
Les bonnes ! Aibileen et Minnie
Change begins with a whisper, The Help, Les bonnes, La couleur des sentiments ! Comment choisir le titre d’un film ? Ce n’est sans doute pas très facile ! Mais tout même faire aussi mal est une gageur. THE HELP devient LA COULEUR DES SENTIMENTS et nous perdons tout ou presque.
Pourquoi aller voir un film aussi mal titré ? Sans doute parce que l’image d’annonce dit plus que le mauvais titre, et qu’elle renvoie, cette image, à un roman qui fut aux Etats Unis un best sailers. Parler de roman est un doux euphémisme tant les scènes décrites sont la réalité nue, crue, violente des choses qui ont pu réellement se passer ici ou ailleurs.
Alors ma décision fut prise et l’envie m’a pris de relire l’article que j’avais écris à la sortie de « La Couleur des Sentiments ».
Un film ! c’est bien entendu des images : et la petite ville de Jacksonville se rélèvent un cadre plausible et agréable de cette histoire malgré la cruauté de certaines scènes.
Un film c’est aussi des personnages: Aibileen, Minnie et Skeeter pour ne citer que ces trois héroïnes nous régalent de leur présence et de leur jeu d’acteur. Elles sont entourées d’une incroyable galerie de personnages inventés par Kathryn Stockett… le fiancé idiot, le mari pleutre, l’autre mari violent, la grand-mère folle mais intelligente, et une douzaine de bonnes travaillant pour les familles blanches, la méchante et raciste Hilly, caricaturale dans son engagement de faire voter un projet de loi exigeant que les Blancs construisent chez eux des toilettes spécifiquement pour les bonnes noires et cumulant tous les défauts ; une véritable peste… le rédacteur en chef…
Skeeter is the whisper !
Un film c’est des dialogues : Ils ne sont pas si mal que celà ! dans une foultitude de clichets attendus… Cependant le film élude les efforts de l’auteur du livre pour tenter de traduire le langage du sud qui ne doit pas être très éloignée de notre propre parlé créole de la Guadeloupe.
Une film c’est aussi de la musique ; celle de Thomas Newman ! mais le film est trufé de hits des années 60 ! un véritable régal que vous pouvez facilement retrouver sur le net. En voici un petit florilège.
- The living Proof de Mary J. Blige http://www.youtube.com/watch?v=XwI4zsNteU8
- Jackson de June Carte / Johnny Cash
- Sherry de Frankis Valli / The four seasons
- I Ain’t Never de Webb Pierce
- Victory is Mine de Dorothy Norwood http://www.youtube.com/watch?v=Sxf8zjaWmg4
- Road Runner de Bo Diddley
- Hallelujah I love her so de Ray Charles http://www.youtube.com/watch?v=Cf0X7QuK4LI
- The Wah-Watusi par les Orlons http://www.youtube.com/watch?v=fb3rbDWO-_A
- (You’ve Got) Personality Lloyd Price http://www.youtube.com/watch?v=EBiJAxgZFFI
- Don’t Think Twice, It’s All right de Bob Dylan
- Lets Twist Again de Chubby Checker
- Don’t Knock de Mavis staples
Toute une époque ! La mienne de toutes manières !
Les grands absents de cette aventure sont LES HOMMES. Et sans eux le film trouve son sens avec ce modeste trio de FEMMES qui décident de changer l’ordre des choses.
Par petites touches, par des récits contrastés, complémentaires, émouvants, Aibeleen, Skeeter et Minnie nous entraînent dans leur monde.
Emouvant d’entendre Aibileen apprendre à la petite fille Mae Mobley dont elle s’occupe. “You is smart. You is beautiful. You is important.”
Mae Mobley : tu es gentille, tu es intelligente, tu es importante…
Autre émotion d’entendre que le “Courage isn’t just about being brave, it’s about overcoming fear and daring to do what is right for your fellow man.”
Gigantesque, la vengeance incroyable de Minnie Jackson) : « Eat my shit ».
Délicieuse Minnie dégustant une cuisse de poulet et disant à sa nouvelle patronne, Mrs. Foote : « Fried chicken just tend to make you feel better about life ».
Octavia Spencer : Oscarisable !
Mais ce film m’aura aussi ramené tout simplement vers mes grands anciens et parmi eux les Bonnes ou les Mabos. Non je ne me souviens pas d’avoir vécu de telles scènes décrites dans ce film. Je ne dis pas que de telles scènes n’ont pas existées en Guadeloupe, mais dans mon entourage que de bon souvenirs ! Hermance qui provoqua bien des larmes en partant se marier, Mabo Colette et ses gateries délectables source aussi de revenu. Mabo Eléonord, son port altier et ses grands principes martelés sur un ton tellement péremptoire, Denisa et sa cuisine unique et à jamais sur nos papilles tant pour le court bouillon que pour le foie avec purée de pomme de terre, Armine apprenant à mes enfants à danser Humba Humba, Miss Sarah et ses dialogues étonnants avec le patriarche, Miraflor, Tillette… je termine par Mabonne qui malade est demeurée dans la maison avec nous… elle dormait au Galetas et chaque jour suppliait que l’on l’amène au marché de Pointe-à-Pitre… lors de son enterrement les travaux dans la rue Schœlcher obligèrent le corbillard à passer par la rue Peynier et donc devant le marché… le dernier vœu de Mabonne étaient exaucés… aller au marché de La Pointe !
Et lorsque Skeeter arrive un soir chez Aibileen pour découvrir ces femmes soudain « Doubout », décidées à se battre, on se serait cru en Guadeloupe tant ces visages sont bien de chez nous….

