; elles sauront bien l’élaboré ce programme, et faire la synthèse de ce que chacun d’entre nous a en lui en matière de convictions, de projets, d’intuition, de connaissance, de savoir faire… parlons en, échangeons, exprimons nous, et que notre Gouvernement sache nous entendre avant de parler en notre nom…

  • Qui mieux que nous peut comprendre la Guadeloupe,
  • Qui mieux que nous peut raconter ce demi-siècle de lutte incessante pour nos droits
  • Qui mieux que nous peut exprimer simplement que nous voulons notre part du festin républicain.
  • Qui mieux que nous peut se souvenir de ces siècles de vie commune.
  • Qui mieux que nous peut parler de notre civilisation créole.
  • Qui mieux que nous peut maitriser cette terre de violence et accepter d’y vivre.  
  • Qui mieux que nous peut prédire l’aenir de la Caraïbe et de Haïti,
  • Qui mieux que nous peut vivre la Francophonie qui fête actuellement ses 40 ans dans la parfaite indifférence de l’hexagone…

l’hexagone sombre dans le nombrilisme parisien si la province, si l’outre-mer ne s’exprime pas… et c’est souvent parce que l’outre-mer ne s’exprime pas que Paris se trompe en s’exprimant au delà et contre nos propres convictions…

Mais si j’avais une seule proposition à faire ce serait de demander la modification de l’article 73 de la constitution en ajoutant simplement le mot Guadeloupe à coté de celui de la Réunion : comme ci-après.

Début de citation :

Par dérogation au premier alinéa et pour tenir compte de leurs spécificités, les collectivités régies par le présent
article peuvent être habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement à fixer elles-mêmes les règles
applicables sur leur territoire, dans un nombre limité de matières pouvant relever du domaine de la loi ou du
règlement. [Entrée en vigueur dans les conditions fixées par les lois et lois organiques nécessaires à leur application (article 46-I de la loi
constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008)]

Ces règles ne peuvent porter sur la nationalité, les droits civiques, les garanties des libertés publiques, l’état et la
capacité des personnes, l’organisation de la justice, le droit pénal, la procédure pénale, la politique étrangère, la
défense, la sécurité et l’ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le droit électoral. Cette
énumération pourra être précisée et complétée par une loi organique.

La disposition prévue aux deux précédents alinéas n’est pas applicable aux départements et aux régions de La
Réunion et de la Guadeloupe. 

On confie le dossier à nos trois Députés, nos trois Sénateurs et nous en faisons un leitmotiv.

8 mots dans la constitution pour 1 avenir en Guadeloupe !

Et c’est ce même slogan que nous proposons aux Présidents LUREL et GILLOT d’adopter en congrès au terme de leur réflexion de 18 mois.  

D’où vient cette idée saugrenue d’une FIN DE CYCLE, sinon de la vision sans logique d’un énarque venu d’ailleurs… Comprenons nous… je n’ai rien contre les énarques, mais qu’ils soient eux aussi à l’écoute des autres… les autres c’est nous les compagnons de la Guadeloupe, ceux qui savent ce que le mot France veut dire. Ceux qui conçoivent cette vision Française de la Guadeloupe comme une richesse incommensurable qui amène à tous les espoirs à tous les défis et principalement pour nos jeunes, pour la Guadeloupe, pour la France et pour l’Europe.

Un ami évoque à l’occasion de cette élection un TSUNAMI pour la Guadeloupe. Il s’agit j’en suis certain de ce que les météorologues appelle l’effet papillon. Quelques décisions parisiennes qui provoquent ici en Guadeloupe les effets que l’on a constatés en ce dimanche peu glorieux pour la droite guadeloupéenne. La Guadeloupe a voté LUREL et a voté sans doute utile et prudent et lucide. 

En conclusion, je laisse aux politologues le soin d’analyser et de décrypter les faits et gestes de cette élection régionale, et j’espère que la droite saura se reconstruire. Elle peut le faire car elle en a les moyens. Et au-delà de ces moyens elle en a l’obligation.

Dernière petite histoire politique que l’on raconte dans les salons de coiffure et que l’on peut intituler « la stratégie de la chabine » : Toto donne sa démission pour cause de mission ministérielle confiée par Nicolas, la Chabine seconde de liste devient alors Présidente de Région.

Un commentaire sur “La complainte du Compagnon.

  1. j’ai lu avec attendrissement et aussi avec admiration ces observations,mélancoliques, d’un fidèle « compagnon ».
    Confronté à la débâcle,il n’est pas simple de réaffirmer sa profession de foi.Chapeau bas.
    Juste une petite divergence au niveau de la conclusion:ne laissons pas aux politologues le soin de tirer des conclusions d’arrière garde;
    A défaut de le faire,souhaitons que des voix s’élèvent pour demander une mise à plat du bilan de la Région et avant de parler Projet qui reprend les clichés traditionnels,faisons l’état des lieux réel de la Guadeloupe.
    Travaux?Quelle sera la part d’investissement par habitant.
    Jeunesse?Que faisons nous ,mais que fait-elle pour elle?que permettent ses qualifications par rapport à la demande(à définir)
    Formation professionnelle?A revoir complètement:stop aux dépenses somptuaires pour un résultat inexistant:Il faut se rapprocher des entreprises TPE et PME.
    Social?Cerner les dispersions tous azimuths.
    Agir en fonction de la société guadeloupéenne telle qu’elle est!!!!
    Comprenons:stop à la langue de bois.

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