Désintégration
Un article de Courrier international, qui fait état d’études américaines, nous met en garde sur les conséquences psychologiques, voire psychiatriques, d’une consommation excessive d’informations, et d’images de catastrophes ou d’attentats transmises par la télévision, les réseaux sociaux ou les journaux.
Une consommation en boucle, pendant plusieurs heures, ce qui est souvent le cas lorsqu’un événement vient de survenir, peut provoquer un stress post-traumatique parfois prolongé, alors même que l’on n’a pas assisté soi-même à l’événement, et peut même apparaître lors des commémorations et des rappels du drame.
Les conséquences psychologiques (insomnie, angoisse, dépression) sont d’autant plus à craindre que l’on est soi-même vulnérable, et que l’identification avec les victimes s’impose d’emblée lorsqu’un attentat s’est déroulé – comme ce fut le cas pour les Parisiens le 13 novembre – dans des lieux que l’on fréquente fréquemment, tels une terrasse de café, un restaurant ou une salle de spectacle.
Il faut dire que les médias dans de telles circonstances ont du grain à moudre, et nagent dans la catastrophe comme des requins dans l’eau. Les journalistes tiennent absolument à nous faire revivre l’événement comme le montre ce titre dans Le Huffington post :
Le plus sage pour notre santé mentale, une fois l’information reçue, serait de fermer les boîtes à images et les moulins à paroles.
Néanmoins, ce matin, apprenant que la police avait donné l’assaut d’un appartement à Saint-Denis, j’ai ouvert la télévision. Au début le journaliste ne sachant pas trop ce qui se passait, s’est empressé d’interroger un témoin. J’ignore si c’est par malice : voici la photo du témoin interrogé :
Une femme en burqa noire, le visage masqué, exemple de l’intégration réussie. Elle a pu cependant prononcer en français quelques mots à travers sa bavette mortuaire pendant que ses coreligionnaires échangeaient des coups de feu avec les forces de l’ordre, et qu’une consœur, sans doute également en burqa (c’est plus commode pour masquer une ceinture d’explosifs) se faisait désintégrer en désespoir de n’avoir pu le faire au milieu d’une foule d’innocents.

