Chercher l’erreur !

Voici un texte de l’Historien Oruno LARA sur le Chevalier de Saint-Georges : je vous propose de chercher non pas l’erreur mais les petites anomalies qui permettent de rendre hommage au travail accompli par les nombreux chercheurs et historiens qui ont passé du temps à la découverte du Chevalier de Saint-Georges.

On comprend que Christian LARA cinéaste se soit enflammé pour cette Saga quelque peu imaginaire.

1745. – Le 25 décembre 1745, sur l’habitation des palmiers, à la Guadeloupe, naissait le mulâtre Saint-Georges, fils de M. de Boullogne, plus tard fermier général, et de la négresse Noémie.

Emmené enfant avec sa mère à Saint-Domingue, dans le canton de l’Artibonite, Saint-Georges fut placé dans la famille de Langey, et donné comme amusement au fils de la marquise de Langey, de même age que lui.

Assistant aux leçons de son jeune maître, Saint-Georges apprit et retint bien des choses.

Vers sa vingtième, année, craignant les affronts du honteux esclavage auquel il appartenait, profitant du désordre causé par un violent incendie, il se sauva de la propriété, s’engagea sur le brick l’Yorick faisant voile vers Bordeaux.

Saint-Georges aussitôt débarqué, fit le voyage à pied, de Bordeaux à Paris.

Ayant contracté un engagement comme volontaire, il fut remarqué par le, Duc d’Orléans et par sa maîtresse -épouse  Mme de Montesson, et devint capitaine des gardes du duc de Chartres, avec le titre de Chevalier de Saint-Georges.

« Dans l’escrime, sa supériorité était telle qu’on le surnomma l’Inimitable. Il battait alors les plus forts tireurs de Paris. Il excellait également dans la danse et faisait remarquer sa grâce et son agilité dans les bals les plus brillants de la capitale. Très virtuose sur le violon, habile dans tous les exercices du corps, écuyer incomparable, Saint-Georges était admiré dans les promenades et les spectacles et recherché dans les salons où il obtint de grands succès auprès des femmes, malgré se cheveux crêpu et sa couleur foncée.  » – R. Lesage.

« A trente ans, Saint-Georges est dans toute la vigueur de sa beauté ; la science des armes a presque doublé sa grâce. Dès qu’il parait, un murmure auquel tous les cercles l’avaient depuis longtemps accoutumé circule dans les salons. Les femmes, en le voyant, avaient l’air de se réfugier sous l’éventail comme pour se communiquer mutuellement un secret ; les hommes les plus distingués en fait de noblesse et d’esprit tendaient la main ; il était devenu en un clin d’œil le point de mire de toute l’assemblée. » R. de Beauvoir.

Saint-Georges, comme musicien, a fait jouer Ernestine et Laurette, opéras, en 1777, la Fille-Garçon, comédie, en 1787, Le Marchand de Marrons, opéra-comique, en 1788, des concertos, des sonates et un menuet qui porte son nom.

Sa mère, Noémie, qu’il avait fait venir en France, mourut à Paris pendant un voyage qu’il faisait à Londres, en 1788.

La seule nomenclature des bonnes fortunes du Chevalier remplirait autant de volumes que celles de Casanova ; Seulement Saint-Georges ne spéculait pas sur elles comme l’Italien ; bien au contraire, il était prodigue et fastueux avec les dames, et ce qui le prouve, c’est qu’après avoir obtenu les faveurs de plusieurs ladies, right honourable, il revenait en France avec le seul argent d’un pari gagné au prince de Galles, – depuis George IV.

Il laissait à Londres une réputation aussi enviée que celle obtenue plus tard par le merveilleux Brummel. Les gentlemen, les lords et les squires, s’étaient empressés de copier son habit et ses gilets.

Le marquis de Stafford, en se promenant à Green-Park avec lui, un certain soir, s’était pris à lui demander pourquoi il n’écrivait pas ses mémoires.

    Parce que je n’ai rien fait d’utile, répondit tristement le Chevalier.

    Et il devint sombre et morose tout le temps de la conversation.  » – R. de Beauvoir.

En 1789, Saint-Georges embrassa la cause de la révolution avec transport ; Il leva un corps de chasseurs à cheval (le 13 ème), dont il fut le colonel, et servit sous Dumouriez, dont il signala la défection.

Saint-Georges a été nommé Colonel de la légion franche de cavalerie des Américains du midi. Boyer de son coté, venait de lever le régiment des hussards de la liberté et de l’égalité. Tous deux connaissaient mon père ; tous deux voulurent l’avoir sous ses ordres. Saint-Georges le prit le premier comme sous-lieutenant, le 1er septembre 1792. Boyer le prit comme lieutenant le lendemain. Enfin Saint-Georges qui, à tout prix, voulait le garder, le fit nommer colonel le 10 janvier 1893. » – A. Dumas.

Le Chevalier de Saint-Georges ne fut pas seulement un musicien, un escrimeur, un homme du monde, ayant même retenu l’attention de la reine Marie-Antoinette ; Il fut aussi un militaire de valeur ». Melvil-Bloncourt.

Saint-Georges faisait partie de la Société des Amis des Noirs et son cœur battit de joie quant la liberté fut donnée aux esclaves des Antilles.

Il mourut à Paris le 12 juin 1999.

Saint-Georges a été le premier noir de la Guadeloupe ayant occupé une haute situation dans la métropole française, et les apparences enguirlandées de sa vie mondaine cachent le plus opiniâtre effort et le plus courageux caractère.

Cette même année, le 11 mai 1745 avait été gagnée sur les Anglais et les Autrichiens la bataille de Fontenoy par le maréchal de Saxe.

2 commentaires sur “Chercher l’erreur !

  1. Rien d’anormal dans cette notice très « dans la norme », écrite par quelqu’un de connu, et comme il faut, pour des gens comme il faut, et tout à fait « cools ».
    Il nous est dit que le père de St-Georges ne s’embarrassa guère de son fils, qu’il confia à une riche famille de St-Domingue où il fut le jouet « l’amusement » d’un fils de la famille.
    Et alors?
    D’abord, a-t-on jamais vu un blanc créole s’intéresser réellement au destin d’un fils batard? Pourquoi s’étonner de l’absence du père dans la vie du chevalier, du moins telle qu’elle a été revisitée par M.O.Lara?
    Et puis objet « d’amusement »? Pouvait-il en être autrement? (Voir ci-dessus).
    Puis, le Chevalier qui nous est présenté comme « esclave », part (tout de même) pour l’Europe, tout seul comme un grand pour l’Europe où, grâce à ses seuls mérites (pouvait-il compter sur une aide quelconque de son géniteur? Enfin!!!), il est engagé comme capitaine des gardes du corps du duc d’Orléans, ce qui n’est pas rien, dans une société aussi compartimentée et arrogante (comme chacun sait) que l’aristocratie française de l’époque.
    Et puis St-Georges devient un épéiste de premier plan, un musicien hors pair, compositeur d’opéras, de sonates de concertos, etc. Comme il n’est pas question (dans la notice) d’une quelconque éducation très soignée (qu’aurait donnée à son fils monsieur de Boulogne selon des historiens évidemment révisionnistes, voire négationistes!!!) il faut que Le Chevalier n’ait dû ses succès qu’à ses seules qualités personnelles exceptionnelles. Et dire qu’il y en a ( des esprits forts!!) qui se refusent à prendre en compte l’intervention de l’Esprit Saint dans nos destinées!
    Mention est faite aussi des succès du Chevalier auprès des femmes « malgré ses cheveux crépus ». Malgré? Et pourquoi pas à cause de …!
    Ces dames tombaient en pamoison devant Joseph, et dans les réceptions de la meilleure société. Force est de constater que le préjugé de couleur n’était pas un obstacle insurmontable, ni pour ces dames, ni ….pour leurs époux.
    Il est vrai que j’ai lu dans un autre ouvrage « mais de la même veine » que ce qui les obsédait c’était le « vit nègre »! (Ah! de l’esprit, de l’esprit ma soeur!).
    Toujours ce besoin de résumer le charme d’un homme de couleur à ses mensurations. De quoi exaspérer un esprit aussi averti que monsieur Serge Billé.
    Sur la fin du texte, Le Chevalier de St-Georges est présenté comme « noir ».
    Pourquoi donc oublier cette moitié blanche de lui-même.
    Cela me rappelle l’affirmation de monsieur Raphaël Confiant selon lequel cet « oubli » est toujours le fait des « békés » dans leur obsession endogamique.
    Comme dit le proverbe : « celui qui veut tuer son chien, il dit qu’il a la rage ».
    Mais j’arrête là ma réponse à ta question, mon cher Jean-Claude.
    Car je ne voudrais pas que mes remarques naïves excitent contre ton entreprise méritoire de réhabilitation historique du Chevalier de St-Georges, la bile des « bien pensants » qui sont nombreux, et te fasse perdre des lecteurs.
    Cordialement,
    Edouard Boulogne.

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  2. Merci Edouard pour cette longue réponse d’un connaisseur à l’évidence.
    Je n’oublie jamais de lire les rubriques de ton BLOG, que les articles soient de toi ou de tes associés dans cette entreprise essentielle de balisage du chemin.
    Amitiés
    Jean-Claude HALLEY

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