Saint-Georges, Citoyen de Lille ! Et que vive la LEGION NOIRE !

Voici quelques rubriques des gazettes de l’époque où le Chevalier de Saint-Georges vivait à Lille.

Il ne suffit pas à Saint-Georges de faire applaudir à Lille sa supériorité d’escrimeur.

La Gazette du département du Nord qui a succédé aux Feuilles de Flandre dans le courant du mois d’août 1790, nous apprend, à la rubrique «Spectacles», le mardi 7 septembre, dans son numéro 16, que ce célèbre personnage « qui vit parmi nous depuis quelque temps ne veut pas quitter notre ville sans nous faire jouir des talens supérieurs en tous genres dont la nature l’a doué ». Elle annonce en effet, pour le lendemain, la première représentation de « Guillaume Tout Cœur ou les Amis de Village, opéra en un acte, parole de l’estimable M. Monnet acteur de la troupe et musique de M. de Saint Georges ». Le chroniqueur théâtral informe ses lecteurs que la pièce a été composée pendant une maladie de cinq semaines, subie récemment par le virtuose. Mais « elle ne se ressent point, assure-t-il, de cette langueur où l’avait plongé une fièvre opiniâtre ».! »Guillaume-Tout-Cœur obtint un succès complet. Le compte rendu de la Gazette du département du Nord ne tarit pas d’éloges, particulièrement en ce qui concerne la partie musicale. La salle croulait sous les applaudissements, on a réclamé les auteurs avec enthousiasme.

Saint-Georges est dès lors intégré dans la société lilloise. Les journaux parlent sans cesse de lui. Aucune manifestation où il paraît n’est passée sous silence. II est de ceux qui font chanter un Te Deum le 5 avril 1791 pour remercier le Tout-Puissant «de l’heureuse convalescence du meilleur des Rois».

Ses mérites sont soulignés, ses gestes commentés, on invente même le jour où il n ‘y a rien de saillant. Ainsi, le 13 septembre 1791, un journaliste s’avise de lancer la stupéfiante nouvelle que le Chevalier de Saint-Georges vient d’être tué, dans un duel à Coblentz. Et toutes les Gazettes de France, celles de l’étranger, y compris la Gazette de Cologne, de lui consacrer une notice nécrologique. Les unes louent le patriotisme et les talents du disparu, les autres en font un aristocrate. La vérité déclare la Gazette du département du Nord, qui rapporte ces bruits sans fondement, «c’est que M. de Saint-Georges n’a jamais été à Coblentz, que depuis quinze mois il n’a quitté Lille que pour aller à Douay, Tournay et Dunkerque où il se trouve en ce moment… » Mais l’information pouvait prêter à confusion, laisser soupçonner de coupables relations entre Saint-Georges et les émigrés. Aussi le rédacteur qui se flatte d’être du nombre de ses amis, fait savoir «que M. de Saint-Georges est capitaine dans la Garde Nationale de Lille» et que depuis qu’il vit dans cette ville « il a toujours montré un patriotisme inaltérable et une conduite qui le fait rechercher dans toutes les bonnes sociétés ».

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