Au téléphone ce jour Max Sévérin… je reconnais la voix avant même d’entendre mon interlocuteur s’annoncer. La voix mémorable mais aussi l’humour taquin du personnage légendaire. Nous parlons affaire et très rapidement je peux répondre à sa demande, une simple recherche d’archive pour une expertise d’il y a plus de 10 ans… puis Maxo m’assomme en me déclarant que bien entendu je n’aime pas le latino… je m’offusque bien entendu et cela me vaut quelques jours plus tard un très beau cadeau : un album dans lequel je découvre ou redécouvre quelques perles rares comme par exemple ces « Lagrimas Négras ».
Lágrimas Negras (en espagnol : larmes noires) est un boléro-son écrit et composé par le cubain Miguel Matamoros en 1929, et qui est devenu un standard de la musique cubaine.
Miguel Matamoros parti en voyage à Saint-Domingue (dans l’île voisine de la République dominicaine) résidait alors dans la pension de Luz Sardaña. Il entend des pleurs d’une femme dans une chambre voisine et pense que celle-ci a perdu quelqu’un de sa famille mais il apprend qu’elle pleure parce que son mari l’a quitté la veille pour une autre femme. Cette histoire va lui inspirer le thème de la chanson.
La chanson fait preuve d’ironie puisque l’homme appelle la femme qui l’a quitté « mi santa » (ma sainte). Dans les versions où chante une femme (la version de Celia Cruz par exemple), ces paroles sont remplacées par « mi negro » (mon (homme) noir). On trouve aussi d’autres termes à la place comme « gitana » (gitane dans des versions flamenco, en particulier celle de Diego El Cigala), ou encore « mulata » (mulâtresse), « mi negra« , etc.
Parmi les interprètes de cette chanson : le pianiste cubain Bebo Valdés & Diego El Cigala, Lidia Reyes, Cesária Évora et bien d’autres.
http://www.youtube.com/watch?v=LQm57jmvJUI
| Aunque tú me haz echado en el abandono Aunque ya haz muerto todas mis ilusiones En vez de maldecirte con justo encono En mis sueños te colmo En mis sueños te colmo de benediciones. |
Bien que tu m’aies laissé à l’abandon Bien que tu aies tué toutes mes illusions Au lieu de dire du mal de toi avec juste rancune Dans mes rêves je te comble Dans mes rêves je te comble De bénédictions. |
| Sufro la inmensa pena de tu extravío Siento el dolor profundo de tu falsía Y lloro sin que sepas que el llanto mío Tiene lágrimas negras Tiene lágrimas negras como mi vida. |
Je souffre de l’immense peine de ta peine Je ressens la douleur profonde de ton départ Et je pleure sans que tu saches que mes pleurs Ont des larmes noires Ont des larmes noires Comme ma vie |
| Tu me quieres dejar, yo no quiero sufrir Contigo me voy mi santa, aunque me cueste morir Tu me quieres dejar, yo no quiero sufrir Contigo me voy mi santa, aunque me cueste morir |
Toi tu veux me laisser, moi je ne veux pas souffrir Avec toi je m’en vais ma sainte, même si ça me coûte de mourir. |

