Tombe de Jean Antoine Amé-Noël et de son épouse Marie Jeannette
Distillerie Bologne anciennement habitation-sucrerie Bologne
Nous vous avions déjà parlé de Jean-Antoine Amé-Noël dans un article de juillet 2009.
http://halleyjc.blog.lemonde.fr/2009/07/01/bologne-trois-siecle-dhistoire/
Nous revenons un instant sur ce personnage un libre de couleur de Guadeloupe après le bel article de Monsieur Gérard LAFLEUR, Docteur en Histoire et trésorier de la Société d’Histoire de la Guadeloupe, paru dans le Bulletin 162-163 de la dite Société.
75 pages qui décrivent la vie de ce personnage hors du commun. Quatre chapitres nous font vivre successivement la constitution de sa fortune, ses problèmes avec la Justice, sa seconde vie et enfin sa succession. Monsieur Gérard LAFLEUR nous raconte Jean-Antoine Amé-Noël en nous faisant vivre véritablement la vie de cette période (XVIII et XIX siècles) et de cette région (Basse-Terre et la cote sous le vent) en décrivant par le menu l’ambiance sociale et politique à l’approche de l’émancipation des esclaves puis au moment de leur liberté définitive.
Entrepreneur de pêche à la seine, Jean-Antoine accumula assez de fonds pour acquérir canots et filets. Mais il n’est pas impossible de penser que ce sont les deux « flutes » échouées à l’Anse à la Barque en 1810, juste à coté de sa propriété qui firent sa fortune.
La documentation imposante qui accompagne le récit démontre le travail conséquent de Monsieur Gérard LAFLEUR qui nous offre dans le chapitre consacré aux démélés de Jean-Antoine avec la Justice un véritable panorama d’un procès de renom national. Jean-Antoine et sa concubine Delphine ainsi que le commandeur de son habitation caféière La Duché, sont accusé du meutre d’un esclave maron Jean-Pierre. Le Journal Le Temps s’indigna de l’acqittement dont bénéficièrent les accusés. Ce verdict fit scandale et l’affaire fut portée en cassation.
Défilent alors à la barre les représentants de la société Basse-Terrienne : Philippe Auguste Mollenthiel, notaire, Victor Schoelcher qui dans ses écrits fit écho du procès, et cita même le bon mot de Maître Lignières (avocat) qui parlant des cachots les désigna comme des tombes à l’usage des vivants, Maître Dain, Maître Payen, Auguste Geoffroy Chirurgien, Anténor Dagomel, Jacques Olympe Marsolle, Beaugard Pharmacien, Pannetras Prêtre Curé de bouillante, Tiburce et Euphrosine esclaves, Demoiselle Izabeau (calendreuse), Veuve Saint-Rémy patissière à basse-Terre, Docteur Cornuel, Antoine Auguste Chaulet, Jacques Olympe Marsolle propriétaires, Marie-Louise Banguio, Auguste Geoffroy Chirurgien.
Un bien bel article, du bien bel ouvrage d’historien dans cette illustration In Vivo de l’application du Code Noir.