PAS DE VALSE – LA HAVANE – Mars 2007

Si Françoise GOGNY – GOUBERT a accepté d’exposer à la HAVANE, c’est sans doute qu’elle se sentait bien dans son art.

Sa détermination transparait dans ce texte de présentation de 10 tableaux qu’elle a bien voulu offrir aux regards de quelques amis. Mais écoutons Françoise parler de son oeuvre. 

… Après mon premier voyage à La Havane, comme Joséphine Baker, je chante : 

« J’ai deux amours, mon pays et Cuba,

J’ai deux passions, la peinture et la danse ».  Ce séjour pendant le Festival de ballet 2006 est inaltérable. La danse classique a été une révélation dès l’âge de six ans, mais ce fut un désir contrarié. De même que la peinture, à l’adolescence.  Il m’a fallu une trentaine d’année de plus pour réaliser que mes désirs n’attendaient que mon courage, ce que j’avais en tête de faire n’attendait que mon cœur à le faire. 

C’est vous dire toute l’importance de ce travail que j’offre à vos yeux, ma reconnaissance pour cette opportunité qui m’a été offerte de présenter le mariage de mes amours ici, à La Havane. Rien n’aurait pu se faire sans l’aide précieuse, constante amicale et fidèle de :     Madame  Marie-France Pagnier, Ambassadrice de France à La Havane ;   

      Monsieur Xavier d’Arthuys 

      Madame  Miryam Villa ;

         Monsieur  Heriberto Cabeza

         Monsieur Marcel-André Clément ;

         Michel Gogny-Goubert ;

         Tous les professeurs et les élèves qui m’ont accueillie dans leurs cours de danse à La Havane ;

         Darius Grandisson, danseur soliste et son épouse Laetitia, danseuse ;

         Mon Professeur de  danse Boguslaw Chojnacki  et ses élèves Anaïs et Nathalie ; Quels que soient les thèmes sur lesquels je me penche, l’art de peindre me sert à mener une conversation intime, non-verbale, de moi à moi, puis, de moi vers l’autre. Je tente ainsi de tisser des liens en dépit des différences en mettant l’accent sur des sentiments que nous éprouvons et que nous avons la capacité à partager, par des regards.

Toucher à l’âme puisque les yeux en sont les fenêtres.  Je m’adresse à vos sensibilités pour vous arrêter sur des moments très particuliers, chargés intérieurement d’émotions si nombreuses et envahissantes, qu’aucun mot ne sait le dire si ce n’est en chantant, en dansant  ou en peignant. Permettez-moi de vous présenter le thème de mes réflexions, ainsi que ce qui les a nourries. Limitée à la fois en temps et en nombre de tableaux, il me fallait être concise, pour rendre mon hommage aux ballets classiques du Répertoire, il me fallait une construction. 

Je travaille la danse classique depuis plus de vingt ans, j’aime la danse, et pourtant je ne vais pas essayer de « rendre » le mouvement, en tant que peintre. Pour moi, le mouvement est un voyage subtil et éphémère entre l’Idée et l’Acte, entre ce que conçoit le cerveau et ce que permet le cœur. Ce voyage s’effectue par le cou, couloir de nos émotions :                    

Qui n’a pas dit un jour avoir la gorge serrée, nouée …  En danse, ce cou doit être souple, ferme, délié. C’est le cou qui permet les ports de têtes qui se doivent d’être justes, placés : ainsi le mouvement devient la Danse. Mon cerveau conçoit sur un mode abstrait, mon cou va livrer le passage à une quantité de données que mon corps va vouloir mettre en œuvre, mais mon cœur va me dire comment. C’est cet instant qui précède le mouvement que j’ai voulu évoquer.  Pour rendre hommage à la danse classique, à la chorégraphie du Répertoire, j’ai opté pour un trois temps, « le pas de Valse ». Trois temps, trois tableaux par temps, cela fait neuf, et j’en ai dix.

Il y a une surprise ! 

J’ai abreuvé ma réflexion à certaines de mes sources préférées :          Debussy,   pour    qui   les  « silences »   sont  une   ponctuation indispensable à la musique ;                                                         Voilà pourquoi j’ai choisi des poses .

         La philosophie du Tao, qui invite à considérer le Vide  autant que  le   Plein   parce  que   nous  nous   définissons   par  notre contenu autant et sinon plus que par nos formes ;

Voilà pourquoi je me préoccupe des sentiments.

         Le mouvement surréaliste, avec Magritte particulièrement, parce qu’il a touché du bout de son pinceau la difficulté à émettre une conviction et de la faire voyager afin  qu’elle soit reçue dans son intégrité ;

Voilà pourquoi je choisis des dos et non pas des visages.

         Kandinsky,  qui  posait la question  du rôle de  la  couleur qui touche la sensibilité du spectateur,  qui  attire son regard mais ne suffit pas à retenir son attention ;                                      

Voilà pourquoi j’utilise un camaïeux. 

Je  présente   mon  travail   en   dix   tableaux   en   format  «  20   Paysage » ( 73 x 54 cm) réalisé à l’huile selon la technique classique en couches superposées complétées par un glacis.  Pas de Valse, trois temps. 1er temps = premiers désirs, premiers émois, premiers pas, c’est une naissance ;  2e temps  =

l’apprentissage de l’équilibre, de l’harmonie, apprentissage du travail avec des partenaires. C’est le temps de la vie ; 3e temps = Rien ne dure toujours, tout est fugitif, c’est le temps de la mélancolie ;  Le dixième tableau est la Coda, la fin des Grands Pas, le rideau se referme pour clore un univers temporel afin de s’ouvrir sur un autre.

C’est le passage. Françoise Gogny-Goubert               Mars 2007

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