Toujours d’actualité… la chronique de François d’Orcival de l’Académie des sciences morales et politiques
Le grand rabbin Gilles Bernheim qui a su mettre l’accent sur le sujet était cité et repris partout dans les rangs des défilés. Son argument a donné une force inattendue au contenu de la campagne contre « le mariage pour tous ». Si l’égalité de traitement civil, social, fiscal, de tous les couples n’est pas contestée, c’est en revanche le droit de l’enfant (et non pas le droit à l’enfant) qui est le cœur : le droit de l’enfant à avoir une filiation, une généalogie, un cadre stable qui lui fournisse la liberté de se projeter dans la vie. Et lorsque l’opinion publique s’en est rendue compte, les courbes des sondages ont commencé à décliner, les bons sentiments cédant devant la réalité de la « supercherie » (Mgr André Vingt-Trois). Ce ne sont plus seulement le mariage ni même l’adoption qui sont en jeu, mais les repères fondamentaux de la nature humaine.
La manifestation du 17 novembre a placé la gauche sur la défensive. Celle-ci comptait sur une « réforme de progrès et d’égalité » qui ne coûte rien. Elle va en découvrir les dégâts. François Hollande serrait les freins sur la procréation médicale assistée, avec ses risques de marchandisation de l’enfant ; il devra aller plus loin et lui rendre son père et sa mère.
François d’Orcival