
Cette question de Marianne PAYOT la journaliste de l’Express, à Marie-Christine Hazaël-Massieux, me renvoit quelques dizaines d’années en arrière, lorsqu’à la sortie d’un Colloque organisé par les Parents d’Elèves du Lycée de Baimbridge, Daniel MARIVAL, Journaliste à RCI ne comprenait pas que Marie-Christine soit porteuse de telles idées novatrices pour le créole…
Les Parents d’élèves avaient frappés à la bonne porte demandant à Marie-Christine et Guy son mari (qui nous manque tant). Ces Parents avaient dit un NON prémonitoire et historique à Monsieur le Recteur de l’Académie Antilles Guyane Monsieur Bertène JUMINERE !
Non à la déclaration dite de « Baton Rouge » ! Non à l’entrée du créole au Lycée… Non exprimé sous un très beau flamboyant du côté des Abymes à Monsieur le Vice Recteur SARLAT qui devait nous avouer que le projet du créole au lycée n’était pas mur.
Guy et Marie-Christine nous avaient alors aidé à motiver et expliciter ce Non !
Nous avions squatté l’Université de Fouillole puisque Monsieur le Chancelier de l’Académie avait omis de répondre à notre demande de salle pour tenir ce congrès…
Et pendant que la Guadeloupe faisait son annuelle tour en vélo, une quarantaine de Congressistes planchaient sur le créole.
J’ai un peu d’émotion à évoquer l’emballement de ce projet… et les multiples épisodes délicieux de ce Colloque que nous avions nommé « Le Créole c’est la Vie » qui fut le titre d’un petit opuscule publié à quelques centaines d’exemplaires par la CCI de PAP…
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A peine installés dans la salle que le Gardien nous avait désigné après de longues minutes de discution… nous le voyons arriver avec sa femme… persuadé que l’ordre a été donné de nous évacuer… Eh bien non ! ils venaient tous deux participer au colloque… vrais locuteurs du créole ils apportèrent beaucoup.
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Le premier soir nous n’arrivions pas à fermer les portes… personne ne voulait partir devant la richesse des discutions…
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Et dans la nuit nous rédigions le 1er numéro du journal du Colloque distribué le lendemain.
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Suit une enquête sur l’écriture du créole, une conférence magistrale et l’immense plaisir d’avoir fait oeuvre utile.
A la rentrée nous étions en mesure de dire aux Autorités Académiques. Non ! parceque ! et à l’appui une petite publication que quelques universités nous ont commandé… Université Américaines ! Oui ! mais pas l’Université Antilles Guyane
Alors en lisant cet article de l’Express, je mesure le travail effectué à Aix en Provence qui est devenu le centre planétaire du créole. Il suffit de lire le désormais fameux GAZET SIFOND BLE pour s’en convaincre… Et se dire aussi que ni la Guadeloupe, ni la Martinique, ni la Guyane, ni la Réunion n’auraient pu accomplir une telle somme de travail.
Voici la réponse de Marie-Christine à la journaliste de l’Expert. A l’époque elle avait répondu plus vertement qu’elle était la Maman de 4 mulatres et qu’elle avait acquis certains droits ! Il est vrai que Daniel MARIVAL lui avait demandé de quels droits elle…
‘une part, mon mari était originaire des Antilles; d’autre part, les langues créoles sont passionnantes. Leur genèse et leur jeunesse posent des problèmes particuliers. Nous disposons – ce qui est très rare – de sources immédiates (pièces de théâtre, poèmes) qui datent de leur apparition, et que les linguistes n’ont réellement commencé à étudier que depuis les années 1960. Pour ma part, j’ai beaucoup travaillé sur un récit de la Passion de Jésus, datant vraisemblablement de la première moitié du xviiie et écrit par un jésuite dans la Caraïbe. Les missionnaires sont de gros pourvoyeurs de textes, rédigés dans un but d’évangélisation, mais aussi afin d’aider les gens dans leur vie quotidienne. Lorsque l’on a souhaité, dans les années 1980, écrire les créoles avec un système un peu cohérent, la recherche linguistique s’est amplifiée.
La suite sur le site de l’Express
http://www.lexpress.fr/info/region/dossier/domtom/dossier.asp
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A la réflexion on peut admettre que le cas d’Aix en Provence relève bien de la théorie de la double hélice qui fait monter l’excellence vers le centre et renvoit le moins bons vers les extrémité. En l’occurence Aix a été alimenté autant par la Réunion que les Antilles Guyane… et comme deux bonheurs n’arrivent jamais seuls… voici Aix doté en plus des Archives d’Outre-Mer, transfuge de la rue Oudinot et du Musée consacré à notre Prix Nobel Saint-John PERSE.
Le brain drain dans toute sa splendeur !
Mais que l’Outre-Mer ne baisse surtout pas les bras ! D’autres pôles d’excellence sont à imaginer !
A imaginer facile ! A maître en Oeuvre ! plus difficile car nécessitant abnégation, travail et constance dans l’effort.
Bravo en tous cas aux Aixois pour leur rayonnement dans le monde créole et l’outre-mer !
Jean-Claude HALLEY
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