Docteur en Géographie et Aménagement

Félicitations à Michèle ROBIN-CLERC pour son titre de Doctorat

Chère Michèle, Docteur,

N’ayant jamais douté de toi, ton titre ne me surprend nullement. J’adresse donc à l’éminante récipiendaire toutes mes félicitations pour son titre de Docteur en Géographie et Aménagement, mention honorable.

Lorsque tu auras le temps fais moi un petit résumé pour mon Blog… et j’espère un jour la suite de Fleur de Cannes.

Amitiés.

Jean-Claude HALLEY

Résumé en français de la thèse.

Pointe-à-Pitre est située au centre d’une agglomération urbaine de 132 000 habitants dont elle draine chaque jour les habitants. Cette ville a de nombreuses fonctions, qu’elles soient politiques, administratives, touristiques ou commerciales. Sa place dans l’inconscient collectif est prépondérante et elle a ainsi un rôle social de première importance. Aujourd’hui, l’agglomération pointoise ne peut faire face dans de bonnes conditions à un séisme majeur. Sa vulnérabilité aux autres risques est moins importante.

Les références existantes sur l’activité sismique aux Antilles ne portent que sur environ 3 siècles ; de nombreuses incertitudes subsistent sur l’aléa sismique auquel est soumise la Guadeloupe, et les séismes historiques sont actuellement estimés avec des marges d’erreur certaines. On se propose ici d’analyser ces différentes incertitudes pour permettre une approche plus fine de l’exposition au risque de la Guadeloupe.

Nous avons réalisé une étude historique très poussée qui, à l’aide de plans, de cartes et de textes, nous a permis de reconstituer l’histoire de la morphologie urbaine et de la typologie architecturale de l’agglomération pointoise, à travers les risques majeurs principaux auxquels elle est exposée : les séismes, les cyclones et les incendies. Nous avons aussi analysé, sur le territoire de l’agglomération, les voiries et réseaux divers au regard des risques majeurs.

Les éléments étudiés nous permettent de mieux comprendre la vulnérabilité de cette agglomération dans son ensemble.

Et pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur Michèle et son travail

POSITION DE THESE

Je suis architecte et guadeloupéenne, cependant née en Basse-Terre, à laquelle je suis très attachée, ce qui ne me préparait pas à la passion que j’allais éprouver pour Pointe-à-Pitre, qui est située en Grande-Terre. En 1998, j’ai eu la possibilité de suivre en Guadeloupe les cours du DPEA (Diplôme Propre à l’Ecole d’Architecture) de Marseille-Luminy de construction parasismique, diplôme que j’ai obtenu en 1999. Cette opportunité m’a permis de découvrir que si l’on peut concevoir un bâtiment de manière qu’il puisse résister au séisme, il est aussi possible de réaliser un urbanisme qui prend en compte ce risque. Et, plus généralement, que l’architecture, mais aussi l’urbanisme, peuvent intégrer des dispositions qui permettent de réduire leur vulnérabilité à tous les risques majeurs, qu’ils soient naturels ou technologiques.

L’agglomération pointoise porte en elle ses faiblesses et ses forces ; zone tellement vulnérable qu’il m’a un jour été demandé pourquoi la ville s’était établie à cet endroit. Pointe-à-Pitre est née d’une activité commerciale liée à la baie du Petit-Cul-de-Sac marin, mouillage très abrité pour les navires de commerce, et elle est devenue la mémoire du peuple guadeloupéen ; c’est pourquoi elle doit rester là.

Elle est exposée aux séismes, aux cyclones, à la marée de tempête et à la houle cyclonique, aux inondations dues aux fortes précipitations et aux mouvements de terrain ; seuls lui sont épargnés le tsunami et les risques technologiques. Son sol est meuble, constitué de remblaiements sur des profondeurs de 5 à 25 m.

L’exposition aux risques de la zone est importante, et j’ai voulu analyser son territoire de la façon la plus complète possible dans son architecture et son urbanisme, mais aussi au regard de ses voiries et réseaux divers. Cette petite ville de 23 000 âmes, sous-préfecture de la Guadeloupe, est située au centre d’un bassin d’habitat de 132 000 personnes. Pointe-à-Pitre a de nombreuses fonctions, qu’elles soient politiques, administratives et commerciales, mais aussi patrimoniales ; de même, son rôle touristique est tout à fait primordial pour la Guadeloupe ; sa place dans l’inconscient collectif est prépondérante et elle a ainsi un rôle social de première importance ; elle porte enfin les traces claires et lisibles de l’histoire de la Guadeloupe. Ses fonctions et les rôles qu’elle joue la dépassent et les différents modes d’habiter la ville méritent d’être conservés et sécurisés.

Géographie, histoire et mémoire : les désastres sont locaux, mais les connaissances pour y faire face sont locales aussi. J’ai élaboré une méthode d’analyse géographique et historique, en tentant de faire revivre Pointe-à-Pitre depuis sa fondation. J’ai analysé le territoire de la ville et comment il s’insère dans son bassin d’habitat, comment il se rattache à la Grande-Terre, à la Guadeloupe, à la terre, en faisant sans cesse des passerelles entre les différents chapitres. C’est ainsi que l’on peut tirer les leçons du passé, avoir le retour d’expérience qui est le levain d’une bonne préparation à une crise majeure. Par exemple, les effets du tremblement de terre de 1897 sur la conduite d’eau de Pointe-à-Pitre nous disent clairement ce que pourraient être ceux d’un séisme aujourd’hui sur le réseau d’alimentation en eau potable et nous montrent les voies de la prévention.

Histoire et séismes : une étude historique très poussée devait me permettre d’étudier finement la sismicité historique, c’est-à-dire le passé de la zone au regard des événements sismiques survenus. En effet, les séismes à venir ne peuvent être évalués, dans leur magnitude et leur temps de retour, qu’à l’aide de la sismicité historique, c’est-à-dire du passé de la zone au regard des événements sismiques survenus. Ce faisant, il me sembla que l’on ne pouvait s’en tenir seulement à l’étude historique du risque sismique mais qu’il fallait l’élargir à tous les risques.

Histoire, urbanisme et architecture : par ailleurs la compréhension de la ville aurait été imparfaite si je ne n’avais pas tenu compte de son histoire architecturale et urbaine. En utilisant des plans, des cartes et des textes anciens, je pouvais reconstituer l’histoire de la morphologie urbaine et de la typologie architecturale de l’agglomération, à travers les risques majeurs principaux auxquels cette ville a été exposée, et qui sont les séismes, les cyclones et les  incendies.

Intégrer la dimension du développement durable : mon propos a été de considérer l’espace urbain du point de vue du développement durable principalement dans sa composante sociale, pour laquelle, dans sa valeur de ressource culturelle, le domaine bâti est à considérer dans ses formes urbaines et ses espaces interdépendants comme une ressource non renouvelable. Je pense, en effet, avec Alberto Magnaghi, que le territoire est une œuvre d’art, et le patrimoine territorial, le « produit d’un dialogue poursuivi entre des entités vivantes, l’homme et la nature, dans la longue durée de l’histoire ». 6

Faire un travail de synthèse : de nombreuses études sont financées par l’Etat en Guadeloupe, notamment sur l’agglomération pointoise qui est très vulnérable comme nous avons pu le voir ; ces études portent sur les problématiques géologiques, sismiques, cycloniques, sociologiques, urbaines, architecturales de l’agglomération. Elles sont cependant effectuées par des acteurs différents et on n’a aucune vision globale de ce territoire. Je souhaitais analyser la zone urbaine de Pointe-à-Pitre à travers son urbanisme et son architecture, et en fonction des risques majeurs et du développement durable, afin d’en avoir la vision la plus complète et la plus juste possible.

En ce qui concerne les risques majeurs, ma recherche a mis en valeur  que la menace la plus importante à laquelle Pointe-à-Pitre est exposée aujourd’hui est le risque sismique. Cependant, il m’a semblé que l’évaluation des séismes qui peuvent concerner la zone caraïbe reste à affiner. Les travaux effectués à ce jour se basent en effet sur des données qui ne semblent pas assez étayées et sur des formules de calcul empruntées à d’autres zones. Il serait souhaitable que ce travail complémentaire d’évaluation soit mis en œuvre, étant donné les enjeux humains et économiques non négligeables que représentent les Antilles françaises.

L’examen du développement urbain de l’agglomération depuis 1767 à travers les catastrophes qu’elle a subies, m’a paru être riche d’enseignements ; à l’heure de la mise en place de l’OPAH-RU du centre ancien, les résultats de cette analyse constituent une source de renseignements qui pourrait être utiles afin de sensibiliser les habitants à la nécessité de conforter leur patrimoine. Ces résultats permettent aussi de comprendre que la ville s’est toujours reconstruite ou étendue selon les mêmes principes : le moteur de l’action était la survenance d’une catastrophe ou d’un grand problème comme celui des bidonvilles en 1960 ; un des moyens utilisé pour y pallier était de remblayer la mangrove, et nous avons pu comprendre que c’est sur les 150 hectares qui demeurent que se fera sans doute l’extension future de l’urbanisation.

L’examen des voiries et réseaux divers nous a montré que la vulnérabilité de l’agglomération dans ce domaine est importante. Des solutions sont cependant possibles pour réduire cette vulnérabilité ; il s’agit de concevoir les futurs réseaux en prenant en compte la dimension des risques majeurs et de renforcer peu à peu les réseaux existants.

Nous avons analysé les trois formes urbaines principales qui existent dans cette zone urbaine : un îlot d’habitat spontané, l’îlot Calvaire aux Abymes, un groupe de 4 îlots du centre ancien de Pointe-à-Pitre et un îlot de la rénovation urbaine, la résidence Les Seuils aux Abymes ; nous avons étudié ces îlots en détail, en les rattachant à notre analyse globale de l’agglomération, afin de voir comment ils peuvent être affectés par les risques majeurs et quelles seraient les améliorations à apporter à leur urbanisme et à leur architecture afin d’en réduire la vulnérabilité.   

Les acteurs concernés, principalement les municipalités de Pointe-à-Pitre et des Abymes, souhaitent réduire la vulnérabilité de l’agglomération par la prévention et la préparation. Cependant, la tentation de démolir pour reconstruire est forte ; que ce soit l’habitat spontané, les immeubles du centre ancien ou ceux de la rénovation urbaine. L’analyse que nous avons faite a montré qu’il y a des voies pour se préparer au risque et réduire la vulnérabilité tout en respectant les modes d’habiter qui caractérisent la ville. On peut utiliser les moyens législatifs, financiers et techniques existants, en mettant en place les outils qui permettent de réhabiliter le bâti et la morphologie urbaine. La contrainte sismique devient alors une incitation à proposer des solutions originales d’urbanisme et d’architecture qui, loin de grever la ville, la valorisent et la dynamisent.

Nous avons pu voir que les modes d’intervention législatifs de renforcement du bâti existants pourraient être adaptés à la problématique de l’agglomération en prenant en compte la composante des risques majeurs. Cela a déjà été fait pour l’OPAH-RU de Pointe-à-Pitre qui compte un volet de renforcements parasismiques.

La vision d’ensemble de l’agglomération de Pointe-à-Pitre que m’a apporté l’analyse que j’ai faite m’a permis d’approcher au mieux la réalité du niveau d’exposition aux risques et de la vulnérabilité de la ville dans son urbanisme, son architecture et ses voiries et réseaux divers. Il m’est ainsi apparu que l’on peut agir dans plusieurs domaines pour réduire la vulnérabilité, tout en respectant les formes urbaines existantes.

4 commentaires sur “Docteur en Géographie et Aménagement

  1. à Mm:michéle ROBIN-CLERC

    FELICITATION POUR VOTRE SOUTENANCE DE THESE DE DOCTORAT.
    je suis architecte et DPEA construction parasismique je m’intéresse a faire une thése de doctorat dans le domaine de l’architecture parasismique.
    je vous serez trés reconnaissant de m’aidez par vois infos
    cordialelment
    kamycom2000@yahoo.fr

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  2. accepteriez vous mme robin clerc de rediger un article pour la revue des architectes des bâtiments de france sur les risques et preventions en matiere d urbanisme a pointe a pitre pour la fin du mois
    nous publions un numero pour juillet sur architecture et risques naturels
    merci vh

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  3. Bonjour
    Je m’appelle Mr Terral Roméo, je suis enseignant certifié d’histoire géographie au collège Courbaril de Pointe Noire et également inscrit en tant que étudiant en Master 2 à l’université Antilles Guyane. Sous la direction de Mme Bégot, je prépare un mémoire sur le quartier de l’assainissement au temps de Félix Eboué. Je souhaiterais savoir si votre thèse est consultable aux Antilles, ou si elle n’est consultable qu’à Paris IV.
    Cordialement Mr Terral

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  4. Bonjour,
    Actuellement étudiante en troisième année de géographie, je souhaiterais effectuer un stage en urbanisme en guadeloupe. Je souhaiterais savoir si vous auriez connaissance de personnes ou d’organismes auprès desquels je pourrais me renseigner.
    Vous remerciant d’avance,
    Amanda Fléty

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